‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 132 sur 151 · LA BATAILLE DE MONTLHÉRY · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE MONTLHÉRY

Le donjon de Monllhéry se dresse à 25 kilomètres au sud de Paris, au point culminant d'un massif rocheux qui domine abruptement, du côté de Touesl, la grande route de Paris à Orléans, tandis qu'à Test sa croupe s'incline moins rapide vers la plaine. Il y avait là au moyen âge un château très important, dont la quadruple enceinte affectait la forme d'un pentagone irrégulier, à chacun des angles duquel s^élevait une tour. La plus grosse, qui existe encore, formait le principal sommet de ce polygone. Sous le château, à flanc de coteau et sur sa fkce nord, s'étage le bourg de Montlhéry, entouré, depuis la seconde moitié du xvi* siècle, d'une ceinture de murailles, dont les pierres ont été empruntées aux défenses du château ^.

C'est dans la plaine qui s'étend au pied de la butte, entre Montlhéry et Longpont, que se livra entre Louis XI et le comte de Gharolais la bataille du 46 juillet U65.

Les points qui permettent, à Tépoque actuelle, de circonscrire le champ de bataille sont les suivants :

4^ La route de Longjumeau à Arpajon (route nationale de Paris à Orléans) .

2° Le donjon de Montlhéry et les débris des enceintes du château dont ce donjon constituait le réduit.

3® La croupe rejoignant à la plaine, vers Test, le massif qui

i. Voyez ci-de88U8, tome 1, p. 64 à 69.

2. La Tour et Vancien château de Montlhéry, extrait de Vllistoire de Montlhéry, par V.-A. Malte-Bran, 1885, in-i2.

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supporte le château. C'est de œ côté qu'ouvrait la porte de la première enceinte.

4* Lie fossé qui longe la muraille du bourg et charrie à travers la plaine les immondices provenant des maisons et des ruelles de Montlhéry, qu'il déverse dans une mare sise à Test dans la direction de Longpont et de Lormoy.

y La vieille église de Longpont, antérieure au xr* siède.

6° Une croix qui est peut-être l'ancienne c croix à la Beurrée, i située dans la plaine entre Longpont et la route nationale de Paris à Orléans.

T" Une éminence qui se dresse dans Falignement du village de Longpont à la même route et qui a été peut-être jadis « le Boulouer. >

8^ Enfln, à Touest et près de la route nationale, une eoUine qui fut occupée par Taile droite de l'armée bourguignonne.

La route nationale elle-même, avant d'arriver à Montlbérj, firanehit une croupe. C'est le « faite du pays. » Il y a là une borne qui donne les indications de distances suivantes : « Paris, 24 kilomètres; Arpajon (autrefois Châtres), 6 kilom. ^; Longjumeau, 5 kilom.; Montlhéry, 4 kilom. 250. b

Le 44 juillet, Louis XI sVrêtait <c au gite b à Étampes, ayant firancbi « que de jour que de nuit, > presque sans dà)rider, les soixante et quelques kilomètres qui séparent Orléans d'Étampes'. LUntention du roi était de continuer sa course vers Paris, qu'il espérait atteindre au plus tard le surlendemain, à temps pour étouffer dans l'œuf les symptômes de désaffection qui se manifestaient dans les hautes classes de la bourgeoisie parisienne. C'est près d'Étampes, le lundi i 5 juillet au matin, que la nouvelle lui parvint que l'armée du comte de Charolais avait passé la Seine à Saint-Cloud et se portait à la rencontre des Bretons, qui, longtemps retardés, avaient quitté Vendôme ^avant-veille^ Louis XI avait toute chance dès lors de trouver les Bourguignons entre Ëtampes et Paris et, en prévision d'une rencontre, il se hâta d'expédier des courriers au maréchal Rouault, qui

* i. Journal de Maupoint, éd. Fagoiez, p. 56 et suiv. Gf. Du Cl^tq, IV, p. 164 et suiv.

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