Suivent les noms de dix conseillers
président lui dist de rechief qu'il estoit subget de la Court, et, sans autre révérence de parole, Loys iterum respondi qu'il estoit subget du Roy; et encores de rechief ledit premier président lui dist qu'il devoit autrement recongnoistre l'auctorité de ladicte Court, à laquelle estoient subgiez toutes les gens de justice de ce royaume. Sur quoy Loys, comme dessus, sans autre révérence de parole, respondi en disant que le Roy estoit souverain ; et entendirent aucuns des assistens que ledit Loys dist oultre qu'il n'avoit à respondre que en la Chambre des Comptes. Et, pour ce que ledit Loys avoit assez arrogaument et irreveraument respondu, comme dit est, par la deliberacion des dessusdis et de la Court fu conclu que lesdictes paroles et responses seroient enregistrées pour en ordonner par ycelle Court en temps et en lieu, ainsi qu'il appartendroit par raison, et que présentement on devoit blasmer ledit Loys desdictes responses et lui dire ladicte conclusion ou deliberacion, ce qui fu fait. Et, en oultre, pour ce que ledit Loys se vouloit excuser de ladicte expedicion non faicte pour l'absence d'aucuns des monnoiers, en l'absence desquelz on ne povoit ne devoit faire ouverture des boistes desdictes monnoies, obstans certaines ordonnances, comme il disoit, la Court enjoint audit Loys qu'il baillast ou fist baillier à maistre Jehan Milet lesdictes ordonnances pour apporter devers la Court et veoir le contenu d'icelles ordonnances. Et, dès lors, la Court eust ouvert autre manière de procéder contre ledit Loys, se n'eust esté pour doubte que les officiers ou ouvriers de ladicte Monnoie eussent pour ce prins occasion de cesser ou empescher le fait de ladicte Monnoie, et diminuer ou
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reculer les prouffis d*icelle Monnoie qui estoient lors très neccessaires pour soubstenir l'estat du Roy et les autres charges de son royaume. Et, pour ceste cause et pour autres, la Court sursey lors de procéder contre ledit Loys, qui demoura ou dangier de la Court, ainsi que dit est.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 191 v«.
Samedi, xxvj® jour d'aoust.
A conseiller Tarrest sur l'entérinement de certain accord passé et accordé entre le procureur du Roy, d'une part, et les exécuteurs du testament de feu maistre Nicole de Baye, d'autre part, en certaine cause et procès pendant céans entre lesdictes parties, à cause des biens demourez du décès dudit deffunct, lesquelz le procureur du Roy maintenoit estre acquis au Roy pour certaines causes déclarées oudit procès, sur lequel, comme dit est, lesdictes parties avoient passé certain accord, ou cas qu'il plairoit à ladicte Court, lequel n'estoit mie encores signé, duquel accord lesdiz exécuteurs requeroient l'expedicion et entérinement, lesquelz avoient desjà délivré et paie la somme dont ledit accord faisoit mencion, ja soit ce que la Court n'eust encores auctorisié ou consenti ledit accord, visis instructionibus processus , Il sera dit que l'accord dessusdit ne tendra point, et sera la somme de deux cens et cinquante escus en or, baillée et délivrée à cause dudit accord, rendue et remise reaument et de fait avec et entre les autres biens de l'execucion dudit feu de Baye, lesquelz, avec la somme dessusdicte, demourront entre la main du Roy comme paravant, jusques à ce que par la Court autrement en soit
ordonné, et procéderont lesdictes parties en oultre oudit procès, et enjoint la Court au procureur du Roy qu'il poursuive ledit procès et y face son devoir, ainsi qu'il appartient. Avec ce, la Court commet et adjoint maistre Estienne des Portes, conseillier du Roy, pour entendre et démener le fait de ladicte exécution avec les autres exécuteurs. Et défend ycelle Court au procureur du Roy que désormais il ne passe aucuns accords et aux greffiers qu'ilz ne les signent sans en parler à ladicte Court et sans l'auctorité et consentement d'icelle. Curia admisit dictum accordum, ix januarii M CCCC XXI.
Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 192 w\
Lundi, xj^ jour de septembre.
