Suivent les noms de quinze conseillers
de fait de marchandise de peleterie à Paris, et qui par ledit arrest sont tenus d’aler exposer en vente esdictes basses merceries leurs denrées au jour de samedi, getteront au lotz de nouvel, bien et deument et sans fraude, pour le paiement du terme de saint Jehan derrain passé et aussi pour le terme de Noël prochain venant, et de lors en avant deux fois l’an, selon la teneur dudit arrest. Et oultre ladicte Court ordonne par maniere de provision et jusques à ce que par elle en soit autrement ordené que lesdis peletiers marchans ne pourront estre plus de trois à ung desdiz estaulz desdictes basses merceries, et qui vouldra estre en maindre nombre à ung chascun d’iceulz estaulz, estre y pourra en paiant le taux ordené par
ledit arrest.
Conseil, XV (X!*1481), fol. 60 r°.
Mardi, second jour de septembre.
Ce jour, maistres Phelippe Le Begue et Jehan de Voton, conseilliers du Roy, en continuant la poursuite qu'ilz avoient fait par pluiseurs journées de par la Court devers le duc de Bedford, regent, pour avoir paiement des gaiges d’icelle Court pour cest present Parlement, dont on n’avoit fait paiement que pour trois mois, retournerent derechief devers ledit regent qui estoit en l’ostel des Tournelles, ou jardin devant le colombier, et parlerent à lui à bon loisir, en lui remonstrant entre autres choses les promesses du Roy et de lui sur ledit paiement qui n'avotent mie esté acomplies, requerans provision de paiement. A quoy ledit de Bedford fit response comme par avant qu'il y feroit pourveoir.
Mecredi, troizieme jour de septembre.
Furent au Conseil les presidens et conseilliers lays de Parlement pour conseillier l’arrest d’entre maistre Guillaume Cornays et sa femme, demandeurs, d’une part, et Jehan Le Mareschal et sa femme, defendeurs, ut in registro magistri Johannis de Spina, grapherti criminalis. Et survindrent audit Conseil maistre Thomas Fassier, maistre des Requestes de l’Ostel, messire Simon Morhier, prevost de Paris, maistre Jehan Larchier, son lieutenant criminel, pour avoir advis et deliberacion sur le contenu en certaines informacions touchans l’abesse et aucunes des religieuses de Saint- Anthoine et autres, que on disoit estre consentans et coulpables d’aucunes conspiracions contre la ville de Paris‘. Et, ce jour, ladicte abbesse fu prise et mise de fait hors de la franchise de son eglise et amenée au Chastellet de Paris prisonniere par ledit prevost, sondit lieutenant, et autres examinateurs et sergens dudit Chastellet?.
Conseil, XV (X 121481}, fol. 60 v°-61 r°.
1. Le fait mentionné par Clément de Fauquembergue, qui se borne à renvoyer au registre criminel de Jean de l’Épine, malheureusement perdu, est également signalé par l’auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 287; d’après son récit, l'abbesse de Saint-Antoine et aucunes de ses religieuses avaient projeté, avec la connivence du neveu de l’abbesse, de faire entrer par la porte Saint-Antoine les partisans de Charles VII. Émerance de Calonne ne tarda guère à être mise en liberté et rentra dans son abbaye. Après la reprise de Paris par le roi de France, on fut obligé, en 1439, de procéder à une enquête sur sa gestion (voir la note consacrée à cette abbesse, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 287, note 2).
2. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 594.