‹ Journal de FidusChapitre 5 sur 8 · Jour d'attente! Jour d'anxiété · texte numérisé non relu

Jour d'attente! Jour d'anxiété

Veille de l'entrée des Prussiens ! L'émotion qu'a causée la nouvelle de l'occupation d'une partie de Paris par les troupes Allemandes, loin de se calmer, a au contraire augmenté, depuis que les affiches du gouvernement ont appris que ce n'est pas d'un défilé qu'il s'agit, mais d'un séjour de plusieurs jours. Le gouvernement de M. Thiers, comme celui de M. J. Favre, a encore attendu au dernier moment pour avouer toute la vérité. Aussi, des groupes nombreux et confus stationnent sur plusieurs points, traitant ce sujet irritant avec passion ; les processions de couronnes et de drapeaux affluent de plus en plus à la place de la Bastille; une sorte de fièvre agite une partie de la population. Tout n'est pas à blâmer, il le faut avouer, dans ces manifestations ; c'est une résolution très louable, qu'ont prise, à l'unanimité, les journaux de s'abstenir de paraître durant l'occupation delà capitale, et si, comme il y a lieu de le croire, les tribunaux, la bourse, les théâtres, les

grands cafés, sont fermés, ce silence, ce deuil universel, seront le témoignage le plus saisissant et le plus digne de la douleur de la cité vaincue. Dans les groupes mêmes, il y a beaucoup de bonne foi : des hommes, calmes d'ordinaire, ne se peuvent retenir; à la pensée de cette humiliation, ils s'échappent en des paroles ardentes, des exclamations emportées et des menaces, hélas! aussi vaines que déraisonnables. Hier, rue Neuve-des-Petits- Ghamps, un prêtre vénérable (monseigneur Dousseau) s'était laissé égarer par son affliction, au point de proférer des discours qui impressionnaient vivement et excitaient la foule; il fallut qu'on l'en retirât, pour qu'il reconnût, après un peu de réflexion, combien celte violence de langage était contraire à son caractère. Mais il y a autre chose sous cette explosion de sentiments patriotiques : il est manifeste qu'elle couvre une excitation politique ; les Communistes agitent le peuple, pour le tenir en effervescence et le lancer furieux et débordé dans la rue, au moment qu'ils jugeront propice. Personne ne s'y trompe; le gouvernement n'est pas sans inquiétude. Deux proclamations ont été publiées ce matin, Tune de M. Thiers, l'autre du général Yinoy, suppliant le peuple de Paris de demeurer calme, proclamations convenables, où l'on dit des choses raisonnables, mais molles et où Ton

supplie, quand on devrait imposer. On eut voulu plus d'énergie chez ceux qui répondent de Tordre, après les épouvantables scènes de dimanche, dont l'horreur a soulevé la plus vive indignation, et qui vont peut-être rester impunies. Les journaux sont aussi d'accord, pour exhorter le peuple à modérer sa douleur et à dévorer en silence ce dernier affront ; mais, tous sont loin d'être inspirés par les mêmes intentions. Tandis que M. Thiers fait appel à l'intérêt général, que les journaux dits conservateurs font entrevoir les plus grands malheurs, s'il était commis le moindre acte d'imprudence, les journaux rouges, le Vengeur, de M. F. Pyat, le Mot d Ordre, de M. Rochefort, conjurent le peuple denepas se laisser entraîner par une aveugle et inutile colère. Pourquoi? Afin de se réserver pour un prochain avenir : « On vous désarmerait, citoyens, s'écrie le Mot d'Ordre, et nous avons besoin de vos fusils! Nous vous demanderons bientôt de vous en servir, pour empêcher d'étrangler la République ! » Et, afin qu'il ne reste aucun doute sur leurs projets, les chefs des clubs ont ramassé leurs hommes les plus déterminés, sont allés à la prison de Sainte-Pélagie, en ont forcé les portes, et ont délivré les émeutiers, leurs complices, qui y étaient encore renfermés.

