‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 31 sur 56 · Suivent les noms de vingt-trois conseillers · texte numérisé non relu

Suivent les noms de vingt-trois conseillers

pour conseillier et jugier ung procès parti en la Chambre des Enquestes d’entre Tassart Fervagu, d’une part, et Martin Le Pipre, d’autre part. Et tandem fuit conclusum arrestum in Camera Requestarum, quod erit grandis consequencie in materia donacionum et legatorum excessivorum, occasione concubinatus factorum.

Ce jour, Thevenin de Janeilhac, clerc non marié, prisonnier en la Conciergerie du Palais, à la requeste du procureur du Roy, est eslargi par la Court, quousque, sans prejudice des drois de l’evesque de Paris, qui l’avoit requis à la caucion de Guillaume Mouton, orfevre, demourant à Paris, qui a promis l’amener à toutes ses journées, ou paier pour lui v° livres, ou telle autre somme au dessoubz que la Court ordenera, et ledit de Janeïilhac a promis comparoir et garder de dommage led. Mouton, son plege.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 356 vo, 357 ro.

Ce jour, maistre Thibaut du Vivier, en sa personne, appella en Parlement de maistre Jehan Vivian, president en la Chambre des Enquestes, Toussains Baïart et Bertrand Fons, conseilliers du Roy en ladicte Court, de certaine (taxation) ou appoinctement, donnée de droit, à declarer plus à plain en temps et en lieu, faicte et donnée, ou fais et donnez par les dessus nommez conseilliers, eulx disans commissaires de la Court en ceste partie, ou autrement, contre ledit maistre Thibaut, ou en son prejudice, si comme il disoit, au prouffit, pourchaz ou instance de maistres Jehan et Erard, dis Chanteprime, freres, et Jehan de Fleury, notaire et contreroleur de l’audience du Roy nostre Sire.

Samedi, vij° jour de septembre.

Ce jour, le Parlement a esté prorogué jusques à viij jours prochains. Et ont esté pronunciez les arrestz par lecit m° Philippe de Morvillier, premier president, et a esté prorogué ce Parlement jusques à vi] jours pour expedier aucunes causes et procès que l’en n’avoit peu jugier ne expedier.

Matinées, XII (X'*4794), fol. 310 v°.

Mecredi, xj° jour de septembre.

Ce jour, la Court a ordené et ordonne que les sergens du Chastellet de Paris, qui, au temps de la publicacion des ordonnances publiées oudit Chastellet, le xxüj° d'octobre derrain passé, estoient clers non mariez, se marient et mettent en l’estat declairé esdictes ordonnances, dedens la Chandeleur prochain venant, ou autrement de là en avant leurs offices seront vacans. Et a esté ceste ordonnance dite au prevost de Paris, afin qu’il la face garder et publier. Et en oultre la Court a enjoint audit prevost qu'il face diligence de faire faire pain de poix convenable, et qu'il face faire ung essay du blé et grain nouvel que on vend chascun jour.

Jeudi, xij° jour de septembre, à conseillier une requeste, baillée aujourduy par escript de la partie du chapitre de l’eglise Saint-Germain-l’Auxerrois et Île procureur du Roy, d’une part, à l'encontre de maistres Ardechin de Novaire, cardinal!, Jehan Vivian, procu-

1. Ardicin de la Porte, de Novare, nommé cardinal par le pape Martin V en 1426, décédé en 1434.

reur du Roy en Court de Romme, et Pasquier de Vaulz, docteur en decret, afin de faire arrester certaines citacions et procès de Court de Romme, dont mencion estoit faicte en ladicte requeste, et pour arrester le porteur desdictes citacions et faire certaines inhibicions aux dessus nommez, selon la teneur d’icelle requeste, qui a esté receue, octroyée et accordée ausdis supplians par la deliberacion des presidens et conseilliers dessus nommez et autres qui sont survenuz, qui estoient paravant assemblez en la Tournele criminelle pour l’expedicion d’aucuns procès criminels!.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 357 v°.

bailla à Jehan Audry, dit Marcoussis, sergent, une descharge sur Jaquemart de Saint-Gile, nagaires commis à la recepte ordinaire de Vermendois, de la somme de vj"* hvres parisis, et une autre sur Jehan Quartier, receveur des aides à Reins, de vj° livres xv solz, vj deniers parisis; tem, une autre sur Jaquin Manerot, receveur des aides à Soissons, de inj° livres parisis ; et a promis ledit Marcoussis de faire venir à Paris lesdictes sommes assignées pour le paiement des gaiges de la Court, ou de rendre lesdictes descharges.

In nomine Domini nostri Jhesu Christi, qui propter injusticiam transfert regna de gente in gentem et con-

1. Un arrêt rendu par la Cour le 13 septembre condamna Jean Vivien et Pasquier de Vaux à payer 200 marcs d'argent, avec saisie de leur temporel (X!*° 1480, fol. 358 v°).

