a8 éclaircissbmens
mens de sa vie , surtout depuis le mémorable événement
arrivé du temps de Ricbard (i).
Malgré la présence de deux sentinelles posées tons la fenêtre de la cour , les prisonniers qui avaient la faculté de s'y promener , trouvaient le moyen , en parlant trèa-hant y d'instruire la Reine de ce qui pouvait l'intéresser. Ce fut par ce moyen qu'elle sut à l'avance le jour où elle devait monter an tribunal (a).
- Je ne dirai qu'un mot de cette horrible catastrophe. EUe filt pour mon mari une agonie mille fois plus douloureuse que celle qui , peu d'annés après , devança le dernier moment de sa vie. Il savait à chaque instant tous les détails de cette procédure monstrueuse qui était accompagnée de mille outrages , et qui fit de la condamnation elle-même une espèce de bienfait. La Reine sortit du tribunal bien avant dans la nuit. Son courage n'était point abattu ; sa contenance était toujours noble , mais modeste et résignée. Mon mari se trouvait à son arrivée; elle lui demanda tout ce qu'il fallait pour écrire, et fut sur-le-champ obéie. Il me dit le jour même : • Ta pauvre » Reine a écrit ; elle m'a donné sa lettre , mais je n'ai pu la m remettre à son adresse ; il a fallu la porter à Fouquier. » Nous ignorions , avec toute la France , ce qu'était devenu ce monument de tendresse maternelle , de piété et de courage.
(i) Voyez à ce sujet ce qui concerne M. Tabbë Magnien dans la no^te de Fourrage déjà cite, pages 370 et suiyanteSnJesas dés lors qu'an digne ecclésiastique , sous le nom de Charles , bravait tous les dangers peur sHntroduire dans la prison et porter aux détenus les consolations de la religion ; mais je n'avais pas l'honneur de le connaître. Pai'su depuis que ce' courageux apôtre de la foi était M. l'abbé Magnien , aujourd'hui curé de Saint-Gef main-1'Auxerrois.
(a) Cette fenêtre était , comme celles de toutes les chambres de secret, masquée par une espèce de hotte en planches, qui empêchait de voir, mais non pas d'entendre.
HISTORIQUES. 32g
Le ciel nous Ta rendu par un de ces moyens admirables qui m'appartiennent qu'à sa toute-puissance, et qui attestent son ineffable bonté.
Telles sont les principales circonstances de cette douloureuse époque qui se retracent à mon esprit. L'impression qu'elles m'ont laissée au fond de l'âme m'a empêcbée jusqu'ici d'en fixer le souvenir par écrit. On m'a invitée à le faire pour suppléer à l'insuffisance et corriger l'inexactitude de quelques autres récits qu'on s'est empressé de publier sur des traditions incertaines. J'ai obéi uniquement dans les intérêts de la vérité. A mon âge et dans ma position on n'est point guidé par d'autres vues. Ce n'est point une relation de circonstances étrangères, c'est un témoignage rendu sur des événemens qui me sont personnels; c'est un acte où je me bâte de déposer des faits dont je suis l'un des derniers témoins, pour l'acquit de ma conscience , pour l'bonneur de la mémoire de mon époux, pour celui de mes enfans , et surtout pour consacrer un juste bommage à la plus haute vertu qui ait depuis long-temps honoré les grandeurs du trône et mérité les récompenses du ciel.
(D) , page 255.
Une préoccupation , dont je n'ai pas été le maître , ne m'a pas permis de garder la date précise de notre visite au Temple ; mais voici les faits.
Les affreux verroux s'ouvrent avec fracas à notre présence , et les sbires prennent les armes ; déjà nous avions monté quelques marches de l'escalier de la tour à l'ouest de l'horrible prison, lorsqu'une voix lamentable, sortie par un guichet placé sur cet escalier , et qui eût plutôt annoncé la retraite d'un animal immonde que celle d'un homme , suspendit notre marche.