Entrée des Prussiens dans Paris. — Pillage d'armes et de munitions. — Préparatifs de l'insurrection. — Proclamation de M. J. Favre. — Affiche du Comité central.— Description de Montmartre. — Les ruines des environs de Paris. — La Commune. — Les premières journées. — Départ de Paris.

1er Mars, — Entrée des Prussiens dans Paris. — La journée se résume en ces quatre mots : ciel splendide, toutes les boutiques fermées, une armée défilant dans un ordre formidablement régulier, et 100,000 âmes dehors, pour les regarder passer.

Oui, ils ont eu tout pour eux : un temps magnifique, un chaud soleil qui éclairait vivement et faisait paraître plus beaux les hôtels des Champs-Elysées ; le calme et l'apaisement soudain de l'émeute découragée et s'ajournant à un moment moins dangereux ; et l'aflluence d'un peuple curieux qui n'avait pu résister à l'envie de les voir !

Ce matin même, on n'était pas sans craintes : les journaux, selon l'engagement pris la veille, n'avaient pas paru ; on ne savait ce

qui avait été décidé la nuit. De bonne heure, je parcours plusieurs quartiers : le faubourg Saint-Germain, le faubourg Saint-Marceau, du pont Royal au pont d'Austerlitz, tout est tranquille; les grilles du Carrousel sont fermées, la place est gardée militairement; à la place d'Italie, des gardes nationaux, du parti de l'ordre, veillent encore; mais, nulle part, le moindre trouble ; pas trace d'agitation. J'apprends, à 9 heures, que les Prussiens sont aux portes (au Point du Jour, à la porte Maillot, etc.), attendant le moment d'entrer, mais que l'on ne voit aucun groupe animé, ni là, ni au Trocadéro : évidemment, de la part des chefs de clubs, il y a eu contreordre.

Sur tous les murs, du reste, sont affichés des avis invitant au calme, au silence, à l'abstention de toute tentative ou de manifestation injurieuse. Il y en a de toutes sortes, des maires, des particuliers, en prose, envers (rue de Rennes, près de la place Saint-Germain-des -Prés1) ; toute protestation serait inutile, toute résistance vaine et désastreuse.

L'entrée des Prussiens devait avoir lieu à 10 heures; on avait annoncé que le roi déjeu-

1 Voici les deux premiers vers : faut-i! appeler cela des vers ?

De Paris aujourd'hui on ouvre les portes Au roi Guillaume suivi de ses cohortes, etc.

nerait à l'Elysée, et que ses troupes occuperaient un quartier déterminé, les Champs- • Elysées et le faubourg Saint-IIonoré, jusqu'à la place de la Concorde. A 1 heure et demie seulement, je sors, me dirigeant vers le Corps législatif, où une place m'était promise à une fenêtre donnant sur le quai, et d'où je pourrais, sans paraître, sans faire haie sur le passage des victorieux, apercevoir de loin défiler leurs masses, saisir l'aspect général et observer l'attitude de la population. — Les rues du faubourg Saint-Germain étaient silencieuses, peu de passants, toutes les boutiques fermées, sauf les magasins de consommation, boulangers, bouchers, épiciers, pharmaciens, et encore plusieurs de ceux-ci avaient baissé leurs volets, ne laissant ouverte que la porte. L'aspect de ce quartier morne, muet, était saisissant et touchant : c'était bien ce qui convient à une ville vaincue, qui comprenait et sentait son malheur, et s'y résignait avec tristesse, noblesse et dignité.