[1426] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 27 silia impiorum dissipat, incipit registrum consiliorum Parlamenti, incepti xij* die novembris anno M ccccxxvi° ab Incarnacione ejusdem Domini, et anno undecimo quo ego, Clemens de Fauquembergue, in utroque jure licenciatus, decanus Ambianensis ecclesie, ac Curie dicti Parlamenti grapherius, domini nostri Regis prothonotarius, hujus modi officium exercui, juxta illud Virgilanum : malut et mutas agitare inglorius artes, officio judicantis intermisso.

Mardi, xij° jour de novembre, l’an dessusdit, messire Loys de Lucembourg, evesque de Theroenne, chancelier de France, tint le Parlement, presens m° Phelippe de Morvillier, m° J. Aguenin, m° J. de Longueil, presidens, le cardinal archevesque de Rouen, les evesques de Coustances, de Beauvais, de Lisieux, de Noyon, l'abbé de Saint-Denis, le sire de Courcelles, m° Nicolas Fraillon, m° Phelippe de Rully, m° P. de Marigny, m° (. Massue, m° H. Rapiout, m° Thomas Fassier, maistres des Requestes de l’Ostel, m° Ja. Branlart, m° J. Vivian, presidens en la Chambre des Enquestes, m° Robert Piedefer, president es Requestes du Palais, m° G. de Gy, m° G. Perriere, m° H. de Dicy, m° G. Cotin, m° B. Le Viste, m° G. Le Breton, m° Gaillart Petit Sayne, m° G. de Celsoy et pluiseurs autres conseilliers, notaires de la Court et autres. Et furent leues les ordonnances et fais les seremens acoustumez.

Ce jour, m° Gautier Jaier, m° J. de Longueil le jeune, m‘Bertrand Fons, conseilliers du Roy, et chascun d’eulz cum adjuncto, furent commis par la Court à soy informer de l’estat et gouvernement d’aucuns Cordeliers

qui se gouvernoient, si comme on disoit, moult desordonneement et honteusement, en grant esclande de justice et de leur religion, et aussi pour pourveoir au fait d’aucuns d’iceulz Cordeliers estans en prison.

Conseil, XIV ([X1* 1480), fol. 360 r°.

Venredi, xxi1j° jour de novembre.

Ce jour, au commandement de la Court sont venuz en la Chambre de Parlement maistre Guillaume de Chanteprime, d’une part, et maistre Phelippe de Vitry, d’autre part, sur ce que ledit Chanteprime avoit autresfois requis ceans que ledit de Vitry feust condempné à lui amender certaines injures verbales à lui dites ou parquet de ladicte Chambre de Parlement, le jour ou lendemain de saint Remy, derrain passé, par ledit de Vitry, en la presence des commissaires de la Court, en une cause touchant lesdictes parties, lesquelz commissaires avoient esté oys et interroguez par ladicte Court. Et finablement, oye la relacion desdis commissaires, ycelle Court condempna ledit maistre Phelippe de Vitry à paier cent solz à emploier ou fait de la chappelle de la grant sale du Palais, et blasma fort ledit de Vitry des injurieuses paroles qu’il avoit dit à ycellui Chante-

prime.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 360 v°.

Lundi, xxv° jour de novembre.

Dies beate Katerine, ter sancte, quaterque beate. Matinées, XIII (X!*4795), fol. 6.

Venredi, xxix° jour de novembre.

Ce jour vindrent au Conseil, en la Chambre de Par-

lement, messire Loys de Lucembourg, chancelier de France, l’archevesque de Rouen, esleu et pronuncié cardinal!, l’evesque de Noyon, m° Nicolle Fraillon, m° Phelippe de Rully, m° Pierre de Marigny, m° Q. Massue, m° Hugues Rapiout, m° Thomas Fassier, maistres des Requestes de l’Ostel du Roy nostre Sire, pour pourveoir à la Court de plus grant nombre de conseilliers qu’il n’y avoit. Et par election faicte en scrutine furent nommez et esleuz deux clers conseilliers pour ledit Parlement, c’est assavoir, maistres Andry Marguerie et J. Aguenin le jeune, et deux lays, est assavoir, maistres Jehan Queniat et Phelippe de Nanterre, et me commanda mondit segneur le Chancelier à en faire lettres in forma consueta; et incontinent après donna à maistre Phelippe du Drac l'office de conseillier du Roy ou Chastellet, vacant par ladicte promocion et provision dudit maistre Jehan Queniat.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 361 v°.

Mecredi, xviij° jour de decembre.

Ce jour, messire Loys de Lucembourg, evesque de Theroenne et chancelier de France, vint en l’eglise de Paris pour recommender maistre Jaques du Chastellier? à l’eveschié de Paris, selon le contenu en lettres

1. Jean de la Rochetaillée, ancien évêque de Paris, archevêque de Rouen depuis le 27 septembre 1423, avait été compris par le pape Martin V dans la promotion de cardinaux faite en 1426.

