NOTICE BIOGRAPHIQUE. XVII
gogne, occupé à réunir ses forces pour combattre « Charles de Valois » et ses partisans, entrés récemment à Troyes, à Châlons, à Reims et à Laon; mais, avec le scepticisme qui caractérise souvent ses réflexions, notre greffier ne paraît pas compter beaucoup sur le concours de Philippe le Bon. « Dieu, dit-il, sera juge de ses intentions. »
Parmi les témoignages contemporains de la mission de Jeanne d'Arc, l’un des plus connus et des plus fréquemment invoqués est celui du greffier Clément de Fauquembergue, qui est d'autant plus précieux qu’il reflète l’état d'esprit existant dans le milieu anglo-bourguignon. La première mention relative à Jeanne d'Arc dans le Journal de Fauquembergue est le récit de la prise de la bastille des Tourelles, le 7 mai 1429, par les gens de guerre français, « qui, dit notre greffier, avoient en leur compaignie une pucelle seule ayant banniere entre lesdis ennemis, si comme on disoit ». Ce brillant fait d'armes, connu à Paris le mardi 10 mai, fit sur Fauquembergue une forte impression qui se trahit dans ce commentaire personnel du greffier : Quis eventus futurus, novit Deus, bellorum dux et princeps potentissimus in prelio. Le récit de Fauquembergue est, comme l’on sait, accompagné en marge d’un petit croquis à la plume, représentant une femme à mi-corps, tête nue, la main gauche appuyée sur la garde de son épée et tenant de la main droite sa bannière avec le monogramme de Jésus. Ce portrait de pure fantaisie, qui nous montre Jeanne d'Arc vêtue d’une robe, avec de longs cheveux, a de tout temps défra yé la curiosité, parce qu'il est l’œuvre naïve d’un contemporain de l'héroïne. Le nom de Jeanne d'Arc revient encore sous la plume de Fauquembergue, lorsqu'il insère dans le registre du Conseil la relation de la journée de Patay, où les Anglais furent défaits par les Français, « en la