‹ Journal de Ginguéné: 1807-1808Chapitre 10 sur 28 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

2. Fable T, note 1: « … je place cette fable la première, parce qu’elle à été la cause occasionnelle des autres. L’ayant faite sans dessein comme sans peine, c’est l'attrait et la facilité que je trouvai dans ce genre de composition qui m'engagèérent à m'y livrer pendant quelques mois ; et cette fantaisie qui, jusqu'à présent, n’a fait de mal à personne, m'a fait à moi le plus grand bien »,

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des circonstances qui semblent fortuites, un voyage, une conversation, un repas, influent sur l'invention ; quelle coloration la joie ou le chagrin donnent à une œuvre, même impersonnelle; et voyant comment agissent les mentalités moyennes, nous en tirerions peutêtre quelques enseignements sur la pensée des génies supérieurs. Par exemple: Le lion et le lapin; Le lézard el le crocodile; Le lion et la grenouille, datent du même moment. L'idée de la disproporton entre un animal puissant et un animal faible, victime du premier, ne commande-t-elle pas les trois fables ? [Il semble que l’auteur ne s’en soit pas suffisamment débarrassé, pour ainsi dire, quand il lui a donné une première forme; elle domine encore son esprit; elle veut, elle exige une seconde expression, puis une troisième : alors seulement, elle est épuisée, et le fabuliste peut passer à un autre sujet. — Un peu plus tard, il écrit sans intervalle Le vieax rossignol, L'oiseau à la mode, E’enfant el le petit oiseau. Le sujet du premier apologue est en réalité très différent des deux autres; et le ton même passe du plaisant au sévère. Ne pourrait-on croire qu'ici, la vision préexiste à l’idée? Trois interprétations divergertes partiraient d'une même image. — A Rueil, Ginguené se sent entouré d'une atmosphère de sympathie. Il emporte dans ses papiers, quand il s’en va, La fermière et sa fille, Le poisson du lac, La cigale et les autres insecles. On ne saurait dire assurément qu'il y ait un rapport précis entre ces fables et les émotions que Ginguené vient d'éprouver. Remarquons cependant que la première est « toute naïve »; que la seconde est « toute riante »; que la troisième est malicieuse et gaie sans méchanceté. — Lorsqu'’au retour de son excursion, notre poète rentre à Saint-Prix, il se met aussitôt à l'œuvre; Le pigeon sauvage el La colombe domestique, La qrenoutlle voyageuse, Zéphyre et les autres vents sont le résultat de ce travail. C’est sans doute parce qu'il vient de voyager qu'il fait voyager aussi la colombe et la grenouille. Et les vents eux-mêmes, « de retour aux antres d'Éole », racontent les exploits qu'ils viennent d'accomplir en parcourant le monde. Raffinons encore ; poussons jusqu'au détail des fables; il ne serait pas impossible d'y récueilhir aussi quelques observations. Voici le passage du caractère réel d’un animal, pris dans la nature, à son interprétation littéraire : ce qui est une des données essentielles du genre’. Il s’agit d’une grenouille, qui se croit une grande artiste, et qui vient s’instal-

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