Ce jour, veue la requeste de Guillaume Le Gois à rencontre de la dame de Chevreuze, afin de mectre commis non suspectz ne favorables au gouvernement de la terre de Montrouge, oye la relacion des commissaires, la Court a commis audit gouvernement G. de Buymont et Ja. de Cramery, huissiers de Parlement.
Ce jour, après disner, vindrent premièrement nouvelles en la ville et cité de Paris de la mort du duc de Bourgoingne, lequel, après les aliances faictes, juréez et passéez solempnelment entre lui, d'une part, et le Dauphin de Viennois, d'autre part, et pluiseurs barons, officiers et serviteurs, d'une partie et d'autre, et après lez traictiez de paix semblablement jurez, passez et accordez par lesdictes parties, publiez en pluiseurs villes et cités de ce royaume, et céans enregistrés le xx^ de jullet derrain passé, et après asseurances et seurtés renouvelléez et juréez, estoit au mandement
dudit Dauphin de Viennois aie à Monstereau ou fourc d'Yonne, en intencion d'entretenir lesdis traictiez des aliances, paix et union dessusdis, et pour pourveoir de commun assentement au gouvernement, à la garde et conservacion de ce royaume, et pour ordonner officiers pour démener et conduire le fait de la guerre et aussi de la justice de ce royaume. Et, pour ce faire, dévoient convenir et assembler lesdictes parties sur le pont dudit lieu de Monstereau, et combien que pour aucuns rappors lors vraissemblables, et, pour aucunes conjectures assez apparens, ledit duc de Bourgoingne, doubtant estre deceu, eust délayé aucunement d'assembler audit lieu, en la disposicion qu'il estoit, et entrer dedens les barrières, où ledit Dauphin et ses gens estoient retrays, neantmoins confiant desdictes aliances et traictiés ainsi solempnelment juréez, et es asseurances renouvellées , afin que on ne lui peust rien imputer et que à lui ne tenist que lesdictes aliances et traictiez ne feussent acompliz, comme mal conseillié, vint, le x^ jour de ce mois, après disner, sur ledit pont, où devoit estre faicte ladicte convencion, et, environ v heures après midy, entra dedens la barrière, où ledit Dauphin et ses gens estoient retrais, et, en entrant, se humilia moult envers ledit Dauphin et lui fist la révérence qu'il appartenoit. Et, incontinent après ce que messire Archembaut de Foix, le sire de Saint- George, le sire d'Autrey, messire Anthoine de Vergy et autres de sa compagnie jusques à x ou xij ^ furent dedens ladicte barrière, elle fu fer-
1. Jean-sans-Peur était accompagné de Charles de Bourbon ; d'Archambault de Foix, sire de Navailles ; de Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges; d'Antoine de Vergy,
mée, etpostpaucaverba, exquisita occasione, fu tué et mis à mort en la présence dudit Dauphin par ses gens et ceulz de sa compagnie, qui long temps par avant avoient machiné ladicte conspiracion, si comme on disoit communément en ladicte ville de Paris. Duquel fait les habitans de la ville de Paris, qui tant avoient esté desirans et joyeux de la publicacion des aliances et traictiez de paix et union dessusdis, esperans yceulz traictiez ainsi solempnelment passez, accordez et jurez, estre entretenus et observez, furent moult troublez de l'infraction desdictes pais, union, asseurances et aliances, et reprindrent, par commandement de justice, l'enseigne et crois de Saint Andry que pluiseurs avoient delaissié, soubz umbre et en espérance du grant bien que on attendoit dez traictiez et aliances dessusdis. Dont, et pour occasion duquel fait, pluiseurs grans inconveniens et dommages irréparables sont disposez d'avenir, et ensuir plus grans que par avant, à la honte des faiseurs, ou dommage de mondit seigneur Dauphin principalment, qui attendoit le royaume par hoirrie et succession après le Roy, nostre souverain segneur, à quoy il aura mains d'aide et de faveur, et plus d'ennemis et adversaires que par avant.