Précurseur effrayant de la tâche que nous avions à remplir ,
5So éGL4I1K3t«KVBRS
cette voix fit sur mes cotlègves et nir émI qb effet queriet ne peut exprimer. Nous Atout arrètott», now fcate rr ogeong » et nous apprenons que cette loge , que ce cachot obscur itsafermaît un ancien valet de chambre de Louis XYI. J'ai oublié son nom.
J'atteste ici que le fait était absohmeiit iuoonAa des comité» du gouyernement ; le lieu faisait bonreur à voir ; mais y étfe renfermé , quelle situation !
Le prisonnier nous exposa sa plainte , il demanda ss liberté ; nous lui observâmes que nos pouvoirs ne s'étendaient pss jusque-là. Hélas ! ils étaient sans mesur» pour fidre le mal.
Alors il demanda à changer au moins de lieu provismremeut ; nous y consentîmes , non-seulement sans peine » mais les Larmes aux yeux , et nous chargeâmes les commissaires cb la commune , qui nous accompagnaient , de Texécution de notre arrêté.
Cela fait , nous arrivâmes bientôt après à la porte , sous l'affreux verrou de laquelle était enfermé le fils iatftoient , le Sk unique de notre Roi , notre Roi lui-même , dix om doaee marches peut-être au-dessus du guichet dont je viens de parler.
Le cœur me palpitait d'une force indicible, et mes collègues n'étaient pas plus tranquilles ni moins pâles que moi ; nous nous observions mutuellement, mais avec une sympathie si expressive de peines et d'intention , que rien ne peut la peindre , et que nous nom entendione sans mous expliquer.
La clef tourne avec bruit dans k serrure , et la porte ouverte nous offre une petite antichambre fort propre, sans autre meuble qu'un poêle de faïence qui communiquait duus la pièce voisine, par une ouverture dans le mur de séparation, et que Ton ne pouvait allumer que par oette antichambre ; les commissaires nous observèrent que oette précautions avait été prise, pour ne pas laisser du feu à la discrétion d'um enfant. Cette autre pièce était la chambre du Prince , et dMss k-
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qaeUe était son lit ; elle était fent»é« en dahors , il (aflut encore rourrir ; ce noutetnetit de d^s et de verroux porte à l'âme un noir d'autant plot pénible» que ,1a réflexion ne fait ^7 ajouter , aii lieu de k dissiper.
Le Prince était assis aaprèa d'une petite ta2>le carrée , sur iaqoeUe étaient éparses beaucoup de cartes k jouer ; quelques^ mnés étaient pkées en forme de botte et d« caisse , d'autres élerées en châteavx ; ii était ocelipé de ees cartes lorsque nous emUimes, et il ne quitta pas son jeu.
n était eouvert d'un ha}»it neuf à la matelot , d'un drap couleur ardcûse ; sa tête était nue , la ckaipbre propre et bien éclairée.
Lé lit se composait d'une couchette en bois , sans rideaux ; la coucher et le linge nous parurent beaux et bons. Ce lit était derrière là porte , k gauche en entrant ; plus loin , du même coté , était un autre bois de lit sans coucher , placé aux pieds du premier; une porte fermée entre les deux communiquait à une autre pièce que nous n'avons pas vue.
Les commissaires nous dirent que ce lit avait été celui d'un savetier , nommé Simon , que la municipalité de Paris , avant la mort de Robespierre , avait établi dans la chambre du jeune jxince, pour le servir et le garder. On sait assez avec quelle barbarie ce ùonstre s'est acquitté de ces deux fonctions.
On sait que ce scélérat se jouait cruellement du sommeil de son prisonnier ; que , sans égard pour son jeune %e , pour lequel le sommeil est un besoin si impérieux^ il l'appelait à diverses reprises la nuit, en lui criant : Capel,^^. Cap€t. Le prince répondait : Mt veilày Citoyen,,, Approche y que je ée cnie , répliquait le tigre : l'agneau approchait. La plume se refuse à tracer le reste : l'exécrable bourreau sortait sa jambe du lit , et , d'mm coup de pied lancé partout où il pouvait atteindre , il étendait sa victime par terre , en lui criant : Fa U eouthery iom^temi. O cielJ et la vengeance divine se bornerait « à la vie que ce mronstre a perdue avec Robespierre !