2. Jacques du ChâAtclier, trésorier de Reims, Bourguignon d'origine, était venu, le 16 octobre 1426, annoncer au chapitre de Notre-Dame la mort de l’évêque Jean de Nant et se mettre sur les rangs pour recueillir sa succession. Grâce aux puissantes recommandations du duc de Bedford et du duc de Bour-

closes envoyées de par le duc de Bedfort audit Chanceler et au chapitre de l’eglise, lors vacant. Et ce jour, ledit monseigneur le Chancelier donna à Pierre Boussart la sergenterie sans gaiges, que souloit tenir feu Colin Le Carpentier en la prevosté de Saint-Riquier, et m'en commanda les lettres pour ledit Pierre, à la porte et à l'yssue de ladicte eglise.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 362 v°.

Lundi, xxx° jour de decembre.

Ce jour, les presidens et conseilliers de ceans se leverent des plaidoieries pour aler au service et obseques de feu maistre Simon de Champluisant, president en Parlement.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 363 r°.

Ce jour, la Court se leva environ ix heures pour aler au service et obseques de feu maistre Simon de Champluisant, president en Parlement‘.

Matinées, XIII (X'*4795), fol. 19 v°.

gogne, transmises par le chancelier de Luxembourg, l’archevêque de Rouen et l'évêque de Noyon, Jacques du Châtelier l'emporta sur son compétiteur, le conseiller et chanoine Nicolas Fraillon, élu par le chapitre, et se fit adjuger en cour de Rome l'évêché de Paris, dont il prit possession le 1°" juin 1427 (voir Journal d'un bourgeois de Paris, p. 215, note 2).

1. D'après Blanchard, les Présidents à mortier du Parlement, p- 62, le président Simon de Champluisant, qui était originaire de Noyon, aurait laissé deux fils, l’un, Jean de Champluisant, maire de Noyon en 1422, l’autre, Simon de Champluisant, chanoine de cette ville, qui en 1435 assista aux négociations du traité d'Arras; mais ce n’est qu'une simple conjecture; ce qui reste certain, c'est que le président avait un fils, Charles, qualifié d'écuyer.

Ce jour, la Court a fait defense à maistre Robert Cochereau, procureur des habitans de Nemoux, qu'ilz ne meffacent ne mesdient aux religieuses de Joye- Nostre-Dame-leis-Nemoux!.

Matinées, XIII (X‘*4795), fol. 26 v°.

Lundi, xxvij° jour de janvier.

Ce jour, maistre Andry Marguerie a esté receu en office de conseillier clerc en la Chambre de Parlement par vertu de l’election de lui faicte ceans par la Court, presens le Chancelier de France et autres du Grant Conseil du Roy, assemblez ceans le xxix° jour de novembre derrain passé.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 365 re.

Samedi, vij° jour de fevrier.

Ce jour, maistres Pierre Maubour et Nicolas Boulart, auditeurs ou Chastellet de Paris, sont venuz en la Chambre de Parlement, au mandement de la Court, pour respondre sur les plaintes faictes contre yceulz auditeurs à l’occasion des longs et grans procès et exessifz despens fais par devant eulz, et des exessives taxacions par eulz faictes, dont ilz ont esté fort repris et blasmez par la Court, et leur a esté enjoint que

4. L'abbaye cistercienne de Joye-lès-Nemours, fondée en 1181 par Gauthier de Nemours.

desormais 1lz y advertissent sur l’abreviacion des procès et diminucion des despens, sur peine de les recouvrer sur eulz, ou de autrement en estre puniz.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 366 v°.

Samedi, xv° jour de fevrier.

Ce jour, maistres Jaques Branlart, president es Enquestes, et Simon de Plumetot, conseillier du Roy, vindrent en la Chambre de Parlement, disans en effect que les autres conseilliers du Roy en la Chambre desdictes Enquestes estoient bien d'accord que maistre Andrieu Marguerie, nouvellement esleu et receu à l'office de conseillier en la Grant Chambre de Parlement, soit et demeure en son siege d'icelle Chambre de Parlement avant les autres conseilliers desdictes Enquestes, sans prejudice de leurs drois et prerogatives 1n aliis et respectu aliorum, protestans de ce. Et ce fait, la Court a fait appeller aux arrestz et a reservé de sur ce ordonner à une autre fois.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 367 r°.

Mecredi, xix° jour de fevrier.

Ce jour, maistres Phelippe de Morvillier, premier president, G. Cotin et B. Le Viste, conseilliers du Roy, ont esté commis à oïr le compte et veoir l’estat de ceulz qui autresfois ont esté commis au gouvernement et administracion du temporel et des revenues de l’'abbeye Saint-Denis en France.

Conseil, XIV (X'*1480), fol. 367 v°.

1. Jean I°' de Bourbon, abbé de Saint-Denis depuis 1418, ayant contracté des emprunts considérables au nom de l’ab-

Samedi, xxij° jour de fevrier.

Ce jour, maistre Jehan Queniat, conseillier du Roy, nomma Pierre Paris, escolier en l’Université de Paris, pour estre inrotulé ou compris ou roole ou es supplicacions presentées à nostre Saint Pere le Pape de par aucuns des presidens et conseilliers de Parlement, et aussi pour estre compris es prerogatives sur ce octroiées; et ce requist estre enregistré.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 368 r°.

Mardi, xxv° jour de fevrier.

