Lettre inédite, appartenant à la famille Mazeran
2. Les trois exigeantes, nouvelle publiée dans la Décade du 41 sept. 1806, p. 497; 21 sept., p. 554; der oct., p. 39, Une Française, une Anglaise, une Italienne, expriment tour à tour leur façon de comprendre l’amour. (est une illustration de la pensée de Chamfort : une Italienne ne se croit aimée de son
amant que lorsqu'il est capable de commettre un crime pour elle; l’Anglaise, une folie; la Française, une sottise,
Les tables de la Décade ne portent plus les initiales de ses fondateurs. On y trouve L. C. — La Chabeaussière, qui s'occupe de tout ce qui regarde l’art dramatique ; L. — La Renaudière, qui parle des ouvrages historiques et géographiques, et des traductions de l'anglais ; et surtout O, — Auger, qui représente la critique littéraire!. Ils écrivent des articles honnètes et ternes, le plus souvent d'un très médiocre intérêt.
Ginguené veut rendre la vie à ce corps épuisé. Il reprend du service, comme il dit, mais il entend que les autres fassent de même ; la besogne l'écraserait, s'il voulait l’accomplir tout seul. Contrairement à l'opinion courante, qui voit en lui le directeur de la Revue, il n’a jamais été qu'un des collaborateurs : le plus fidèle, il est vrai, et le plus persévérant ; celui qui a le plus rudement mené la bataille philosophique, assénant à ses ennemis ses articles conseiencieux, irréfutables, pesants. Il appelle, en bon soldat qu'il est, ses compagnons d'armes; il commence par un cri d'alarme, pour les réveiller ; et il finit par un traité, pour les obliger à prendre des engagements formels ?.
Auæ associés co-propriétaires de la Revue philosophique.
Nous dormons, mes chers confrères, et notre pauvre Revue coule bas; réveillons-nous pour la remettre à flot. Chacun de nous est en . bonne posture pour rappeler aux autres leurs engagements, car nous y avons tous manqué. Ces engagements sont tracés dans Pacte passé entre nous à la fin de l’an VII. Si l’un de nous recommençait seul à y être fidèle, il aurait sur les autres trop d’avantages. Recommençons donc à l'être tous ensemble : redevenons sévères avec nous-mêmes, pour nous réconcilier avec le public. Un engagement pris entre des amis doit-il être moins sacré que s’il l'était entre des étrangers ? C’est 1à sans doute un privilège que l’amitié ne donne ni ne réclame.
Cela posé, je rappelle à tous et à moi aussi les articles suivants de notre acte :
ART. I. — .… chacun d’eux (Andrieux, Duval, Ginguené, Le Breton, Say et Toscan*) s'engage à fournir chaque Décade un article d’une
4. À l’époque où il écrit son Journal, Ginguené est réconcilé avec Auger. Mais en 1806, il a vivement critiqué dans la Décade son édition des œuvres de Duclos: « Les relations mêmes de M. Auger avec ce journal, où il à déclaré publiquement que les articles signés O sont de lui, me font un devoir de m'expliquer là-dessus loyalement et franchement... » (num. 31, 14 nov. 1806, p. 228; et 32, 11 nov. 1806, p. 278).