Malheureusement, la suite ne devait pas répondre à ce beau début. Près du pont de la Concorde, une ligne de soldats barrait le quai, interdisant le passage à une quantité de mobiles et de gardes nationaux, qui regardaient avidement du côté de la place de la Concorde, où étincelaientau soleil des casques de cavaliers Prussiens. Mais tous ceux qui

n'étaient pas en uniforme passaient, et le nombre en était grand. Je n'avais plus la crainte d'être remarqué, je suivis le flot; la place était pleine, comme un jour de printemps, d'une foule disséminée. Çà et là, des officiers Allemands par petits groupes de trois ou quatre, et suivis de leurs ordonnances. Déjà entrés depuis quelques heures , ils erraient, après déjeuner, le cigare à la bouche, au pas de leurs chevaux, regardant tout curieusement, examinant l'Obélisque et en lisant l'inscription, s'arretant devant la statue de la ville de Strasbourg encore décorée de couronnes et de drapeaux, et dont on avait couvert la tête d'un voile noir (toutes les autres statues des villes étaient également voilées). Ces soldats, ces officiers ennemis, circulaient parmi cette population Parisienne, tranquillement, ne semblaient pas plus la redouter que l'affronter, aussi à l'aise que s'ils eussent été sur une place de Berlin. Et les spectateurs gardaient le même calme : point de cris, d'injures, de démonstrations menaçantes; à peine quelques imprécations sourdes échappées à la douleur, et quelques gestes violents qui ne se pouvaient retenir. Mais c'étaient des manifestations isolées; l'ensemble était paisible; à qui eût ignoré l'événement du jour, rien n'eut dit que l'on assistait à l'occupation par l'étranger, par

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l'ennemi, de la ville qui s'appelle elle-même la capitale du monde l

Mais, quand on tournait les yeux vers la grande avenue des Champs-Elysées, le spectacle changeait : dans toute son étendue, cette immense voie qui monte par une pente insensible à l'Arc-de-Triomphe, était noire de lignes régulières qui, quoique marchant, semblaient immobiles, et la paver; au soleil reluisaient les baïonnettes et les casques de cuivre ; c'était l'armée Allemande, qui descendait de cette hauteur couronnée par l'arche colossale: et, dans les contre-allées, un peuple nombreux allait, venait, se pressait, sur plusieurs rangs, pour voir défiler ses vainqueurs!

Et il y avait là toutes les classes et tous les âges, bourgeois, ouvriers, dames, enfants, vieillards. A mesure qu'on avançait, la foule devenait plus épaisse, et, à la place de FEtoile, elle se confondait avec les Prussiens arrêtés, étendus au soleil, autour de l'Arc-de-Triomphe, pénétrant dans leurs rangs, circulant à travers les chevaux, les canons et les caissons, se mêlant à ces soldats ennemis, dont elle n'entendait pas le langage, comme s'ils eussent été des Français!

Il fallait voir cette foule avide de spectacle accourue là comme au théâtre, faisant haie devant les généraux, désignant du doigt les états-majors aux brillants costumes, les cas-

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ques à hauts panaches, les cuirasses d'argent, les écharpes éclatantes, les longues housses brodées, les habits blancs, les drapeaux de soie jaune et noire à l'aigle couronnée, et les appréciant comme des décors et des acteurs, louant les grands soldats du Brandebourg, se moquant des casquettes des Bavarois, s'amusant d'un cheval échappé, du moindre épisode, lançant ses lazzis et ses brocards, échangeant des mots goguenards et grossiers1.' Vraie foule Parisienne, en qui l'on reconnaît tous les traits de son caractère, son esprit sarcastique, sa perpétuelle raillerie, son dédain du sérieux, son scepticisme, sa facilité d'impression et sa légèreté.

Au bord des trottoirs et aux balcons, des hommes du monde, des dames, plus graves, plus retenues dans leurs propos, moins bruyantes, mais non moins curieuses. On eût dit d'un dimanche, où il fait beau, où la foule se répand dans les promenades, un dimanche d'il y a six mois ; il y avait autant de monde ; sauf les toilettes, on eût pu se croire à un retour des courses!