Ce jour, le recteur et les deputez de l’Université de Paris sont venus ceans, à heure des plaidoieries, supplier pour l’expedicion du procès d’entre les maistres de [la] Faculté de medicine et le procureur de ladicte Université, adjoint avec eulz, d’une part, et maistre Jehan de Dompremy, d’autre part!. À quoy a esté en

baye, les biens du monastère furent mis sous sequestre et l'administration en fut confiée à Jacques de Longuejoue, grand prieur, à Hugues Pain, moine, et à Jacques de la Salle, aumônier. Ce ne fut qu'en 1428 que Jean de Bourbon fut rétabli dans la gestion de ces biens, à la suite d’une transaction avec le monastère.

1. La Faculté de médecine, dans une assemblée tenue aux Mathurins le 22 Juillet 1423, avait décidé de poursuivre pour exercice illégal de la médecine un certain Jean de Domremi, qui se qualifiait médecin et chirurgien, visiteur des chirurgiens du royaume, et prétendait avoir fait de belles cures, avoir entre autres guéri Guillaume de Sens, président des Grands Jours de Troyes. On voit par les débats qui furent engagés au Parlement, le 23 novembre, que l’on reprocha à Jean de Domremi de n'être qu'un tisserand illettré, n'ayant pris aucun grade, et de ne prescrire qu'un seul et unique remède pour

224 JOURNAL [1427] effect respondu par la Court quod fiet quameicius!. Matinées, XIII (X'* 4795), fol. 50 r°.

Mecredi, xxvj° jour de ce mois, furent assemblez en la Chambre de Parlement les presidens des trois Chambres d’icellui Parlement pour avoir advis et deliberacion sur la poursuite du paiement de leurs gaiges et pour deliberer s’il seroit plus expedient de poursuir assignacions, ainsi que fait avoit esté depuis ung an ou deux, ou de attendre le paiement au Tresor, ainsi que

toutes les maladies, « des racines de persil, d’ache et autres herbes destrempées en ung pot avec miel ». Voir H. Denifle et E. Chatelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. IV, n° 2229-2231.

1. L'intervention de l'Université de Paris porta ses fruits ; en effet, à la date du 26 avril 1427, le Parlement rendit un arrêt dont voici la teneur :

« À conseillier l’arrest d’entre les maistres de la Faculté de medicine, d'une part, et maistre Jehan de Dompremy, d'autre part, veues les memoires et informacions :

« Il sera dit que la Court s'informera par gens en ce congnoissans et telz que la Court advisera de la souffisance dudit de Dompremy, et avec ce seront recolées, vocatis vocandis, les informacions faictes inc inde, et autres tesmoins nouveaulz examinez, se bon semble, à ycelles parties, et ce fait et rapporté et joint au procès, la Court fera droit. Et a esté ordené que l'en sentira aux medecins s'ilz se vouldront deporter de l'expedicion du procès, et le laissier en suspens; et s’est chargié l'evesque de Beauvais d'en savoir à eulz et en dire à la Court. Et, au cas qu'ilz ne seront d'accord, sera dit ce que dessus est conclud et escript. Et oultre sera defendu aux parties qu'elles ne injurient l’une l'autre, et si sera dit à part audit de Dompremy que, s’il fait aucune chose autrement que à point par estre trop hardi et violent en ses euvres et conseilz de medicine, l’en s’en prendra à lui et en sera puniz comme il appartendra » (X!* 1480, fol. 372 r°).

autresfois. Et super hoc non fuit conclusum propter equalitatem opinionum ad utramque partem.

Jeudi, xxvij* jour de fevrier.

Ce jour, le Chancelier et autres du Conseil du Roy partirent de Paris pour aler en Picardie à l’encontre du duc de Bedford, regent, que on disoit retourner du païs d'Angleterre.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 368 re.

Jeudi, xüj° jour de mars, les ouvriers et monnoiers du serement de France ont baillié ceans leur requeste par escript à l'encontre des ouvriers et monnoiers du serement de l'Empire, et dient ceulz de France qu'ilz ont beaux privileges? et font serement au Roy, et ne pevent ceulz de l’Empire ouvrer par deça entre les ouvriers es monnoies de France, n1s1 ad tempus et de gratia. Et neantmoins ceulz de l’Empire, en attemptant contre les procès pendans ceans, leur font des empeschemens et entreprises et les font appeller et aler souvent devant les maistres des monnoies. Si requierent que defense leur soit faicte qu’ilz ne les traictent ailleurs que en la Court de ceans, ou regard de ce dont

1. D'après Monstrelet (éd. Douët d’Arcq, t. IV, p. 258), le duc de Bedford avait séjourné en Angleterre de sept à huit mois. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 213) précise la date de son retour à Paris, qui eut lieu « le v° jour d'avril, à ung samedi, vigille du dimenche perdu ». Voir aussi les Mémoires de Pierre de Fenin, éd. Dupont, p. 239.

2. Les privilèges en question furent successivement accordés et confirmés par Philippe VI (avril 1337), Jean II (novembre 1350), Charles V (juin 1365), Charles VI (13 novembre 1380), et sont imprimés dans les Ordonnances des rois de France, t. XV, p. 43.