5S2 £CLumctfi«auais
Ceci a dé^ii «ié écrit ; Mais je le nppofte parce (p^laonnfuicttiref ium» ea firent wi néctt dost le aosveair hm £■!£»- «osaer ciia<|iie fok qu'il ae préfente.
Aprèf avoir re^ cet affrenx détaik pirHiinairei , je m approchai da Prince ; not nuyavemens ne aendilaieiit faire ancnae imprettion tar Ini ; je lui dis que le ywrrerngMCttt , iutrak trop tard du. maaTaif état de ta «anté et da refus «{u^fl bàM de prendre de rexercice et de répondre aux questions qa oa loi disait à cet égard , ainsi qu'aux propositions qaoi lai avait faites d'employer quelques remèdes et de recevoir la Yiffita d'an médecin , nous avait envoyés près de loi pour nous assurer de tous ces faits , et lui renouveler nous-mêmes en son nom toutes ces propositions ; que nous désirions qu'elles lui fussent agréables , mais que nous nous permettrions àj ajouter le conseil et le reproche même s'il persistait à garder le silence et à ne vouloir point prendre d'exercice ; que nous étions autorisés à lui procurer les moyens d'étendre ses promenades et à lui offrir les objets de distraction et de délassement qu'il pourrait désirer, et que je le priais de vouloir bien me répondre si cela lui convenait.
Pendant que je lui adressais cette petite harangue, il me regardait fixement sans changer de position , .et il m'écoutait avec l'apparence de la plus grande attention ; mais pas un mot de réponse.
Alors je repris mes propositions comme si j'eusse pensé qu'il ne m'avait pas entendu, et je les lui particularisai à peu près de cette manière :
N Je me suis peut-être mal expliqué , ou peut-être ne m'a- M vox*vou8 pas entendu. Monsieur ; mais j'ai l'honneur de M vous demander si vous désirez un cheval , un chien , des w uifieaux, des joujoux de quelque espèce que ce soit, ud u ou plusieurs compagnons de votre âge que nous vous » présculerons avant que de les installer près de vous;voa- » lex-vous, dans ce moment, descendre danï le jardin ou
u monter sur les tours ; désirez- vous des konbous? des gâ- » teaux , etc. , etc. ?»
J'épuisai en vain toute la nomenclature des choses qu'on peut désirer à cet âge ; je n'en reçus pas un mot de réponse , pas même un signe ou un geste , quoiqu'il eût la tête tournée vers moi, et qu'il me regardât avec une fixité étonnante qui exprimait la plus grande indifférence.
Alors je me permis de prendre' un ton un peu plus prononcé, et j'osai lui dire : <c Monsieur, tant d'opimiâtreté à votre âge » est un défaut que Hen ne peut excuser ; elle est d'autant M plus étonnante que notre visite, comme vous le voyez, a » pour objet d'apporter quelque adoucissement à votre situa- » tion , des soins et des secours à votre santé ; comment vou- ]» lez-voYis qu'on y parvienne si vous refusez toujours de ré- » pondre et de dire ce qui vous convient? Est-il une autre » manière de vous le proposer ? Ayez la bonté de nous le » dire , nous nous y conformerons. »
Toujours lo même regard fixe et la même attention, mais pas un seul mot.
Je repris : « Si votre refus de parler , Monsieur , ne com- » promettait que vous, nous attendrions, non sans peine, » mais avec plus de résignation , qu'il vous plût de rompre le u silence , parce que nous devons en conjecturer que votre » situation vous déplaît moins sans doute que nous ne le peu- M sions , puisque vous ne voulez pas en sortir ; mais vous ne » vous appartenez pas; tous ceux qui vous entourent sont » responsables de votre personne et de votre état ; voulez- » vous les compromettre, voulez-vous nous compromettre » nous-mêmes? car quelle réponse pourrons-nous faire au » gouvernement dont nous ne sommes que les organes ? Ayez » la bonté de me répondre , je vous en supplie, ou bien )> nous finirons par vous l'ordonner. »
Pas un mot, et toujours la même fixité.
