‹ Journal de Clément de Fauquembergue, greffier du Parlement de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de l'histoire de FranceChapitre 6 sur 131 · VI NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VI NOTICE BIOGRAPHIQUE

décesseur Nicolas de Baye. Le nouveau greffier, en se voyant mis à l'écart, laisse parfois percer un peu de dépit ; ainsi, le 28 mai, en mentionnant sèchement la venue du Chancelier et de membres du Grand Conseil en la Tournelle criminelle, il ajoute : Quoy faire? Nescio, quia non fui.

Par lettres du 4 août 1417, Charles VI imposa à ses sujets le renouvellement du serment de fidélité à sa personne et à celle du Dauphin, son fils ; le 5 août, lecture de ces lettres fut donnée au Parlement, dont tous les membres sans distinction durent prêter serment. Fauquembergue se trouve sur la liste en tête des greffiers et notaires du Parlement. Cette prestation de serment n’empêcha nullement les Armagnacs de dresser à la fin de ce même mois d’août une liste de proscription comprenant un certain nombre de conseillers et officiers du Parlement, suspectés d’être partisans du duc de Bourgogne. Un seul greffier y figure, Jean du Bois, greffier criminel. On peut se demander à quel parti appartenait Fauquembergue; était-il Armagnac? était-il Bourguignon? Notre greffier, très circonspect, très mesuré dans son langage, ne le laisse pas soupçonner. Son récit de l'entrée des Bourguignons à Paris, le 29 mai 1418, ne donne pas d'impression personnelle; Fauquembergue se borne à dire que, grâce à la connivence de huit ou neuf personnes de petit estat, cette entrée ne rencontra aucune résistance; il reconnaît pourtant que, pour la population parisienne, « ladicte entrée et venue fut moult joyeuse et agreable ». Deux faits semblent l’avoir particulièrement frappé, la perte des sceaux de la Chancellerie, au milieu du tumulte, et les roberies et emprisonnements au mépris de toute justice; aussi c'est avec satisfaction qu'il enregistre les défenses du nouveau prévôt de Paris pour obvier à ces

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