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est procès ceans et de ce qui en depend, selon la teneur de leur requeste, et que les procès fais devant les maistres desdictes monnoies sursient.

Les parties revendront alia die, et interim, les monnoiers du serement de France monstreront ce que devront, et defend la Court ausdis du serement de l’Empire qu’ilz ne facent riens ou prejudice des procès pendans ceans.

Les notaires de Chastellet ont baillié ceans leur requeste par escript à l'encontre de maistre Jehan Miron, qui s’est entremis de sceller biens d’executions et de faire inventaires, contre la teneur des arrestz de ceans, et declarent ce qu’il a fait es biens de Ysabelet la Bonne Compaigne et maistre Jehan Robelot, et concluent que tout ce qu’il a fait soit dit attemptant et mis au neant, condempné en amende prouffitable de cent livres envers les notaires et autres amendes selon l'ordonnance de la Court, et à cesser, et que defense soit faicte que plus ne face riens contre les arrestz, et soit condempné es despens, dommages et interestz, et demandent despens, dommages et interestz, sclon la teneur de leur dicte requeste.

Alia die revendront, et interim les notaires monstreront ce que devront.

Matinées, XIII (X'* 4795), fol. 63 r°.

Mecredi, second jour d'avril.

Ce jour, maistre Pierre Le Boulengier, notaire du Roy, et Giles de Bihais ont caucionné et plegié l’evesque de Meaulz! de la somme de iüüj° livres tour-

1. Jean IX de Briou, qui avait remplacé, le 8 avril 1426, Robert de Gireme.

nois qui doit estre baillée et delivrée audit evesque de l’argent de l’execucion de feu messire Jehan de Sains, jadiz evesque de Meaulz, selon l’appoinctement de la Court, dont cy dessus est faicte mencion ou registre du xxix° jour de mars derrain passé, et ledit evesque a promis à desdommagier sesdis pleges. Et lendemain, troisiesme jour de ce mois d'avril, maistre Nicole de Bihais, chanoine du Palais, a esté commis de par la Court à recevoir et emploier ladicte somme de ii] livres tournois es reparations plus prouffitables des edifices de l’eveschié de Meaulz, et à les faire faire le plus tost et le plus prouffitablement que faire se pourra, selon la teneur dudit appoinctement. Et de ce a fait ledit maistre Nicole serement à la Court, et de ce rapporter et rendre son compte par devers ladicte Court. .

Jeudi, iüj° jour d'avril, messire Mathieu Le Voier, prebstre, chanoine de Meaulz, maistre Guillaume Rose et Adam des Vignes, et chascun d’eulz, se sont constituez pleges et caucions pour les religieux, abbé et couvent de Saint-Faron-lez-Meaulz, pour la somme de c livres tournois, ordonnée à prendre pour ladicte eglise de Saint-Faron sur l’argent appartenant à l’execucion du testament de feu messire Jehan de Sains, jadiz evesque de Meaulz!, selon l’appoinctement de la Court fait le xxix° jour de mars derrain passé, et à ycelle somme de c livres recevoir et emploier es repa-

1. Le testament de Jean de Saints, ancien chanoine de Notre- Dame, évêque de Meaux, décédé le 20 septembre 1418, est du 2 septembre 1416 ; il fut apporté au Parlement pour y être enregistré, le 27 octobre 1418, par les exécuteurs testamentaires, parmi lesquels figure Mathieu Le Voyer; Adam des Vignes,

racions des edifices appartenans à ladicte eglise de Saint-Faron, selon ledict appoinctement, est commis du consentement de m° J. Paris, procureur desdis abbé et couvent, Jehan de Tramblay, marchant, demourant à Meaulz, qui ycelle somme a promis emploier en ce que dit est, et en rendre compte sans pour ce avoir gaiges ou salaires.

Conseil, XIV (X!:1480), fol. 370 v°.

Venredi, xj° jour d'avril, à conseiller l’arrest d’entre les religieux de Saint-Cornille de Compiegne, d’une part, et l'abbé, d’autre part.

Et a esté appoinctié que, huy après disner, ledit abbé, d’une part, et le prevost moyne de ladicte eglise, estant à Paris, d'autre part, compareront devant maistres Jehan Aguenin, G. Cotin, Ph. Le Besgue, J. de Voton et autres conseilliers de ceans, qui seront avec ledit Aguenin, president, et sera essayé se l’en pourra trouver aucun apaisement et traictié entre lesdictes parties et bonne provision pour ladicte eglise.

Samedi, x1j° jour d'avril.

Ce jour, m° Estienne des Portes, conseillier de ceans, a esté commis et ordené à la poursuite du paiement des gaiges de la Court, de cy au premier jour de juing ou de jullet, en l'absence et ou lieu de m° B. Fons, commis à ce, lequel a demandé congié de la Court pour aler jusques en Savoye, afin de veoir sa mere et ses autres parens et amis.

huissier au Parlement, fut chargé de procéder à l'inventaire. Le texte du testament de Jean de Saints se trouvait inséré au registre des testaments, X!* 9807, fol. 467 v°; il n'existe plus qu'en copie dans la Collection Moreau.

