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La Court a enjoint à maistre Jacques Thiessart, advocat, et à maistre Jehan Roussel, procureur ceans, qu'ilz soient du conseil de maistre Paoul Nicolas, bachelier en theologie, contre l’Université de Paris et autres Consors.
Matinées, XV (X124797), fol. 303 ve.
Samedi, xvij° jour de decembre.
Ce jour, la Court a veues certaines lettres royaulx, presentées par maistre Jehan de l’Espine, greffier criminel de ladicte Court, desquelles la teneur s’ensuit :
Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et d'Angleterre, à noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans et qui tendront nostre Parlement à Paris, salut et dilection. Comme depuis deux mois ença ou environ, nostre amé et feal clerc et prothonotaire, maistre Clement de Fauquenberge, licencié en droit canon et en civil, et graphier civil de nostre Court d’icellui Parlement, se soit departy de nostre bonne ville de Paris sans fe congié et licence de nous, ou noz gens et officiers qu’il appartenoit, et transporté en la ville de Cambray en Cambresis ou ailleurs hors de nostre royaume de France, où il demeure maintenant, si comme l’en dit, et pour ce que de present n'y a aucun qui de par nous exerce ledit oflice de graphier civil d’icelle Court, est besoing de y en commettre un autre, attendu que icellui office requiert exercice et continuacion personele, savoir vous faisons que nous, confians à plain es sens, loyaulté, proudommie, souffisance et bonne diligence de nostre amé et feal clerc et notaire, maistre Jehan de l’Espine, graphier criminel de nostredicte Court, icellui par l’advis et deliberacion des gens de nostre Grant Conseil en France, avons par maniere de provision commis, ordonné et establi, commettons, ordonnons et establissons par ces presentes à exercer ledit office de graphier civil et des presentacions de nostredicte Court de Parlement, tout ainsi que faisoit ledit maistre Clement et à telz drois, proufliz et emolumens qui y appartiennent, durant l’absence dudit maistre Clement ou jusques à ce que par nous soit sur ce autrement pourveu. Si vous mandons et expressement enjoignons que ledit de l’Espine vous faictes, souffrez et laissez joyr et user du contenu en ces presentes selon leur forme et teneur, sans lui mettre ne souffrir en ce mettre, faire ou donner quelque destourbier ou empeschement au contraire.
Donné à Paris, le vint sixiesme jour de novembre, l’an
172 JOURNAL [1435] de grâce mil cccc trente cinq, et de nostre regne le xüij°.
Ainsi signé : par le Roy, à la relacion du Grant Conseil, J. de Lunain.
Et au dox estoit escript ce qui s’ensuit : « Die sabbati, xvij* die decembris, anno Domino millesimo cccc° tricesimo quinto, magister Johannes de Spina, infrascriptus, receptus fuit per Curiam ad exercicium officii, de quo in albo cavetur juxta tenorem presencium. »
Et ce jour les clers dudit maistre Clement de Fauquembergue, greffier dudit Parlement, requirent à la Court qu’elle voulsist commettre deux des conseilliers de ladicte Court pour estre presens à monstrer l’estat de la Tournelle civile audit maistre Jehan de l’Espine, et pour avoir decharges tant de despotz qui y sont deposez, comme de tout le fait de ladicte Tournelle, car lesdis clers, qui sont gens d’eglise, n’y veulent point estre ne demourer, tant que le greffier criminel, quel qui soit, ait l’administracion du greffe civil. Et pour ce ont esté à ce commis messeigneurs maistres Guillaume Cotin et Phelippe de Nanterre, conseilliers du Roy nostre seigneur.
Conseil, XV (X'2 1481), fol. 110 v°.
Samedi, xvij° jour de decembre.
Ce jour, fu receu maistre Jehan de l’Espine à l’exercice de l’office du greffe civil, durant l’absence de maistre Clement de Fauquembergue, selon la teneur des lettres du Roy, de date du xxvj° novembre precedent, in libro Consilu registratis.
Matinées, XV (X'*4797), fol. 311.
Jeudi, xxix° jour de decembre.
