‹ Journal de deux voyages apostoliques dans le Golfe Saint-Laurent et les provinces d'en bas, en 1811 et 1812Chapitre 4 sur 17 · JOURNAL DE LA MISSION DE · texte numérisé non relu

JOURNAL DE LA MISSION DE

De Québec à Percé.

Juin 4. — Mardi de la Pentecôte, départ de Québec, à 9 heures du matin. Le vent de nord-est ne permet d'aller qu'en louvoyant. A 1 1 J heures, on mouille au trou Saint-Patrice. Le nom de la goélette est V Angélique du port de 32 tonneaux, capitaine Aimé Dugast, équipage, Hyacinthe Marchand, Jos. Nanain ; passagers, Pévèque de Québec, M. L. J. Desjardins, prêtre, R. Gaulin, diacre, Louis Lemieux, domestique.

Pendant que le vent contraire continue de souiller et que les hommes de la goélette font du bois et de l'eau, nous nous rendons chez M. de Borniol, curé de Saint-Laurent ; on y dine, on y chante les vêpres, on y prêche, on donne le salut du S. -Sacrement, on y couche.

5. — Mercredi, la goélette vient nous prendre à Saint- Laurent ; le vent est sud-ouest, mais ne se soutient

pas. Nous embarquons à 6 heures. La goélette touche, en passant, sur la batture de Pisle Madame, mais n'échoue pas. Dans le cours de la journée, Joseph Nanain ayant voulu se servir de la longue-vue par nous empruntée de M. de Borniol, laisse tomber à Peau le grand verre et le cercle de cuivre qui le saisissait ; par quoi ce meuble nous devient inutile.

L'après-midi, le vent redevenu nord-est ne nous permet de nous rendre, en louvoyant, que jusqu'à la pointe aux Pins, au haut de Pisle aux Grues. La pluie se joint au vent, nous mouillons là et n'en partons que le lendemain, jeudi, après-midi, par un bon vent qui nous conduit à Sainte-Anne de la Grande- Anse. Nous y mouillons à deux lieues au large, dans la Traverse.*

7. — Vendredi, bon vent, quoiqu'un peu faible, beau Temps, l'ancre est levée à cinq heures du matin. Le soleil couchant nous laisse à la hauteur de Pisle du Bic ; le claire de lune invite le capitaine à continuer ?a route.

A cinq heures du matin suivant, nous nous trouvons au bas de la pointe aux Pères. f

Toute cette journée de samedi est remarquable par un grand calme. La journée entière du samedi est consumée sans pouvoir atteindre Matane.

Beaucoup de vaisseaux avaient été rencontrés les

* Oq appelle •' Traverse " une route qu'il faut faire vers le nord pour évite? les battures de Saint-Roch et de la Rivière Quelle.

t La Pointe aux Pères est à 3 lieues au-dessous de Rimouski.

deux jours précédents, se rendant à Québec ; aujourd'hui il n'en paraît que deux ou trois, à une longue distance vers le nord.

Depuis l'isle aux Oies la goélette se tient d'ordinaire à deux ou trois lieues de la côte du sud.

Jusqu'ici nous ne rencontrons ni baleineaux, ni marsouins, ni loups-marins, mais seulement quelques mauves.

9. — Dimanche de la Trinité, on aperçoit dès le matin quinze ou seize vaisseaux de la flotte montant à Québec.

Aux exercices ordinaires des jours précédents consistant dans la récitation commune de l'itinéraire, du bréviaire, de la prière du soir, et dans la lecture d'un chapitre du Nouveau Testament, nous ajoutons les prières pour le Pape ; on occupe l'équipage par deux lectures spirituelles dans cette journée, par quelques mots sur le mystère du jour, la récitation du chapelet à haute voix et le chant de quelques cantiques.

Le vent très-faible nous conduit dans la journée à la vue de M atane. Là sont établies quelques familles qu'il serait bon de visiter; mais on ne pourrait leur rendre ce service, qu'autant qu'il serait possible de voyager en barge ou en chaloupe, Matane est à 18 lieues à l'est de Rimouski.

