‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 24 sur 56 · Ce thème forme partie du verset 9 du psaume · texte numérisé non relu

Ce thème forme partie du verset 9 du psaume

Le procureur du Roy dit que longtemps lesdictes lettres furent arrestées, et y ot opposans, et pour ce requiert à veoir lesdictes lettres pour en dire ce qu'il appartendra.

Appoincté que la Court s’informera, le plus brief que faire se pourra, de ceste besoingne, et fera tout ce qu’elle pourra bonnement sur ladicte requeste.

Matinées, XII (X‘* 4794), fol. 40 v°, 11 v°.

Venredi, xv° jour de decembre.

Ce jour, survindrent en la chambre de Parlement le chancelier de France, m° Pierre de Marigny, m° N. Fraillon, m° Quentin Massue, m° Thomas Fassier, maistres des Requestes de l’Ostel, pour avoir advis et deliberacion sur ce que l’Université de Paris vouloit proceder à la privacion de maistre Jehan Le Roy, procureur du Roy ou Chastellet de Paris, et le declarer parjure, ou contempt et pour occasion de ce que ledit procureur du Roy, à cause de son office, s’estoit adjoint en une cause pendant devant le prevost de Paris, entre Guillaume Sanguin à l’encontre de Pierre Chaussée, l’un des xx hbraires, et maistre Michiel de Rivo, promoteur de ladicte Université, de laquelle cause le procureur de l’Université avoit requiz le renvoy devant le recteur. Et fu conclud que maistre Pierre de Marigny, m° N. Fraillon et les autres conseilliers du Roy, qui autresfois avoient esté envoiez devers ledit recteur en l’assemblée de ladicte Université, y retourneroient de rechief pour les desmouvoir et faire cesser desdictes privacion et declaracion, autrement que defense leur seroit faicte et à chascun d’eulz, sur peine de quant qu'’ilz se peuvent mesfaire envers le Roy, et sur paine de suspension de leurs

privileges, et aussi sur paines arbitraires et amendes pecuniaires à lever sur leur temporel, et de chascun des singuliers suppostz de ladicte Université desobeissans ausdictes defenses. Et pour ce que ledit recteur et deputez de ladicte Université estoient venuz devers la Court pour avoir response sur ce que nagaires 1lz avoient requis en jugement d’avoir restitucion de certaines lettres confirmatoires de leurs privileges, lesquelles avoient pieça esté arrestées à la requeste du procureur du Roy, on fist entrer en la Chambre de Parlement ledit recteur et deputez, c’est assavoir, maistres Jehan Larchier, Robert Piri, maistres en theologie, m° P. de Creeilg, m° Ja. Galet, m° Michiel du Ries, m° Tiboul, m° J. Postel, m° G. Hay, m° Germain Poret, m° J. de la Fontaine, m° P. Desbert, ausquels fu dit par le Chancelier bien et notablement comment à tort et sans cause contre les drois et preeminences du Roy et de sa justice, 11z s’estoient efforciez de proceder, ainsi que dit est, à l’encontre du procureur du Roy et du lieutenant du prevost de Paris, en leur faisant les defenses dessusdictes et leur enjoingnant d’icelles signifier en l’assecmblée et aux autres suppostz de ladicte Université. Et ou regard des lettres confirmatoires de leursdiz privileges, leur fu faicte response par la bouche du Chancelier, qui leur dit en effect que le procureur du Roy s’estoit autresfois opposé à ce que lesdictes lettres ne leur feussent delivrées, et que, parties oyes sur l’opposicion, la Court feroit ce qu’il appartendroit. Et furent faictes defenses pareilles en faveur du lieutenant du prevost de Paris, contre lequel lesdis de l’Université vouloient faire procès, ainsi comme 1lz faisoient contre le procureur du Roy. Et fu ordonné que les maistres des Requestes dessus

nommez el autres du Conseil du Roy yroient, ce jour, en l’assemblée de ladicte Université pour signifier lesdictes defenses, et pour les faire d’abondant, ou cas qu'ilz ne cesseroient omnino des procès qu’ilz s’efforçoient faire contre lesdis procureur et lieutenant, ou contempt de ce que dit esti.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 312 re.