Mais ce n'était plus les belles cavalcades,

1 Ainsi, une vieille femme : « Je leur ferais bien la soupe tout de même ! >, Une femme à un enfant : « Va donc leur demander des cigares ! » Des hommes faits : « Ces cochonsa, comme ils sont nombreux!» Des jeunes gens- « Oh i :es tûtes ! ces vestes ! ces culottes ! c'est le carnaval ' »

les amazones aux jupes traînantes, les équipages chargés de femmes et de bouquets, les jockeys fleuris, les calèches à quatre chevaux, et, précédée de ses piqueurs, la voiture d'où l'Impératrice saluait gracieusement en souriant. C'étaient des lignes de soldats au visage et au langage étrangers, qui remplissaient la chaussée dans toute sa largeur, des canons qui roulaient avec un son de fer, les hulans dont les lances agitaient des flammes bleues et blanches, et l'infanterie en rangs rigides, inébranlables, pas un homme ne dépassant l'autre, qui faisaient retentir le sol du bruit cadencé de leurs pesantes bottes!

En voyant défiler cette armée , de toutes nations etde toutes races, ses chefs qui marchaient en avant, ses généraux qui lui commandaient en une langue rauque qu'on ne comprenait pas, ses princes, la poitrine chargée de décorations, aux bonnets de peaux de bêtes d'une forme étrange et aux casques bizarres, assis sur de lourds et grands chevaux, leurs hautes tailles et leurs grandes barbes rousses, je ne pouvais m'empêcher de me reporter à vingt siècles de distance, à ces Germains qui, dès César, franchissaient le Rhin par tribus entières, à ces Goths, à ces Huns qui, cinq cents ans après, pénétraient de toutes parts dans la Gaule, la couvraient de leurs hordes dévastatrices, la pillaient et la ravageaient; et de

penser que ces hommes du Nord, Poméraniens, Prussiens, Saxons, Silésiens, étaient les fils des Barbares qui avaient vaincu les dernières légions de Rome!

Rome, déjà, avait été envahie et occupée par les Barbares; Paris, aussi, ne les voyait pas pour la première fois! N'étions-nous pas à cette heure des grands empires "qui s'inclinent et penchent pour une chute inévitable? A cette pensée, et, pendant qu'ils passaient et passaient encore, mon cœur se serrait dans ma poitrine; je suivais, oppressé et les yeux fixes, cet interminable défilé. Tout à coup, faisant taire les tambours, leur orchestre de cuivre aux monstrueux instruments éclata comme un beuglement et jeta dans l'air une marche de victoire ; une secousse intérieure ébranla tous mes sens, et je ne pus retenir mes larmes !

Je fus tiré de ma stupeur par un bruit strident, aigu, pénétrant : c'était une bordée de sifflets, dont une bande populaire accompagnait leur musique, et ce bruit était si perçant, les sifflets si nombreux et si persistants, qu'ils étouffaient presque l'orchestre Prussien et empêchaient de l'entendre. Ce fut la seule protestation de la foule qui, jusque-là, avait assisté, insensible en apparence, à leur triomphante entrée. Eux, cependant, continuèrent leur chemin, sans se troubler, sans s'irriter.

sans paraître même s'en apercevoir. Que leur importait, en effet! Ils venaient de passer sous TArc-de-Triomphe du grand Napoléon, et, de leurs sabres, ils s'étaient montré, en souriant, les noms inscrits à la voûte, d'Auerstaëclt et d'Iéna, qu'ils dédaignaient d'effacer !

2 mars. — L'affluence du peuple pour voir, hier, l'entrée des Prussiens, est constatée par les journaux; car, malgré l'engagement que tous avaientpris, deux journaux, outre l'Officiel, ont paru aujourd'hui, un journal nouveau, le Veilleur et le Petit Journal qui, ditil, « a cru devoir paraître, l'évacuation des troupes Allemandes ayant lieu immédiatement » (ce qui n'est pas tout à fait exact, puisque leur départ n'est que pour demain, au plus lot). Le Journal officiel avoue luimême, que l'attitude du peuple Parisien a laissé quelque peu à désirer : « La population, presque tout entière, dit-il, s'est abstenue ». On sait ce que signifie cette atténuation d'un fait qu'il ne pouvait nier; on reconnaît là la plume du rhéteur de la République, M. J. Favre; c'est, comme on dit en rhétorique, une litote, le moins, pour exprimer le plus. Le Petit Journal, qui a plus de franchise, n'use pas de ces formes détournées : « On nous assure, écrit-il (qui on? un de ses