Pour occasion duquel fait et choses dessusdictes ainsi avenues que dit est, lendemain, xij^ jour dudit mois de septembre, furent assemblez en la Chambre de Parlement le conte de Saint-Pol, lieutenant pour
sire de Champlitte; de Jean de Vergy, sire de Fouvent; de Jean, comte de Fribourg; de Guy de Pontailler; de Charles de Lens; de Jean de Neufchâtel, seigneur de Montaigu, et de Pierre de Giac.
le Roy, duquel la lieutenance est céans enregistrée, le Chancelier de France, pluiseurs nobles capitaines et gens d'armes, les prevosts de Paris et des marchans et autres conseilliers et officiers du Roy, quartiniers, cinquantiniers, dixiniers, bourgois, manans et habitans de ladicte ville de Paris, en grant nombre ; lesquelz firent serement entre autres choses, c'est assavoir, de servir et obéir audit conte de Saint-Pol comme lieutenant dessusdit ^ de assister et entendre avec lui de tout leur povoir à la garde, conservacion et défense de ladicte ville de Paris et des habitans d'icelle, et generalment à la conservacion et défense de ce royaume, de résister de corps et de toute puissance au dampnable propoz et entreprinse des crimineux, sedicieux et infracteurs de la paix et union de cedit royaume, conspirateurs^, coulpables et consentans de la mort et homicide dudit feu duc de Bourgoingne derrenierement mort, denoncier et accuser envers justice touz ceulz qui vouldront soubstenir,
1. La nouvelle prestation de serment faite entre les mains du comte de Saint-Pol, après la mort du duc de Bourgogne, est relatée par Monstrelet (t. III, p. 355), qui mentionne également l'envoi à Senlis et autres villes des lettres scellées notifiant le serment en question.
2. Monstrelet (t. III, p. 356) nous apprend que l'on prit soin d'incarcérer à Paris plusieurs partisans du Dauphin, tant hommes que femmes, « tant de ceulx qui estoient retournez depuis la paix, comme autres, sur lesquelz on avoit suspicion, et tantost après y en eut aucuns exécutez par justice. » En effet, plus d'une année après, le Parlement procéda à une enquête sur l'assassinat de Jean-sans-Peur et chargea l'un de ses conseillers d'informer à l'encontre de certains prisonniers détenus en la Conciergerie (cf. le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 130, note 1).
aidier et conforter les dessusdis crimineux, conspirateurs et infracteurs de paix, de non rendre ladicte ville et de non faire aucune convencion ou traictié parcial sur les choses dessusdictes, sans le consentement l'un de l'autre. Pareillement le conte de Saint- Pol fist serement semblable aux dessusdis et de non delaissier la ville de Paris abandonnée, etc. La copie duquel serement, signée par maistre J. de Lespine, notaire du Roy, fu envoiée par ledit conte de Saint- Pol en pluiseurs villes et cités de ce royaume ^
Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 193.
Mardi, xix® jour de septembre.
La Court a commis maistres G. Jayer, G. Leduc et G. Rose pour entendre et pourveoir avec le prevost des marchans, sans préjudice des ordonnances, sur les requestes des marchans de busche à Paris. En oultre, la Court a commis maistres H. Le Goq^ et G. Aimery pour assembler chascun jour en la Maison de la Ville avec ledit prevost des marchans et autres du Conseil d'icelle Ville.
Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 194.
Lundi, xxv® jour de septembre, et les jours ensuivans. Furent au Conseil maistre J. Rapiout, maistre
1. Cette relation de la mort du duc de Bourgogne a été reproduite par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris ^ pièces justificatives, t. IV, p. 579-580, et par Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 404.
2. Hugues Le Coq devint prévôt des marchands le 26 décembre 1420, après la mort de Noël Marchand.
J. de Longueil, presidens, et pluiseurs autres des conseilliers de la Court pour conseillier et jugier aucuns procès criminels du registre Milet, et aussi pour avoir advis et deliberacion sur ce qu'estoit à faire pour la conservacion et avitaillement de la ville
de Paris.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 194.
Samedi, derrenier jour de septembre.