La pointe d'Emond ou des Monts sur la rive nord du fleuve, se trouve en droite ligne, nord et sud, avec Matane, dont elle est éloignée de quinze lieues suivant l'estimation des navigateurs.

Le soir on amène toutes les voiles, nous restons à la drosse dans une agitation très-grande. M. Gaulin est atteint du mal de mer.

10. — Lundi dès le petit matin, le vent se met à Pest ; il ne pourrait être plus opposé à notre route ; il fraichit dans le cours de la matinée. La mer est très-grosse, la goélette agitée de manière à ne pouvoir tenir que très-difficilement sur le pont. Le capitaine louvoie et entre autres bords, en court un de six lieues vers le nord. Nous passons le Cap Chatte. Tout le monde est malade ou craint de Pétre ; on s'abstient de manger de crainte de provoquer le vomissement ; point de possibilité de prier en commun, chacun se tient au lit de peur de vomir, s'il reste assis dans la chambre, ou de tomber à Peau, s'il se hasarde sur le pont.

A midi la mer s'aplanit ; la pluie cesse de tomber, le vent diminue, nous nous rapprochons de la côte du sud. Il n'est plus possible d'apercevoir celle du nord, même par le plus beau temps, à raison de la trop grande distance.

Nous passons la rivière à Marthe, la rivière à Claude, et nous approchons de terre à la rivière à Pierre ; on met à la cape, on jette la ligne à la morue, à la faveur du calme rétabli, mais sans en prendre. Des sauvages passent en barge, c'est la famille d'Ignace qui vient de Gaspé et va s'établir à Matane. Elle emplit la barge, étant composée de 9 personnes et de quatre chiens, à quoi il faut ajouter tout Pameublement, la garde-robe et les provisions du pauvre voyageur. Il approche de la goélette, nous vend trois

morues fraiches, et quelques morceaux de flétan. Ce poisson fut le plat essentiel de notre diner qui n'eut lieu que le soir après sept heures, la tempête du matin ayant brouillé tous les appétits.

11. — Mardi, beau temps: vent d'ouest trop faible et s'affaiblissant encore. Nous passons cependant le mont Louis, la Madeleine, la grande et la petite Vallée.

Les sept isles au nord du fleuve sont directement en ligne nord et sud avec le mont Louis dont on estime qu'elles sont éloignées de 25 lieues. Voilà un fleuve bien élargi depuis Québec où il a à peine 21 arpents..

12. — Mercredi, grand calme, journée ennuyeuse, divertie seulement par la capture de trois morues. Nous drossons par les travers du Grand Etang, maladroitement pris pour la rivière au Renard.

L'Isle d'Anticosti est à la hauteur du Grand Etang qui fait le sud et le nord avec la pointe de l'ouest de la dite isle.

Fameuse par beaucoup de naufrages, elle ne les provoque néanmoins pas par les courants qui y portent, comme on le croit communément. Nul vaisseau qui ne puisse s'en préserver, s'il s'en tient à quelques lieues, comme il est toujours aisé de le faire, puisqu'elle est à 18 lieues de la côte est du fleuve. Mais elle est très-basse, et voilà pourquoi plusieurs vaisseaux sont rendus sur ces gallets avant de soupçonner qu'ils en approchent. Les brumes produisent souvent ces illusions. Nous ne l'aperçûmes pas, quoique

ce jour-là et le suivant, nous fussions à environ dix lieues de la côte dont elle est éloignée de dix-huit.

13. — Jeudi, fête du S. -Sacrement, nous continuons de drosser dans le grand calme, tandis que les autres ministres de la religion célèbrent avec les fidèles le grand mystère auquel ce jour est consacré. Privé de cette consolation, peut-être indigne d'y participer, nous y suppléons par les exercices ordinaires, auxquels on ajoute en faveur de l'équipage la récitation des prières de la sainte messe, la lecture d'un sermon, le chant de quelques cantiques.