Maistre Jehan de l’Espine, commis à l’exercice du greffe civil et des presentacions de la Court de ceans, peu avant les plaidoiries, a recité à la Court que, vendredi dernier passé, xxüij° dudit mois, par maistres Phelippe Bouron et Jehan Jouglet, clers de maistre Clement de Fauquembergue, greffier d’icelle Court, es presence de messeigneurs maistres Guillaume Cotin et Phelippe de Nanterre, commissaires deputez par icelle Court en ceste partie, il receust les registres, procès, depostz et autres choses estans oudit greffe civil avecques les clefz des huis de la Tournelle civile, comme plus à plain est faite mencion en certain cayer triple qui se signera, tant par mesdiz seigneurs les commissaires comme par lesdiz clers dudit maistre Clement et l’Espine, pour la descharge d’un chascun, duquel cayer chascun en aura ung, et que, en recevant lesdiz registres, lui en avoient esté baillées en cayers et non reliez depuis l’an cccc et xv jusques à l'an cecc xxvi inclus, et les registres de là en avant et jusques au Parlement derrain commencé, qui fu le samedi xij° jour de novembre mil cccc xxxv, comme lettres, arrestz et jugiez, lui avoient esté bailliez en minues de papier, sans ce que aucuns feussent grossez, pour ce, comme disoient lesdiz clers, que ledit maistre Clement n’avoit peu avoir parchemin pour ce faire. Et aussi dit icellui de l’Espine que, paravant la recepcion desdiz registres et clefz en recevant icelles, et es presences de mesdis seigneurs les commissaires, 1l avoit prié ausdis Bouron et Jouglet qu’ilz voulsissent servir le Roy et la Court soubz lui, ainsi qu'ilz avoient fait
ledit maistre Clement, afin que ou fait et service de la Court n’eust faulte, à quoy iceulx clers en eulx excusans avoient respondu qu’ilz s’estoient disposez d’aler à l’escolle et faire aucuns fais d’escolle‘, par quoy bonnement n’y puent entendre. Si a requis et supplié icellui de lEspine tres humblement à ladicte Court qu'il lui plaise pourveoir sur ces choses, tellement que quant le Roy nostre sire ou monseigneur le Chancelier vendront par deçà, aucun inconvenient n’en puist estre fait ou imputé à ladicte Court, ne audit de l’'Espine?.
Conseil, XV (X!* 1481), fol. 111 r°.
1. Philippe Bouron et Jean Jouglet sont cités parmi les licenciés en décret reçus, le premier le 19 mars 1436, le second le 30 mars 1428 (n. st.).
2. A partir de cette date, on ne rencontre plus de mention spéciale concernant l'office de greffier civil. Du reste, à cause des événements politiques, les séances du Parlement furent rares en 1436; au mois d'avril, elles cessent même complètement. Elles ne reprirent régulièrement qu'au mois de décembre 1436. A cette date, à la séance d'ouverture, Clément de Fauquembergue figure parmi les conseillers clercs. Le nouveau greffier civil est alors Jean de Blois.
Samedi, vij° jour de janvier.
Au Conseil furent messeigneurs m° Robert Piedefer, president, m° Jaques Branlart?..., lesquelx eurent advis et deliberacion sur ce que led. Branlart leur dist et exposa qu'il avoit oy et entendu de pluseurs notables et bonnes personnes, desirans le bien et conservacion de ceste cité, que le peuple et grant partie des bourgois d’icelle estoient très mal contens que on ne pourveoit aux grans perilz et inconveniens que on voit avenir de jour en jour, dont on estoit en voye et dangier de la totale perte et destruction de ceste dicte cité et des habitans en icelle, se briefment n’y estoit pourveu. Et disoit on que le prevost des marchans et eschevins deussent sur ce assembler sages et bonnes personnes, tant conseilliers comme bourgois, et bienveillans pour y adviser et pourveoir, mais ilz n’en faisoient riens, dont on estoit bien esbahy, et en estoit très grant murmure au peuple, et doubtoit on très fort qu’il s’en ensuist esclande, et pour ce disoient ceulz qui en avoient parlé audit Branlart, qu’il leur sembloit en verité
1. Nous avons pensé, pour compléter le Journal de Clément de Fauquembergue, qu’il serait intéressant de donner, à la suite, quelques extraits tirés du registre du Conseil, se rapportant aux événements qui se succédèrent à Paris jusqu’à la fin de l’occupation anglaise et au début du nouveau régime.