Ce jour, furent prononciez les derreniers arrests de ce Parlement. Et fu le Parlement, quant aux consultacions, continué jusques à la Toussains prouchain venant. Et, après la prononciacion desdis arrests, furent leues et publieez certaines lettres et ordonnances royaux touchans la paix et union des habitans de la ville de Paris, et generalment des autres villes, cités et places de ce royaume^ ; lesquelles, incontinent après, furent publieez par les quarrefours de ladicte
ville de Paris.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 194.
Lundi, second jour d'octobre.
Ce jour, la Court ordonna d'envoier deux des conseilliers d'icelle Court et ung huissier en garnison en Tostel de maistre Guillaume Le Clerc, l'un des generaulz gouverneurs des finances, lequel s'estoit chargié de soy emploier cum effectu à faire paier messeigneurs
1. Cette déclaration de Charles VI, datée de septembre 1419, avait pour objet de régler l'exécution des articles de la paix conclue entre le Dauphin et le duc de Bourgogne ; de plus, elle renouvelait l'abolition accordée aux partisans du duc de Bourgogne et édictait des mesures de rigueur contre les suspects à Paris [Ordonnances , t. XII, p. 268).
les presidens et conseilliers de ladicte Court de leurs
gaiges, dont pluiseurs arrérages leur estoient deubz ;
sur quoy ledit maistre Guillaume n'avoit fait aucune
diligence, dont les dessusdis presidens et conseilliers
se fussent aperceuz, et, pour ce, la Court a ordonné
d*envoier ladicte garnison et de l'augmenter et acroistre
de plus grant nombre de gens, crescente contuma-
ciu etc
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 194 v°.
Mardi, iij® jour d'octobre.
Ce jour, sur la requeste autresfois faicte en la Court de Parlement de par les procureur de la marchandise et marchans de busche de la ville de Paris, appointié a esté que la busche de mole, coterez, bourrées, falourdes et autres bois chauffage, qui seront de cy en avant amenez en ladicte Ville par lesdis marchans et exposez en vente, seront par le prevost des marchans, ou ses commis en ce congnoissans, mis à pris raisonnable \ eu regard aux coustemens, missions, fraiz et despens fais en ce par yceulz marchans, sans avoir regard au pris autresfois tauxé et limité par certaines ordonnances faictes l'année passée par le Conseil du Roy estant en ladicte Court de Parlement, jusques à ce que autrement en soit ordonné.
Mecredi, iiij^ jour d'octobre, et le jour ensuivant.
Furent au Conseil maistre Jehan de Longueil, président, et les conseilliers de la Chambre de Parlement
1. A la suite de la prise de Pontoise, plusieurs marchands ayant voulu « renchérir oultrageusement leur busche, » l'Echevinage parisien fut obligé de tarifer le bois de chauffage,
et des Enquestes, pour avoir advis et deliberacion sur ce qu'estoit à faire pour entretenir la ville de Paris et les habitans d'icelle en bonne union.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 194 v«.
Venredi, vj® jour d'octobre.
Furent assemblez au Conseil, en la Chambre de Parlement, le conte de Saint-Pol, le Chancelier de France, les présidons et conseilliers des trois Chambres de Parlement, les gens des Comptes, le prevost de Paris, les procureur et advocat du Roy en Chastellet, les lieutenans dudit prevost, le prevost des marchans, eschevins et autres pluiseurs quartiniers, cinquantiniers, diziniers et notables bourgois de la ville de Paris, pour eslire et pourveoir au fait de l'office de prevost de Paris ou lieu de maistre Giles de Clamecy, lequel s'estoit deschargié dudit office, le jour précèdent, en la présence dudit conte de Saint-Pol et autres gens du Grant Conseil du Roy, et encores, en la présence dez dessusdis en ladicte Chambre de Parlement, requist en estre deschargié et estre pourveu audit office d'autre personne, pour ce qu'il avoit entendu qu'il n'estoit mie bien agréable oudit office à aucuns des habitans de ladicte ville de Paris ^ Sur quoy les
qui, de 32 à 36 sols le cent, avait atteint le prix de 60 sols (cf. à ce sujet le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 130, note 4).
