‹ Journal de deux voyages apostoliques dans le Golfe Saint-Laurent et les provinces d'en bas, en 1811 et 1812Chapitre 3 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

lecture d'aventures et d'exploits fabuleux qui le plus souvent révoltent le sens commun et l'imagination ?

L'intention de notre regretté président, feu l'abbé Ferland, avait d'abord été de publier ce Journal à la suite de la Vie de l'évêque Plessis ; les circonstances l'obligèrent d'ajourner ce projet ; nous croyons donc exécuter ses dernières volontés en saisissant la première occasion qui nous est oiferte de livrer ce manuscrit à l'impression.

Il va sans dire que nous avons suivi fidèlement le texte du document, la seule liberté prise par nous ayant été de diviser le récit par chapitres, en indi« quant brièvement les principales matières de chacun d'eux.

Les noms de lieux ne sont pas toujours écrits de la même manière dans le corps du récit, et on les trouvera quelquefois orthographiés autrement qu'ils le sont aujourd'hui : ainsi, l'illustre voyageur appelle le plus souvent Gédaïque ce qu'on nomme maintenant Shediac ou Chediac qu'on prononçait probablement Chedaïk de son temps ; la mission de Mâgré, dont il est parlé à plusieurs reprises, est évidemment celle de la rivière Marguerie ou Margaree, sur les côtes du Cap-Breton ; Didiche^Naboujagan, CInmigoui, Taboujamtèque, Nigouek, sont appelés par Bayfield Telish^ Bouchagan, Shemogué^ Tabisintac^ Nigowac. Nous sommes loin de prétendre que Bayfield soit une autorité en cette matière, surtout lorsqu'on le voit appeler l'anse à Gris-Fond ou Griffon, Griffin's Cove^ la Table à Rolland, Table Rovlante, Pabos, Pabou, etc.

Nous croyons Porthographe adoptée par notre auteur généralement préférabi* à celle de la plupart des géographes anglais. Par une singulière inadvertance cependant, il appelle Baie des Winds une baie que la plupart des géographes, même anglais, appellent avec plus d'exactitude la Baie des Vents. Peut-être a-l-il voulu par là se moquer de ceux qui, comme Jeffery et autres, traduisent presque tous les noms propres, appelant, par exemple, Pile Percé, Pierced Islande la Baie des Chaleurs, Bay of Heats, le Grand Etang, Great Pond^ etc. On sait d'ailleurs que l'orthographe des noms de lieux a fait de tout temps le désespoir des géographes, et celui qui entreprendrait de restituer aux divers endroits de notre pays leurs véritables dénominations, rendrait à la science un service signalé. Espérons que quelque savant courageux se chargera un jour de cette tâche ardue mais éminemment utile.

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