Un brig allant de Terreneuve à Québec passe auprès de nous, tout le monde dansant à bord comme nous faisions nous-mêmes et par l'effet du même roulis fort incommode dans ces parages. Il nous remet une lettre de l'évêque de Chytre, que notre capitaine, assisté de Joseph, va en chaloupe recevoir à bord. Il était environ midi. Le vaisseau drossant toujours s'éloigne bien vite de nous.

Vers le soir, le vent s'étant élevé du nord, nous rapproche de terre d'environ 8 lieues par une seule bordée ; quant il fallut prendre la bordée suivante, le vent n'y était plus.

Notre capitaine est un aimable garçon, honnête, gai, religieux, complaisant, capable de sacrifier quelque chose pour obliger ses passagers. Il montre cependant quelque répugnance à faire le voyage des isles de la Madeleine ; il n'en était pas convenu, et il y avait pour lui peu d'apparence de s'y défaire avantageusement de sa cargaison. M. Desjardins le presse

et entrevoit qu'il ne sera pas impossible de l'y déterminer.

14. — Vendredi, le calme continue. Les voiles ne restent tendues, comme les deux jours précédents, que pour soutenir la goélette et diminuer le roulis.

Heureusement les provisions ne manquent pas à bord ; M. Desjardins y a pourvu abondamment ; la gaieté manque encore moins ; le motif du voyage sert à en adoucir les ennuis. Du reste c'est une vie trop monotone pour n'être pas un peu ennuyante ; le mouvement endort ; dans la chambre la tête tourne, sur le pont, on craint de tomber à l'eau ou d'embarrasser la rpanœuvrc, on ne sait quelle place choisir pour étudier : la nécessité d'être toujours assis produit réchauffement, il faut donc se coucher et dormir, et c'est le parti que prennent généralement à bord de cette goélette et les passagers et les matelots tour à tour.

Quelques baleines se jouant dans les flots, à une assez grande distance de nous, font une petite diversion à la monotonie du calme de ces trois jours.

15. — Samedi de grand matin, le vent se déclare nord-ouest ; c'est celui que nous désirions pour perdre enfin de vue le Grand Etang. Il fraîcliit au petit jour et s'accroît après le soleil levé. Nous côtoyons d'assez près la rive de l'est. Cette proximité donne lieu d'observer avec admiration les différentes beautés que la nature nous présente successivement et rapidement, la grande et la petite rivière au Renard, l'anse au Gris-Fond, le cap des Rosiers qui est proprement le point qui sépare le fleuve d'avec le golfe, et sur l'ex-

trémité duquel M. Desjardins reconnaît la croix qu'il a plantée étant missionnaire de la baie des Chaleurs, et l'habitation de M. Connors, son vénérable paroissien.

Le cap des Rosiers paraîtrait avec plus d'avantage s'ils n'était avoisiné par le Fourillon qui n'en est séparé que par une moyenne anse.

Le Fourillon est un cap dont le contour ne pourrait être mesuré que par une ligae d'environ 60 arpents. li est coupé comme serait la muraille d'une forteresse à plus de 200 pieds de sa moyenne hauteur et orne magnifiquement la baie de Gaspé qu'il borne d'un côté, et qui est bornée de l'autre par la pointe Saint- Pierre.

La baie de Gaspé a 8 lieues de profondeur suivant les uns, 12 suivant les autres, 9 dans la réalité ; nous n'y entrâmes point, mais de l'ouverture qui est trèslarge, nous en pûmes apercevoir tout le contour. Là se trouve l'habitation de M. Marsy, celle de M. Aug. LehouUier, et de plusieurs autres qui entretiennent des pêcheurs et font le commerce de la morue. Il y a aussi dans le fond une ville désignée sous le nom de '' Douglastown," d'abord occupée par des familles loyalistes Américaines qui s'en sont retirées o^raduellement et n'ont pas été remplacées.