Ce jour, la Court a defendu à m° J. Doulzsire, clerc civil de la prevosté de Paris, que doresenavant il n'enregistre, face ou sueffre enregistrér par ses clers, ou autres au dessoubz de lui ou Chastellet de Paris, aucuns appoinctemens ou memoriaulz, se le registreur n’a entendu l’appoinctement du juge, ou que les deux

procureurs des parties à qui ce touchera en soient

d'accord.

Conseil, XIV {(X'2 1480), fol. 371 r° et ve.

Mecredi, xvj° jour d'avril.

Ce jour, Regnault Doriac, maistre des Comptes, a fait le serement de tresorier de France et general gouverneur des finances avec m° Pierre de Canteleu, ou lieu de feu messire Pierre de Fontenay, chevalier, sei-

gneur de Rance.

Conseil, XIV (X!° 1480), fol. 371 v°.

Cedit jour, frere Symon de Gilocourt, quart prieur et cuisinier de l’eglise Saint-Denis en France, est commis au gouvernement de l'office, dignité ou benefice du grant prioré de Saint-Denis, dont debat est ceans en cas de nouvelleté entre les religieux et couvent dudit Saint-Denis, complaignans, et l’abbé de ladicte eglise, et frere Andry Pelerin, religieux dudit lieu, opposans, Jusques à ce que, parties oyes, en sera autrement ordené, et a fait ycellui Giles le serement de bien gouverner et administrer ledit prioré, et d'en rendre bon compte à l’ordonnance de ladicte Court.

Matinées, XIII (X!* 4795), fol. 82 v°.

Dimanche, xx° jour d'avril, furent Pasques, et hic mutacio annt, secundum morem ecclesie Gallicane.

Conseil, XIV (X'* 1480), fol. 372 re.

Venredi, xxv° jour d'avril, après Pasques.

Ce jour, le procureur du Roy est venu ceans et a dit que procès a esté et est ceans en cas de nouvelleté et deux arrestz sur ce donnez, et par l’un d’iceulz maistre Jehan Vivian, procureur du Roy en Court de Romme, et Pasquier de Vaulz ont esté condempnez à faire absouldre ad cautelam m° J. Robert, Phelippe de Vitry et autres chanoines de l’eglise Saint-Germainl’Aucerrois à Paris, et par l’autre arrest, pour non avoir obey audit arrest et aux commandemens à eulz fais sur peines, ont esté declarez encheuz es paines de ij° mars d’argent, moitié au Roy, moitié à partie. Dit oultre que pendant cedit procès ceans, lesdiz Vivian et de Vaulz ont fait fischier à Paris certaines citacions et escommuniemens contre lesdis de Saint-Germain, et que combien contre les arrests de ceans l’en ne puisse ou doye venir, sinon par proposicion d'erreurs et par certaine forme declarée es ordonnances royaulz, enregistrées ceans l'an mil cccc xvitt, neantmoins par unes lettres royaulz adreçans au premier et quart president de ceans, lesdis Vivian et de Vaulz ont empeschié l’expedicion dudit derrenier arrest, et oultre plus, ou contempt desdis arrestz, ont fait citer aucuns desdis de Saint-Germain à Court de Romme, in causis peccuniartis, soubz umbre de prest, et autrement. Et pour ce que lesdiz citez se sont aidiez du privilege de l’Université de Paris, par [lequel l’en ne puet trayre les suppostz d’icelle hors de la ville de Paris, ont procuré et apporté à ladicte Université et autres, comme a entendu le procureur du Roy, certaines bulles de ladicte Court de Romme, ou grant prejudice desdis de Saint-Germain et dudit cas de nouvelleté, dont au

Roy et à ses officiers appartient la congnoissance. Et pour ce a requis le procureur du Roy que ledit derrain arrest soit baillié, delivré et executé reaument et de fait, et oultre que, precedent informacion, ceulz qui ont apporté citacions, excommuniemens et autres bulles et explois de ladicte Court de Romme soient prins et emprisonnez, et lesdis explois apportez ceans pour en ordener, ainsi qu'il appartendra par raison, ou autrement soit pourveu sur ce par la Court, tellement que ses arrestz soient executez et le droit dudit cas de nouvelleté gardé et defendu, ainsi qu’il semblera à la Court. Si a la Court appoincté que le procureur du Roy mette devers la Court arrestz, ordonnances, lettres, citacions et ce que vouldra, et ladicte Court les verra, et en ordenera ou appoinctera ainsi que de raisOn.

Lundi, xxvüj° jour d'avril, les prevost des marchans et eschevins de Paris ont requis estre mis lecta et publicata sur unes lettres royaulx par eux impetrées afin de cercher es cours royaulx de Paris lettres et tiltres à eulx appartenans, qu'ilz dient estre adirées.

Le procureur du Roy [dit] que lesdictes lettres sont trop generaux, et pourroit avoir le Roy interestz à cercher ainsi generaument, et ne chiet point que ceulx de Paris cerchent ainsi es registres royaux. Appoincté est que la Court verra lesdictes lettres au

Conseil.

Matinées, XIII (X!* 4795), fol. 85 r°.

