‹ Journal de Ginguéné: 1807-1808Chapitre 15 sur 28 · février · texte numérisé non relu

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Pauz HAzARD. Il, — 4

poraine. Il est imprudent de rappeler, à un moment où les anciens Jacobins et les anciens émigrés ont fait alliance et vivent côte à côte, l'amitié de l'ours et des loups, que des questions d'intérêt ont réunis provisoirement, et qui se déchireront bientôt jusqu'à la mort. Il est imprudent, à une époque où le maitre veut se voir entouré de chambellans, d’écuyers, de courtisans de toute espèce, d'appeler ces mêmes courtisans « gredins » et « bouffons ». Défiez-vous, dit le fabuliste, des ingrats ! défiez-vous des faux amis ! défiez-vous de ceux qui vous allèchent par de belles promesses, et saisissent la première occasion de vous opprimer! L'ancien général républicain, devenu premier consul et empereur, ne pourrait-il pas penser que cette moralité le vise? Écoutons ces couplets :

Ainsi devaient finir de prétendus amis,

Au crime, à l'intérêt uniquement soumis.

Car dieux mènent souvent à de semblables fêtes Les scélérats qu'ils ont unis 1.

Ou bien encore, à propos de l’hypocrite et de l'ingrat :

Chacun d'eux est en somme un monstre abominable ; Contre eux, je le sens bien, c’est trop peu qu’une fable ; Et je ne sais pourquoi, dans ses décrets vengeurs,

La loi ne les a pas traités en malfaiteurs ?.

En vérité, comme disait Villeterque, ce sont là de rudes fables ! Cependant Ginguené fit de son mieux pour détourner l'orage. II feignit de ne pas comprendre la portée de l'attaque, et restreignit le débat à la seule littérature. Puisqu'il s'agissait de fables, il répondit par une fable que le A/ercure inséra. « Un sansonnet très bon enfant » se met à raconter cinquante historiettes. Le corbeau l’accuse d'être triste : « Sansonnet n'est pas gai, puisque je ne ris pas... » Mais lorsqu'à la chute de l'Empire il fit paraître ses Fables 1inédites, servant de supplément à son recueil de 1810, il prit sa revanche ; et dans sa préface il avoua tout à ses lecteurs‘. Il est vrai, dit-il, que mes vers avaient un ton de liberté devenu peu commun, et contrastaient d'une facon remarquable avec les adulations poétiques qui étaient alors d'étiquette, el presque de devoir. Il rappelle la dénonciation de son bilieux critique et remercie ses amis

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