Cf. le Journal de Nicolas de Baye, t. I, p
2. Il s'agit d'Ivry-la-Chaussée, actuellement Ivry-la-Bataille (Eure). D’après Cousinot (Geste des nobles, éd. Vallet de Viriville, p. 196), un capitaine gascon, Géraud de la Pallière « conquist Ÿvry par aguet, que tenoit le comte de Richemont ». Le duc de Bedford y mit le siège durant deux à trois mois; finalement, il y eut accord et composition entre ledit duc et le capitaine en question de rendre la place assiégée, s’il n’était secouru avant le 15 août, « et leur en baïlla pour seurté hostages » (Cousinot, Chronique de la Pucelle, éd. Vallet de Viriville, p. 222; cf. aussi le récit très détaillé que donne le Jour nal d’un bourgeois de Paris, p. 194).
mois, ne survenoit secours plus fort, ainsi que plus à plain estoit contenu ou traictié sur ce fait; auquel jour le duc de Bedford attendi ses adversaires qui se retrayrent sans faire secours à ceulz qui estoient assegiez audit lieu d’Ivery, et pour ce rendirent ladicte ville et forteresse au duc de Bedford ; et deux jours après ensuivant, vindrent nouvelles que lesdis adversaires s’estoient boutez et retraiz dedens la ville de Verneul, où ilz furent desconfiz en bataille, le xvij°
de ce mois.
Conseil, XIV (X** 1480), fol. 305 r°.
Mecredi, xvJj° jour d’aoust.
Ce jour, vindrent nouvelles de la delivrance du chastel et forteresse d’Ivery, etc.
Jeudi, xvij° jour d’aoust.
Hac die, commissum fecit bellum anglicum contra Dalphinales ante villam de Vernolio in Pertico.
Matinées, XI (X'*4793), fol. 468 v°.
Samedi, xix° Jour d’aoust.
Ce jour, la Court a ordonné que de la somme de neuf livres xiiij solz ij deniers tournois, mise en depost ceans par m° Noel Le Boulengier, et la somme de
la moitié seroit baillée et distribuée à l’Ostel-Dieu de Paris et l’autre moitié à maistre Robert Agode, conseillier du Roy ceans, pour emploier ou paiement du chap-
pellain qui celebre les messes en la chappelle de la Grant sale de ceans, et ont esté lesdictes sommes baillées et distribuées, ainsi que dit est.
Ce jour, ont esté pronunciez les arrests par m° Phelippe de Morvillier, premier president. Et après la pronunciation d’iceulz, les presidens, conseilliers, advocas et procureurs de Parlement se sont partis du Palais pour aller à l’eglise Nostre-Dame en maniere de procession pour regracier Dieu de la victoire obtenue, jeudi derrain passé, devant la ville de Verneul par le duc de Bedford, regent, à l’encontre des feux contes de Bokam et du Glais', Escoçoys, et autres pluiseurs qui estoient venus en intencion de combatre ledit duc de de ce mois, devant la ville et chastel d’Ivery, par lui assegiez, dont 1l avoit eu la delivrance en la contumace desdiz adversaires qui s’estoient retraiz dedens la ville de Verneul; et depuis s’estoient mis en bataille devant ycelle ville à l'encontre dudit duc de Bedford qui les avoit jusques là poursuy après la delivrance de ladicte ville et chastel d’Ivery, ainsi que disoient ceulz qui avoient apporté lettres et nouvelles de ce à Paris
1. Archibald, comte de Douglas, l’un des chefs du contingent écossais qui fut décimé à la bataille de Verneuil, était le beaupère de Jean Stuart, comte de Buchan; tous deux furent tués, ainsi que Jean de Harcourt, comte d'Aumale, Louis de Chalon, comte de Tonnerre, Jacques, comte de Ventadour. Au témoignage du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 198, « fu grant l'occision et cruelle des Arminalx, car là furent mors par le dit des heraux bien neuf milliers ». Quoique le même Journal rapporte que, du côté du régent, il n’y eut que 3,000 morts, Cousinot de Montreuil (Chronique de la Pucelle, p. 226) accuse des pertes non moins sensibles.
et qui avoient esté presens à la bataille. Et à cause de ce y ot lendemain processions generales à Paris*.