Mecredi, xiv° jour de may.

Ce jour, maistre Estienne des Portes, conseillier du

Roy, a baillié à Jehan Audry, dit Marcoussis, sergent, une descharge de v° lvuj livres, vi solz, 1j deniers parisis sur Macé de Charenton, receveur des aides à Noyon, pour le paiement des gaiges de la Court. Et a promis ledit Marcoussis de delivrer ou faire delivrer à Paris ladicte somme, ou rendre ladicte descharge audit des Portes ou autre à l’ordonnance de ladicte Court ; et est ladicte descharge de la date du dernier jour d'avril, derrain passé, MCCCcxx vit, pour le paiement des gaiges du moys de fevrier derrain passé.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 373 v°.

Mecredi, xxviij° jour de may.

Ce jour, la Court fist venir en la Chambre de Parlement les maistres des monnoies pour leur parler du contenu en la requeste des orfevres, hier bailliée par escript et par eulz ramenée à fait à l’encontre des changeurs de Paris es plaidoieries. Sur quoy les maistres desdictes monnoies ont fait response par la bouche de Jehan Trotet, disans que depuis la provision faicte ausdis orfevres par arrest de ceans, pronuncié l’an cacc xx!*, lesdis orfevres ne furent devers eulz que une seule fois pour avoir provision d’or, selon la teneur dudit arrest, et lors baillerent par escript leur response ausdis orfevres, qui onques puis ne retour-

1. Par arrêt du Parlement du 31 décembre 1421, rendu entre les maîtres et gardes du métier d'orfèvrerie et ceux du métier de changeur, il fut décidé que les orfèvres ne pourraient acheter billon d'argent au-dessous du titre de 10 deniers, que l'achat de la monnaie leur serait interdit, et que, pour les besoins de leur métier, ils devraient s'adresser aux généraux maîtres des monnaies (X!2 1480, fol. 244 r°).

nerent devers eulz, et, en oultre, qu’ilz avoient obey et obeyroient, comme tenus y estoient, aux arrests, provisions et autres ordonnances de la Court, et selon ce pourverroient ou feroient pourveoir ausdis orfevres d’or pour dorer et faire verges d’or, fermaillès, signez, aneaulz d’or et autres telz menus ouvrages, mais pour faire vaisselle et autres grans et pezans ouvrages d'or, lesdis orfevres ne les pevent faire sans congié du Roy, autrement par telz ouvrages et vaisselle d’or on pourroit destruire les monnoies du Roy et transporter tout l'or de ce royaume. Et sur l’emprisonnement d’aucuns orfèvres, disoient les maistres des monnoies qu’ilz en avoient fait emprisonner aucuns, pour ce qu'ilz avoient acheté escus et fait fait de change, qui leur est defendu par les ordonnances; toutesvoies n’ont 1lz mie declairé les escus estre confisquez, mais seulement ont condempné en amende lesdis orfevres, pour ce qu’ilz avoient exercé fait de change, comme dit est ; et leur est bien permis d’acheter lingos d'or, chapeaux, ceintures d’or, et se l'or n’est assez fin pour dorer, 1ilz leur en feront delivrer à l’equivalent d’yceulz lingos au pris du Roy. Aussi est-il bien permis ausdis orfevres d’acheter ducas, mailles de Florence, jannins et florins de Chambre, et telles monnoies estranges pour dorer, et s’ilz vouloient acheter trois ou quatre escus pour ouvrer et faire menuz ouvrages d’or, on n’en parleroit ja, mais ilz veullent acheter escus à grant quantité et faire fait de change, qui leur est defendu par lesdictes ordonnances, comme dit est. Et toutesvoies, s’ilz ont à faire d’or pour dorer ou faire les menuz ouvrages dessusdis, les maistres des monnoies ont offert et offrent de leur en

234 JOURNAL [1427] faire delivrer aux monnoies du Roy et au pris du Roy. Conseil, XIV (X!*? 1480), fol. 375 v°.

Venredi, xxx° jour de may.

Ce jour, messire Jaques du Chastellier, evesque de Paris, fist prier les presidens, conseilliers et officiers de Parlement d’estre, dimenche prochain, en l’eglise Sainte-Geneviefve, à la messe de sa consecracion, et de l’accompaignier ce jour à sa premiere entrée 1n pontificalibus en l’eglise de Paris, et au disner en son hostel episcopal.

Conseil, XIV (X 111480), fol. 375 v°.

Dimenche, premier jour de juing, messire Jaques du Chastellier, evesque de Paris, fist sa premiere entrée in pontificalibus en l’eglise de Paris, et y fu receu moult honnorablement, après ce qu'il ot esté consacré ce mesme jour en l’eglise Sainte-Geneviefve; et pour ce en l’eglise de Paris fu la grant messe celebrée par l’evesque de Coustances en la presence dudit evesque de Paris, qui ce jour avoit esté consacré, comme dit est!.