1. L'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris (p. 128), qui reflète l'opinion populaire, nous apprend que les Parisiens se plaignaient, lors de l'alerte causée par la prise de Pontoise, de n'avoir « en ce temps chevalier de renon d'armes à Paris, ne cappitaine nul, non plus que le prevost de Paris et cellui des marchans, qui n'avoient pas acoustumé à mener fait de
dessusdis conte de Saint-Pol, le Chancelier, maistre Jehan de Longueil, président, et le grand maistre d'ostel se retrayrent en la Tournelle criminelle, et ce jour, avant midy, commencèrent à procéder sur le fait de Telection dudit office et à faire sur ce scrutine en la manière acoustumée ; laquelle chose ne fu mie lors achevée, ne acomphe ou parfaicte, mais fu continuée jusques à lendemain, pour ce qu'il estoit tard quant on commença.
Et lendemain, par les dessusdis Chancelier et président, fu parfait ledit scrutine et publié, presens ledit conte de Saint-Pol et les dessusdis, ouquel scrutine ledit de Clamecy fu esleu et nommé de la plus grant partie de ceulz qui furent à ce appeliez. Et neantmoins se volt deschargier et excuser de ce, mais, non obstans ses excusacions, fu conclud oudit Conseil que sesdictes excusacions n'estoient mie recevables ou valables, et que, non obstant ycelles, il exerceroit ledit office. Et après ce fist certaines requestes oudit Conseil, sur quoy fu appoinctié de lez baillier par escript et de retourner ce jour, après disner, en ladicte Chambre de Parlement, ou à autre jour ensuivant, pour faire response et provision sur lesdictes requestes; sur lesquelles ne fu riens ordonné, ledit jour, pour ce que le prevost des marchans et eschevins de Paris n'y vindrent point, et fu la chose continuée à lendemain et jours ensuivans. Et depuis, ou
guerre. » Cependant, Gilles de Clamecy, comme partisan des Bourguignons et des Anglais, puisque, cette même année, il s'entremit pour faire rendre aux Anglais le pont de Beaumont, devait être plutôt bien vu des habitants de Paris, exaspérés par le meurtre de Montereau.
fi 41 9] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 325
Conseil tenu au Louvre par ledit conte de Saint-Pol, le mardi x® jour ensuivant, fu sur ce ordonné et response faicte en tant que lesdictes requestes touchoient les dessusdis prevost des marchans et eschevins*.
Ce jour et les jours ensuivans, furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers dudit Parlement pour conférer ensamble et avoir advis sur ce qu estoit à faire pour la conservacion et défense de la ville de Paris ^ et pour maintenir ycelle Ville en bonne paix et transquilité.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 194 v».
Lundi, penultime jour d'octobre.
Furent assemblez en la Chambre de Parlement le conte de Saint-Pol, le Chancelier de France, les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement et de la Chambre des Comptes, le sire de Tlsle Adam, le sire de Montberon, le prevost de Paris, le prevost des marchans, eschevins et autres pluiseurs des bourgois, manans et habitans de la ville de Paris, en la
1. Cet extrait, relatif à la réélection de Gilles de Clamecy en qualité de prévôt de Paris, a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 581.
2. On voit par une lettre de l'Université de Paris, de décembre 1419, en réponse à une missive de la veuve de Jean-sans-Peur, que certains complots se tramaient dans l'ombre contre la sûreté de Paris. L'Université, en remerciant la duchesse de Bourgogne du bon avis qu'elle lui avait fait parvenir, ajoute : « Les bons bourgois et habitans de la ville de Paris ont mis si bon remède, mettent et meteront, se Dieu plaist, que la bonne ville sera bien gardée et que les traîtres decherront de leur entreprinse » (cf. le P. Denifle, Chartularium Universitads Parisiensis, t. IV, p. 374].
présence desquelz maistre Guillaume Le Clerc, l'un des generaulz conseilliers du Roy sur le fait des finances, remonstra Testât desdictes finances et les grans charges et mises qui estoient à faire neccesserement pour la conservacion de la ville de Paris et de ce royaume, ausquelles charges soubstenir et acomplir ne souffisoient mie lesdictes finances; requérant estre deschargié de la commission desdictes finances, offrant à monstrer Testât et le compte desdictes finances avec la declaracion desdictes charges, afin que sur ce on voulsist pourveoir. Sur quoy furent nomméez et esleues iiij ou v personnes pour avoir advis ensemble sur la manière de pourveoir ausdictes charges et faire finances convenables, afin que par deffiaulte de ce aucun inconvénient ne s'en ensuie.