Conseil, XIV (X!2 1480), fol. 305 v°.
Lundi, ij° jour de septembre.
Ce jour, maistre Hebert Camus, procureur de l’Université de Paris, a dit en la Chambre de Parlement qu'il a dit, ainsi que ordené lui estoit par la Court, au recteur de ladicte Université, qu’il ne face riens ou prejudice du procès pendant ceans entre maistre Thomas Hobé et maistre Rogier de Gaillon et ladicte Université, lequel lui a respondu qu'il estoit personne privée, et que non feroit il.
Conseil, XIV (X** 1480), fol. 307 r°.
Venredi, vüj° jour de septembre, feste de la Nativité Nostre-Dame.
Hac die, redierunt Parisius dux Bedfordie et comes Salberiensis cum suis conjugibus.
Matinées, XI (X'*4793), fol. 478 v°.
Venredi, vi] jour de septembre, feste de la Nativité Nostre-Dame, vindrent à Paris le duc de Bedford, regent, et le conte de Salisbery, et leurs femmes, qui vindrent descendre en l’eglise de Paris pour rendre grâces à Dieu de la victoire nagaires obtenue contre leurs ennemis devant la ville de Verneul ou Perche, le xvij° jour du mois d’aoust derrain passé. Et alerent au devant desdis duc et conte et de leurs femmes jusques au champ de Lendit les gens du Conseil du Roy et autres officiers, bourgois, manans et habitans
1. A la marge se trouve le dessin d’une bannière fleurdelisée.
de la ville de Paris en grant nombre à pié et à cheval. Et ce jour, à ladicte entrée, furent les rues parées et feux fais en la ville de Paris! par l’ordonnance des gens du Conseil du Roy, en signifiance de joye et de leesse ?.
Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 308 re.
Dimenche, x° jour de septembre.
Camera non fuit aperta.
Matinées, XI (X!24793), fol. 478 v°.
Lundi, xj° jour de septembre.
Ce jour, Edouard Makwille, escuier, a esté receu en l'office de bailli de Mante et de Meullent et a fait le serement acoustumé.
Jeudi, iüj° jour d’octobre, le duc de Bedford, regent le royaume, fist assembler en la grant sale du Palais sur Seyne les prelas, chapitres, gens d’eglise, bourgois et autres de trois estas, mandez à Paris au premier jour dudit mois d'octobre. Et en leur presence fist entre autres choses proposer et remonstrer aux assIs-
1. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 200, est beaucoup plus explicite que Clément de Fauquembergue au sujet des réjouissances qui furent organisées à l’occasion du retour du duc de Bedford, qui, avant de se rendre à Notre-Dame, s'arrêta longuement devant le Châtelet pour assister à la représentation d’un « moult bel mistère du Vielz Testament et Nouvel » par les enfants de Paris. Le chroniqueur ajoute qu’on fit plus d'honneur au duc de Bedford et à sa femme, « qui touzjours alloit après lui, quelque part qu'il allast », que les Romains, lorsqu'ils faisaient leur triomphe.
2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. IV, pièces justificatives, p. 589.