J'étais au désespoir et mes collègues aussi ; ce regard sur*
S54 éCtJLIlOIMtHtlIS
tout trait nn tel cânctère de réfAgtÈ^/âou et d'mdifféffeBce, €fu"û semblait nous dire : Que m'importe? achetez votre pwctimtl Je le répète, je n'en pouvais plos, moa c«ar we gonflait et je fus prêt à céder aux lannes de la plus amère douleur ; maii quelques pas qae je fis dans la chambre me remireBt et me confirmèrent dans l'idée d'essayer TciFet du coflamandenient , ce que je tentai en efiet en me plaçant toitl piaès et à la droite dn prince, et en lui disant -.'Monsieur^ mfu ht CQmpiaismnct de me donner là main ; il me la présenta , et je sentis en prolongeant mon mouvement jfMque sons l'aÎMeUe y une tuneor au poignet et une au eoude , comme des nodat9; il parait que ces tumeurs n'étaient pas douloureuses , car le prinee ne leté> moigna pas.
L'autre main , Monsieur. Il la prësenta- tutm ; il n'y afait rien.
Permettez j Monsieur, que je touche aussi iH>s jambes et vos genoux; il se leva, /e trouvai les mêmes gromeurs aux deni genoux , sous le jarret.
Placé ainsi , le jeune Prince avait le maintien du rachit^sne et d'un défaut de conformation ; ses jambes et se» cuisses étaient longues et menues , les bras de même , le buste trèscourt, la poitrine élevée, les épaule» hautes et resserrées, It tête très-belle dans tous ses détails ; le teint clair , maïs sans couleurs ; les cheveux longs et beaux , bien tenus , châtainelair.
Maintenant, Monsieur, ayez la complaisance de nuireher. H le fit aussit6t en allant vers la porte qui séparait les deUK lits, et il revint s'asseoir sur-le-champ.
« Pensez-vous , Monsieur , que ce soit li de 1^ exercice , et » ne voyest-vous pas au contraire que cette apathie seule est la » cause de votre mal et des accidens diont vou^ êtes menacé ? M Ayez la bonté d'en croire notre expérienee et notre zHe , » vous ne pouvez espérer de rétablir votre santé qu'en défé- » rant à nos dcnnandes et à nos conseils. : nous vous enverrons
HISTOIUQUBS. 555
M on médeetft , et nom espérons que vovi yeadrei bien lui M répondre : faite*-noas signe au moins qne cek ne vous <U- » plaira pas. »
Pas un signe , pas un mot.
(c Monsieur, ayez la bonté de marcher encore et un peu plus » long*temps. »
Silence et refus ; il resta sur son siège , les coudes appuyéf sur la table; ses traits ne changèrent pas un seul instant» pas la moindre émotion appu^ente ^ pas le moindre étonne^ ment dans les yeux , comme si nous n'eussions pas été là et comme si je n'eusse rien dit : j'obserre que mes collègues ne parlèrent pas.
Nous nous regardions d'étonnement, et nous faisions quelques pas l'un vers l'autre pour nous communiquer nos réflexions , lorsqu'on apporta le dîner du Prince.
Nouvelle scène de douleur : il faut l'avoir vue et éprouvée , pour la croire.
Une écuelle de terre rouge contenait un potage noir couvert de quelques lentilles; dans une assiette, de la même espèce, était un petit morceau de bouilli noir aussi , et retiré» et dont la qualité était asses marquée par ces attributs : une seconde assiette dont le fond était rempli de lentilles , et une troisième dans laquelle étaient m châtaignes plutôt brûlées que rèties , un couvert d'étain , point de couteau ; les commis^ saires nous dirent que c'était l'ordre du conseil de la commune i et point de vin.