rédacteurs, quia vu, et qui dit la vérité), que, malgré les conseils qu'on lui a donnés, la foule se pressait aux abords de la place de la Concorde. » Aujourd'hui, Taffluence était aussi grande. En vain, le gouvernement, alin de justifier son allégation, et dérouter le public, avait fermé les issues de la place ouvertes hier, et laissé une seule entrée libre; la foule en avait trouvé le chemin, et se pressait en procession sur le quai des Tuileries, par où l'on pénétrait dans la place. Gomme hier, la place et les Champs-Elysées étaient remplis de peuple, et, tandis que les Prussiens allaient, par escouades, visiter le Louvre et les Tuileries, il entourait la musique des régiments allemands, qui jouait des airs de Wagner, vis-à-vis le Garde-Meuble ! Mais ce peuple de Paris ne s'en tient pas à cette conduite peu patriotique : un moment, il était resté muet, comme étonné de ce qui se passait; il a bientôt repris ses airs fanfarons et ses vanteries : il se moque aujourd'hui des Prussiens et, quand ils ne l'entendent pas, il les brave : « Ils sont entrés, mais ils n'ont pas occupé la ville même, ils n'ont pas osé 1 Ils sont parqués dans un quartier, où ils tournent comme des bêtes en cage ! Ce n'est pas une entrée victorieuse ! Ce n'est pas nous à avoir honte, c'est eux qui doivent être honteux ! » 0 insanité ! 0 puérilité d'un peuple qui ne veut même pas recon-

naître qu'il est tombé, quand ses ennemis ont le pied sur sa tête1 !

En même temps, les manifestations continuent à la Bastille : outre les couronnes et drapeaux, on a attaché à la colonne cette inscription en grosses lettres : République universelle. Volontés des peuples. Les chefs de clubs ne perdent pas de temps pour tenir leur peuple en éveil : ils l'amènent par bandes à la Bastille ; les bataillons de plusieurs quartiers (du faubourg Saint-Marceau, des Batignolles, notamment) se sont emparés de canons et les gardent, en armes : « Ces canons sont à eux», disenl-ils. Lorsque les Prussiens seront partis, ils auront un armement complet, chassepots, canons, sans compter les bombes qu'ils fabriquent. Quelles forces ce qui s'appelle le parti de ï ordre trouvera -t-il donc, pour résister, à l'heure du combat?

3. — Nous recevons le compte rendu de la séance où l'Assemblée a voté, par assis et lever, manœuvre d'hommes qui veulent frapper sans se faire connaître, que « le suffrage universel avait prononcé la déchéance de

1 Les magasins dîme partie de Paris ont été, encore aujourd'hui, fermés. Sur le boulevard, tous étaient clos, depuis a Madeleine jusqu'à la rue Hauteville ; à. partir de ce point, ils étaient ouverts comme à l'ordinaire.

l'Empereur ». Et le détail n'est pas moins indigne que l'ensemble et le résultat. Cette déclaration confirme, cette séance complète un des faits les plus honteux de nos annales, la trahison du 4 Septembre, où le Souverain vaincu fut renié et abandonné, et où l'on saisit, pour le renverser, l'occasion de la défaite de l'armée Française !

Seul, M. Conti, appuyé par quatre ou cinq fidèles, a été courageux, en protestant contre le mensonge et en défendant son maître ; et il a été injurié, provoqué ; il a failli être arraché de la tribune et déchiré par des mains forcenées.

Cette séance, par la lâcheté de plusieurs des membres de l'Assemblée, par la fureur de la Montagne, dont quelques-uns ont été sur le point de se porter à des voies de fait contre M. Conti, a été digne des plus abominables séances de la Convention.

Les Prussiens sont partis ce matin, la ratification de la paix leur ayant été notifiée. En prévision de leur départ, plusieurs journaux avaient paru, dès hier soir; outre les deux journaux dont j'ai parlé, un troisième avait lancé un numéro, le National.

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