Le vent très-officieux passe du nord-ouest au nord, puis au nord-est, comme pour suivre la déviation de la côte qui va aussi tournant de l'est au sud-est et de là au sud-ouest.

La pointe Saint-Pierre est une côte riante, formée

d'un côté par la baie de Gaspé, de l'autre par une baie moins considérable nommée Malbaie ou baie des Morues. Cette pointe est habitée par une dizaine de familles canadiennes ou irlandaises. Il y a une chapelle qui sera visitée lors de la mission de Percé, c'est-à-dire après les églises de la baie des Chaleurs, comme celles-ci le seront, Deo volente, après les isles de la Madeleine pour le voyage desquelles le capitaine se décide enfin, sur l'offre de quatre piastres par jour jusqu'à notre retour à Carleton, et à condition de ne se mettre en route qu'après avoir fait de l'eau douce dont nous allions manquer ; pour cela il fallait arriver à Percé qui est à 3 lieues au-dessous et au sud-ouest de la pointe Saint-Pierre. Nous y arrivâmes le même jour avant-midi, c'est-à-dire, après onze jours révolus depuis notre départ de Québec.

Percé— Les Iles de la Madeleine— Mœurs des Habitants— Chasse au Loup-marin — Pêche de la Morue, etc.

Percé est une des positions les plus pittoresques que l'on puisse imaginer. C'est un amphithéâtre divisé en deux villages, l'un occupé principalement par des Irlandais, Pautre par des Canadiens, séparés l'un de l'autre par le Mont- Joli qui s'avance hardiment

vers la mer, le tout dominé par le mont Sainte-Anne dont le sommet porte le nom de " Table à Rolland," apparemment parce que quelqu'un de ce nom y aura mangé par choix ou par nécessité.

Au devant de Percé et à une lieue de là se trouve l'i:?le de Bonaventure, nommée Loaf par les Anglais, parce qu'elle est ronde comme un pain, qui n'est habitée que du côté qui fait face à Percé, les autres bords étant trop escarpés. Tous ces habitants ainsi que ceux de Percé sont professionnellement pêcheurs, qui pour d'autres, qui pour eux-mêmes ; car c'est ici proprement le royaume des morues. De quelque côté et à quelque heure du jour que vous jettiez les yeux, depuis le printemps jusqu'à l'automne, vous apercevez une infinité de barges, et dans chacune deux hommes péchant de la morue ; c'est le gagne-pain non-seu-lement des habitants de l'endroit, mais encore d'un o-rand nombre qui s'y rendent du district de Québec.

La chose la plus curieuse que présente Percé est un rocher, duquel l'endroit a emprunté son nom : il est totalement séparé de la terre-ferme, a la forme d'un parallèlipipède, large de deux arpents, long de dix ou douze, tout hors de l'eau à marée basse, percé en deux endroits par deux arches hautes de 40 à 45 pieds, sous lesquelles les chaloupes passent à marée haute, et que l'on peut visiter à gué lorsque la mer est retirée. La hauteur de cette énorme roche est unproblême que personne n'a encore pu résoudre.* Des

* Ce probléaie a été résolu depuis. On donne à cette roche une hauteur de 2 S pieds.

chasseurs ont plusieurs fois déchargé au pied leurs fusils de différents calibres sans avoir jamais pu en atteindre le sonrimet.

Ce rocher est couvert tout l'été d'une multitude innombrable de cormorans et de goëlans qui y sont à l'épreuve de tous les chasseurs et semblent les défier.

Il y a environ deux ans un renard poursuivi par des chasseurs, trouva moyen de grimper sur la fameuse roche de Percé. Il y demeura trois ou quatre jours se montrant tantôt d'un côté tantôt de l'autre, et disparut enfin, soit qu'il ait trouvé moyen de s'échapper, soit qu'il y soit mort de faim, car personne n'a encore pu escalader ce rocher merveilleux, quoique plusieurs braves y aient essayé à diverses fois. Le plus petit géomètre pourrait néanmoins parvenir à en connaître la hauteur, car il serait aisé de prendre une base sur la grève dont il n'est pas éloigné de plus d'un ou deux arpents à marée basse.