tens par messire Jehan Le Clerc, chevalier, chancelier de France, le bien de la paix des deux royaumes de France et d'Angleterre, à laquelle entretenir et amplier le feu roy regent Henry, roy d'Angleterre, et, après son decez, ledit duc de Bedford, son frere, avoient exposé corps, amis et chevanche, en recitant singulierement pluiseurs diligences et labeurs de grant effect à la transquilité et grant utilité de ce royaume et des subgiez d’icellui, par la grace de Dieu plus que par puissance, ne par multitude de conbatans, ne que par force d’armes, en exhortant chascun à en rendre graces et mercis à Dieu, nostre createur et protecteur. Et pour ce que, pour occasion des finances que on a depuis aucun temps transporté et que pluiseurs s’efforcient de atraire et transporter en Court de Romme, soubz umbre de la disposicion des benefices que ont voulu entreprendre et de fait ont entreprins depuis aucun temps les Papes contre les status et ordonnances des sains concilz generaulx contre les ordonnances royaulz, par quoy pluiseurs eglises de ce royaume sont decheues du tout en ruine, et y cesse le divin service, et tandem le demourant desdictes eglises et personnes ecclesiastiques demouroient desolées, sans faire le divin service et les prieres à Dieu qui donne paix et prosperité à ceulz qui le requierent deument et les delivre de toute tribulacion. Disoit le chancelier que l’intencion et volenté dudit de Bedford estoit de maintenir et faire maintenir l’eglise de France et les personnes ecclesiastiques de ce royaume en leurs libertés et franchises anciennes, selon la teneur desdictes ordonnances, et pourveoir au fait et à l’estat desdictes eglises, selon le
bon advis des prelas et clergié dessusdis, pour entretenir le service divin et lesdictes eglises à l’onneur et à la loenge de Dieu, nostredit createur et protecteur. Et pour ce le Chancelier, de par le regent, enjoing ausdis prelas et clergié de soy assembler, adviser et deliberer ensemble avec aucuns autres du Conseil du Roy qui seront à ce commis, et de rapporter leurs advis par devers le regent pour les mettre ou faire mettre à execucion, ainsi qu’il appartendra, et leur defendi le retour quousque, etc. En oultre, en tant qu'il touchoit les bourgois, procureurs et messages des cités, villes el communaultés, le Chancelier, après qu’il leur ot remonstré à plain la bonne affection du regent, sesdictes diligences, labeurs et despenses, la reduction de plusieurs villes et forteresses es païs de Guienne, de Champaigne, de Bourgongne, de Brie, de France, de Picardie, de Normendie et es païs et marches voisines, qui avoient esté ramenées et reduites en l’obeissance du Roy et de ce royaume par force d’armes, par sieges et batailles, durant le temps de sa regence, et aussi par traictiés, pour admonnester et induire les dessusdis des villes et cités de ce royaume à soy emploier à la poursuite que entendoit à faire le regent perseveremment contre les adversaires desobeissans, pour les reduire en subjection et obeissance du Roy à l’'ampliacion de ladicte paix et à la transquilité des vrais subgiez et obeissans du Roy, le Chancelier print la parole de l’apostre : Operam detis, ut quieti sitis et negocium vestrum peragatis!, afin que es villes, cités et places
1. Ce thème est emprunté à l’épître de saint Paul aux Thessaloniciens, chap. 4, vers. 12.
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dont ilz estoient, 1lz feissent rapport et relacion de ce que dit est à leur retour pour esmouvoir les bourgois, manans et habitans desdictes places, villes et cités, à faire aucune liberalité et ayde audit regent pour entretenir et acomplir ladicte poursuite. Et en oultre ledit regent fist signifier aux dessusdis assistens qu’il avoit intencion de soy transporter prochainement en Angleterre pour veoir le Roy nostre Sire, son nepveu, et pour ramener encores autres gens d'armes pour emploier en la poursuite dessusdicte contre les adversaires, et que, en son absence, le duc de Bourgongne demourroit par deça, et avec ce laisseroit competent nombre de gens d'armes pour la tuicion, defense et conservation de ce royaulme et des vrais et loyaulx subgiez d’icellui, en soy offrant à demourer par deça, s’il estoit advisé qu'il fust besoing et neccessité qu'il feust par deça. En oultre, fist admonester les dessusdis assistens de venir par devers lui, ou le Conseil, dire ce que leur sembleroit à faire ou pourveoir pour le bien et transquilité de cedit royaume, s’aucune chose y avoient advisé ou adverty. Et, ce fait, donna licence et congié à ceulz qui estoient mandez de retourner quant 1lz vouldroient en leur lieux, exeptez ausdis gens d’eglise qui estoient arrestez pour entendre, deliberer et adviser sur le fait desdictes libertés et ordonnances touchans l’eglise de France.
Venredi, troisiesme jour de novembre, furent au Conseil m° J. de Longueil, president, l’evesque de Beauvais..….!, le sire de Chastillon et messire Jehan de