Mardi, troisiesme jour de juing, messire Jaques du Chastellier, evesque de Paris, vint en la Chambre de Parlement pour remercier la Court de l’onneur et de la

1. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 215) consacre un paragraphe à cet événement. « Le premier jour de juing, dit-il, fist l'evesque de Paris sa feste, et fut confermé evesque », et il ajoute des réflexions peu favorables à Jacques du Châtelier, « messire Jaques, le grant tresorier de Rains », qui fut nommé, malgré l'élection de Nicolas Fraillon par le chapitre, « car ainsi le plaisoit aux gouverneurs ».

compagnie que on lui avoit fait, dimenche derrain passé, à la solempnité de sa consecracion et à son entrée, et pour recommender sa personne et les besoingnes de son eveschié, et pour soy offrir au service et au plaisir de la Court, et aussi pour estre receu à faire le serement que ont acoustumé de faire les prelas de ce royaume venans es conseilz de la Court de ceans ; lequel serement a esté au jour duy fait par ledit evesque de Paris.

Conseil, XIV {(X‘*1480), fol. 376 r°.

Mardi, x° jour de juing, les processions generales assemblerent en l’eglise Nostre-Dame pour aler en l’eglise Saint-Germain-l’Aucerrois prier Dieu pour la conservacion des fruis de terre, qui estoient très fort diminuez et dommagiez par les froidures et par les pluyes continueles, dont les rivieres estoient desrivées, et tout le bas païis d'environ inundé et couvert d’eaues. Et estoit lors la riviere de Seyne plus haulte et plus grant qu’elle n'avoit esté en tel Lemps de memoire de homme.

Mecredi, xj° jour de juing, l’evesque et chapitre de Paris alerent au Lendit pour y faire la benediction en la maniere acoustumée.

Conseil, XIV (X!*1480), fol. 376 v°.

1. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 215-217) rapporte que, de la mi-avril jusqu'au lundi de la Pentecôte (9 juin), il ne cessa de pleuvoir, et il donne d'intéressants détails sur le débordement de la Seine, qui arriva le 8 juin, jusqu’à la croix de Grève, c'est-à-dire à une hauteur de quatre pieds, et couvrit toute l’île Notre-Dame, submergeant les maisons jusqu’au premier étage.

Lundi, xvj° jour de juing.

Ce jour, la Court se leva entre vij et vi heures pour acompagnier les processions generales de l’eglise Nostre-Dame à l’eglise de Sainte-Geneviefve. Lesquelles processions avoient esté ordonnees pour faire oroisons et prieres à Dieu sur l’indisposicion du temps, especialement sur la tres grant inundacion des eaues et rivieres qui avoient fait de tres grans dommages, et n'estoit memoire que onques on eust veu en ce temps

si grans eaues.

Matinées, XIII (X!*4795), fol. 109 v°.

Mardi, xvij° jour de juing.

Ce jour, la Court a enjoint à maistre Jehan Doulzsire que, dedens vu jours, il face extraire toutes les commissions du prevost de Paris, faictes depuis l'an cccc xvi11 sur le fait des demolicions des maisons, et qu’il apporte l’extraict devers la Court.

Matinées, XIII (X**4795), fol. 111 r°.

Mecredi, xvij® jour de ce mois dessusdit [juin], Jehan Audry, dit Marcoussis, a recongneu avoir receu de m° Estienne des Portes, conseillier du Roy, une descharge de vj° lij livres, xvj solz, vj deniers parisis sur Jehan Frohen, recepveur des aides à Laon, et promist de faire delivrer à Paris ladicte somme pour emploier ou paiement des gaiges de la Court, ou de rendre et restituer ladicte descharge, donnée le derrenier jour de may prochain passé.

Conseil, XIV (X!* 1480), fol. 377 r°.

Mardi, viij° jour de jullet, furent au Conseil m° Phe-

lippe de Morvillier, m° J. Aguenin, m° J. de Longueil, presidens...!, pour deliberer sur le procès d’entre maistre Bernart Nivart, appellant du prevost de Paris, d’une part, et Jehan Cointin, intimé, d’autre part, et sur la requeste que l’Université de Paris avoit fait ceans à cause dudit procès et des appoinctemens de la Court sur ce fais. Et finablement a esté advisé et deliberé que, lendemain, ledit maistre Bernart seroit amené ceans et pour fournir lesdis appoinctemens seroit interrogué sur aucuns interrogatoires touchans lesdis procès, et selon ce la Cour pourverroit sur la requeste de ladicte Université et sur ce que dit est, ainsi qu’il appartendroit par raison.

Mecredi, ix° jour de jullet.

Ce jour, maistre Bernart Nivart, par l'ordonnance de la Court, a esté amené en la Chambre de Parlement, et après le serement par lui fait de dire verité, a esté interrogué, selon la deliberacion et conclusion hier prise ceans par les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement dessus nommez. Et premierement, interrogué s’il sceut onques qu'il y eust procès en Chastellet d’entre Colart Lefevre ou Jehan Quentin, porteur des lettres d’icellui Colart, à l'encontre de feu Tassin Coullart, dit et depose par son serement qu'il a bien oy parler dudit procès et ne scet quant ne comment il commença, ne comment il a esté demené, ne finé, se n’est à l’occasion d’une quinquennelle?,

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