Notre grand désir avait été de prendre terre à Percé, et d'y célébrer le lendemain les Saints Mystères, après quoi nous nous serions mis en route pour les Isles de la Madeleine ; mais la mer était si fort agitée que la goélette ne put trouver un mouillage sûr, et que nous ne pûmes faire de l'eau qu'au moyen d'une berge qui prit deux de nos quarts, alla à terre, et les rapporta pleins. Pendant tout ce temps la goélette ne fit que tournoyer pour éviter d'être portée à la côte ; l'eau rendue à bord, le capitaine se hâta de profiter du nord-est, pour faire route sans délai vers les Isles de la Madeleine qui sont à 45 lieues de là.

16. — Le lendemain, dimanche dans l'octave du Saint Sacrement, le vent continuant de souffler fort du nord-est, nous perdîmes de vue, au soleil levant, l'Isle de Bonaventure ; sur le côté de cette Isle le plus éloigné de la terre-ferme, une multitude d'oiseaux de mer ont fixé leur demeure et se répandent de là dans les différentes parties du golfe pour faire leur chasse, mais si la tempête survient, on les voit tous regagner leur Isle. Ainsi la providence a-t-elle voulu que ces oiseaux servissent de boussole aux pauvres pêcheurs dont les berges dispersées quelquefois en grand nombre par les mêmes tempêtes, se règlent sur le vol de ces oiseaux pour se reconnaître et se rallier. De sept personnes que nous étions à bord, cinq ne s'étaient pas encore trouvées entre le ciel et l'eau. Ce fut le cas de cette journée. L'horizon est beau, mais stérile, lorsque la vue, quelque loin qu'elle se porte, ne voit rien que l'air et les flots.

C'est dans cette position que nous réfléchissions avec jalousie, sur les processions solennelles de toutes les paroisses du diocèse, que nous désirions y prendre part, adorer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement ; et qu'il fallut néanmoins nous contenter de faire sur le tillac très-agité, en commun avec l'équipage, les mêmes exercices que le jeudi précédent.

L'après-midi, le vent diminue sensiblement, change de rhumb et nous oblige de louvoyer sans plus d'espérances d'apercevoir les Isles de la Madeleine ce jour-là, comme nous nous en étions flattés le matin. En pleine mer on louvoie hardiment. Aussi nos

bordées sont de 8 à 10 lieues. Elles durent toute la nuit et le jour suivant.

Vers midi, le timonier aperçoit la terre, à la faveur d'une diminution momentanée du brouillard trèsépais qui nous donne une pluie abondante toute cette journée.

M. Gaulin, déjà très-affecté du mal de mer, le fut bien davantage ce jour-là ; il reçut de M. Desjardins toute l'assistance possible, mais non la guérison, qu'il ne pouvait espérer qu'au débarquement, qui n'eut lieu ni ce jour ni le suivant.

La terre entrevue le lundi se remontra le mardi matin. C'était en effet une des Isles de la Madeleine, nommée " Corps-Mort," à raison des naufrages multipliés qui ont eu lieu sur ses bords. Elle était encore à une grande distance de nous, mais on s'en rapprocha en louvoyant par un vent très-fort, une mer terrible, qui souvent inondait le pont et le gaillard, menaçant d'emporter tout ce qui n'était pas solidement attaché. Quoiqu'il en soit, nous parvînmes à découvrir les autres isles du même archipel et à les approcher; la difficulté était de savoir comment y aborder ; le capitaine connaissait la route pour s'y rendre, mais il n'y était jamais entré ; en homme prudent, il ne voulut point se bazarder par une mer beaucoup trop grosse, avec laquelle on aurait pu échouer sans s'exposer à perdre la goélette et tout ce qu'elle portait. Heureusement quelques bâtiments du pays étaient à la pêche dans le voisinage ; nous essayâmes vainement à approcher d'eux ; avec plus de succès nous nous

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