Tel éuit le dtaer du fils de Louis XVI, de l'héritier de s^xaniesix rois; liel était le traitement fait à l'innocence^
Dans ranticham2»« nous ordonnâmes que cet exécrable ordre de choses serait changé à l'avenir , et que l'on commencerait à l'initast même à ajo«ter à son dîner quelques friandises et surtout du Irpit ; je voulus qu'on lui procurât du raisin qui était rare alors.
L'ordre ayant été donné pour cela , nous rentrâmes, il avait
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tout mangé. Je loi demandai s'il était content de son dîner , point de réponse ; s*il désirait du fruit , point de réponse ; s'il aimait le raisin , point de réponse. Un instant après le raisin arriva , on le plaça sur la table , et il le mangea sans rien dire. En désirez-vous encore? Point de réponse.
Il ne nous fut plus permis de douter alors que toutes les tentatives de notre part, pour en obtenir une réponse, seraient inutiles ; je lui fis part de notre détermination, et je lui dis qu'elle était d'autant plus pénible ponr nous, que nous ne pouvions attribuer son silence à notre égard qu'au malheur de lui avoir déplu ; que nous proposerions en conséquence aa gouvernement , de lui envoyer des commissaires qui lui seraient plus agréables.
Même regard, mais point de réponse. <c Voulez-vous bien , M Monsieur, que nous nous retirions? » Point de réponse.
Cela dit, nous sortîmes ; la première porte étant fermée , nous restâmes un quart-d'beure dans l'antichambre, à nous interroger mutuellement sur ce que nous venions de voir et d'entendre , et à nous communiquer nos réflexions et les observations que chacun de nous avait faites à cet égard , ainsi que sur le moral et sur le physique du jeune Prince.
D'après le récit que je viens de faire , qui est exact , et dont j'ai plutôt abrégé qu'étendu les détails, tout le monde pent faire et fera sans doute les mêmes réflexions et les mêmes ol>servations que nous; ainsi je ne les répéterai pas.
J'ai dit les motifs auxquels les commissaires attribuaient le silence opiniâtre du prince. Je leur demandai, dans l'antichambre, si ce silence datait réellement du jour où la pins barbare violence lui avait fait faire et signer l'odieuse et absurde déposition contre la Reine, sa mère ; ils renouvelèrent leur assertion à cet égard , et nous protestèrent que depuis le soir de ce jour-là, le Prince n'avait pas parlé.
Après avoir présenté cette anecdote à l'éternelle douleur des âmes sensibles , je la livre aux observateurs de la nature. Est-il
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possible €fa'k Tâge de neuf ans an enfant puisse former nne telle détermination et y persévéï^er ? c'est ce qui n'est pas vraisem- Uable sans doute ; mais je réponds à ceux qui douteraient ou qui nieraient , par un fait et par des témoignages que j'indique et auxquels on peut recourir.
J'ignore si ce jeune Prince a parlé à M. Dessault , lorsque ce médecin est allé le voir, parce que peu de jours après notre visite au Temple , nue intrigue me fit nommer par la Gonven'* tion commissaire aux Grandes-Indes. Je partis à cet efPet pour Brest , où je restai plusieurs mois , et à mon retour j'appris que le malade et le médecin étaient morts , et celui-ci sans avoir laissé de notes ou de mémoires ; c'est ainsi qu'on me l'a dit.
Quoi qu'il en soit , avant de sortir de Fanticliambre du Prince, mes collègues et moi nous convînmes que pour l'honneur de la nation qui l'ignorait , pour celui de la Convention qui , à la vérité , l'ignorait aussi , mais dont le devoir était d'en être instruite , pour celui de la coupable municipalité de Paris elle-même, qui savait tout et qui causait tous ces maux, nous nous bornerions à ordonner des mesures provisoires qui furent prises sur-le-champ , et que nous ne ferions pas de rapport en public , mais en comité secret , dans le comité seulement ; ce qui fut fait ainsi.