CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE, HOMME D'ÉGLISE
Il était de règle au xv° siècle que le greffier civil du Parlement, personnage important, puisque Fauquembergue avait abandonné son siège de conseiller aux Enquêtes pour devenir greffier, füt pris parmi les clercs; non seulement le greffier, mais aussi les deux clercs du greffe étaient hommes d'église : cette règle ne souffrait point de dérogation. L’incident qui se produisit à la fin de la carrière de Clément de Fauquembergue nous en fournit un exemple. Comme l'occupation anglaise touchait à sa fin et que Fauquembergue avait jugé opportun de quitter Paris pour se retirer à Cambrai, Jean de l’Épine, greffier criminel, fut chargé provisoirement de gérer le greffe civil; à ce moment, les deux clercs de Fauquembergue refusèrent absolument de rester, ne voulant, dirent-ils, eux clercs et gens d'église, demeurer sous un greffier criminel qui était laïc. D’ordinaire, la personnalité ecclésiastique du greffier civil n’apparaît guère dans les registres du Parlement ; Nicolas de Baye, qui était chanoine de Notre-Dame et curé de Saint- Jacques-de-la-Boucherié, ne le dit jamais expressément, il se contente à chaque rentrée du Parlement de marquer qu’il est du diocèse de Châlons. Clément de Fauquembergue agit de même; depuis son entrée en fonctions jusqu’en 1421, il se donne comme appartenant au diocèse d'Amiens; ce n’est qu’au 14 novembre 1422 qu'il prend le titre de doyen (du chapitre d'Amiens), le seul d’ailleurs qu’il ait fait figurer sur les registres de la Cour jusqu’à la fin de son exercice.