Lundi, xviuj° jour de decembre, maistre Jehan Roussel, procureur et ou nom de maistre Claude Richete?, requist à la Court qu’il lui pleust octroier certificacion adreçant au chapitre de Chartres, en signifiant à ycellui chapitre qu'il avoit exercé l’office de conseillier en ladicte Court, ab anno citra, pour avoir delivrance de ses groz fruis de la prebende de Chartres, selon la teneur des privileges octroiez aux conseilliers de ladicte Court.

Samedi, xxij° jour de decembre, les presidens et conseilliers lays de ceans alerent en Chastellet pour entendre à l’expedicion et delivrance des procez criminels et des prisonniers dudit Chastellet, ainsi qu'il est acoustumé de faire chascun an devant la solempnité de la Nativité de Nostre Seigneur.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 312 v°, 313 r°.

1. Du Boulay, dans son Histoire de l'Université de Paris, : t. V, ne fait aucune mention de ce conflit entre l’Université et Jean Leroy, procureur du Roi au Châtelet, ni de la venue du recteur et des délégués de l’Université au Parlement. Il n'en est pas question non plus dans le Cartulaire de l'Université de Paris.

2. Claude Richete avait été reçu conseiller clerc en la Chambre des Enquêtes, le 18 août 1418 (X!* 1480, fol. 142).

Mecredi, xvij° jour de janvier.

Ce jour, maistre Phelippe de Morvillier, premier president, qui estoit nouvellement retourné de Rouen, apporta en la Chambre de Parlement lettres de creance adreçans à la Court de par le duc de Bedford, regent, escriptes audit lieu de Rouen. Et en exposant ladicte creance, entre autres choses, de par ledit de Bedford, remonstra les diligences faictes et les ambassades ordonnées pour mettre accord entre les ducs de Gloucestre et de Brabant et leurs aliez ou adherens, par quoy on avoit grant esperance oudit accord. Et disoit que entre les autres, ledit de Bedford desja avoit envoié ambassadeurs devers le duc de Bourgongne, et aussi devers sondit frere de Gloucestre, et que ycellui de Bedford de son povoir se vouloit emploier, comme amy commun des parties, à l’apaisement des procès et debas disposez d’avenir pour occasion du descord qui estoit entre lesdis de Brabant et de Gloucestre*, ainsi que plainement fu dit et exposé par ledit premier president.

1. Le conflit qui divisait Humphroi, duc de Glocester, et Jean de Bourgogne, duc de Brabant, avait pour origine le mariage contracté en mars 1423 par Jacqueline de Bavière, comtesse de Hollande et de Hainaut, avec le duc de Glocester, après la dissolution, par la cour de Rome, de son union mal assortie avec le duc de Brabant. Ce conflit dégénéra en lutte à main armée, qui eut pour théâtre le Hainaut. Ce fut une «tres doloreuse guerre », dont parle à plusieurs reprises le Journal d’un bourgeois de Paris, p. 202-203.

Ce jour, survindrent messire Henry Valée‘, chevalier, et m° Claude Rochete?, ambassadeurs du duc de Bourgongne, lesquelz estoient nouvellement retournez de Rouen, et exposerent en la Chambre de Parlement la creance des lettres du duc de Bourgongne, par eulz nagaires apportées devers la Court. Et disoient en effect que le duc de Bourgongne n’estoit mie content de maistre Guillaume de Besze, conseillier du Roy oudit Parlement, qui soubz umbre d’unes lettres de debitis faisoit adjorner es Requestes du Palais pluiseurs bonnes et notables personnes de Dijon et du païs de Bourgongne, dont on lui offroit à faire promptement raison et justice sans long delay et sans grant despense; et autrement soubz umbre desdictes lettres de debitis s’efforçoit ledit de Besze de vexer et travaillier les subgiez du duc de Bourgongne. En oultre disoient que ledit de Besze, par vertu d’une commission de la Court, avoit entrepris d’executer certain arrest de ladicte Court, donné au proffit de maistre Jehan Moreau et autres à l’encontre de maistre Richart de Chancey, et que, en l’execucion dudit arrest, ycellui de Besze avoit tenu manieres bien estranges et desraisonnables, ainsi qu'iz disoient et declaroient plus à plain, requerans de par le duc de Bourgongne estre sur ce pourveu par la Court. Laquelle dès lors ordonna de res-

1. Henri Vallée, chevalier, chambellan du duc de Bourgogne, bailli d'Aval en Franche-Comté depuis le 8 octobre 1423.

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