Et lendemain, dernier jour d'octobre, fina le Parlement.
Conseil, XIV (X*& 1480), fol. 195.
Venredi, viij® jour de novembre.
Maistre Jehan Guiot, conseillier du Roy, fu receu en la Chambre de Parlement et fist le serement acoustumé, presens messeigneurs le Chancelier, les presidens et conseilliers dtfdit Parlement, assemblez lors en ladicte Chambre, au Conseil, pour avoir advis et deliberacion ensemble sur certains affaires touchans la conservacion et bonne police de la ville de Paris. Conseil, XIV (X*al480), fol. 195 v«.
« Omnipotentisnomine invocato, qui justorum dirigit consilia et impiorum dissipât judicia, incipit registrum consiliorum Curie Parlamenti, incepti anno ab incar-
nacione Christi millesimo CCCG xix°, regni vero Karoli sexti nunc regnantis xl°*°, et anno quarto quo ego Clemens de Fauquembergue, Ambianensis dyocesis, in utroque jure licenciatus, régis Karoli predicti prothonotarius ac Curie dicti Parlamenti grapherius, officium hujusmodi exercui, intermisso judicantis officio; raaiui et mutas agitare inglorius artes. »
Lundi, xiij® jour de novembre, Tan dessusdit.
Maistre Eustace de l'Aitre, chancelier de France, tint le Parlement dessusdit, presens les presidens^ et conseilliers dudit Parlement et pluiseurs autres, et furent leues les ordonnances et fais lez seremens acoustumés.
Ce jour, les recteur et députez de l'Université de Paris vindrent en la Chambre de Parlement requérir que la Court leur voulsist rendre, restituer et délivrer leurs lettres arrestées et estans par devers la Court, faisans mencion de la confirmacion de leurs privilèges ; lesquelles ne leur furent point lors restituées, obstant Fopposicion du procureur du Roy et du prevost des marchans. Et fu pour lors la chose mise en delay, pendant lequel la Court délibéra de parler sur ce aus dessusdis procureur du Roy et prevost des marchans, pour faire en oultre ce qu'il appartendra par raison. Conseil, XIV (X*» 1-480), fol. 200.
1. Le premier président, Philippe de Morvilliers, se trouvait alors absent ; il avait été dépêché le 1®'' septembre auprès de Jean-sans-Peur à Bray-sur-Seine et se trouvait à Montereau lors de l'assassinat du duc de Bourgogne; il y perdit ses chevaux et habits, pour lesquels il reçut une indemnité de 200 livres tournois ; il se retira à Troyes, de là fut envoyé en
Jeudi, xvj® jour de novembre.
Ce jour, la Court a donné congié à Guillemete, femme de Pierre Belle ^ d'aler quérir et faire venir à Paris ycellui Pierre Belle, son mary, lequel on disoit estre ou pais de Beausse ou de Gastinois.
Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 200 v°.
Mecredi, vj® jour de décembre.
Ce jour, y ot générales processions à Paris pour le salut et prospérité du Roy et de ce royaume.
Matinées, X (Xia4792), fol. 167.
Lundi, xj® jour de décembre. Ce jour, le Chancelier vint en la Chambre de Parlement, et y furent assemblez les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement pour pourveoir de conseilliers es lieux que souloient tenir céans maistres Hugues Grimault et Berthelemi Hamelin, qui avoient delaissié Testât et service de la Court, et s'estoient transportez en la ville de Poitiers pour estre du Conseil monseigneur le Dauphin, en ycelle ville de Poitiers^. Es lieux desquelz furent esleuzet nommez par la Court maistres Jehan Vipart et Michel Claustre, et, ou lieu que souloit tenir maistre Jehan Peluchot^, fu esleu maistre Guillaume de Pourbail.
Flandre auprès du nouveau duc de Bourgogne et ne revint à Paris que le 28 décembre (Arch. nat., KK 17, fol. 69 vo, 100).