‹ Journal de Jean de Roye: connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483Chapitre 133 sur 151 · UngUt, II · texte numérisé non relu

UngUt, II

APPENDIGK. 403

occupait la capitale, pour Tavertir que son intention était d'aocepter le combat s'il lui était présenté. Il invitait son lieutenant à se porter sur les derrières de Tannée des « Gharolais > avec les forces que la garde de Paris laisserait disponibles ^

Il importait, en vue d^une action, que le roi reposât sa cavalerie Miguée et se laissât rejoindre par Tartillerie et les piétons qui n^avaient pu le suivre dans sa course rapide à travers la Beauce, et c'est pour cette raison sans doute que, dans la Journée du 45 juillet, il se borna à avancer jusqu'à Ëtréchy, à 7 kilomètres d'Ëtampes, poussant ses éclaireurs vers Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 5 kilomètres de Montlhéry.

Le 45 au soir, le comte de Saint-Pol, qui menait Tavant-garde bourguignonne, s'arrêtait sous les murs du château de Montlhéry, dont les défenses formidables, occupées par une garnison royaliste, eussent été capables de tenir longtemps l'ennemi en respect. Pourtant, fait inexpliqué, un accord intervint aussitôt entre le commandant bourguignon et les défenseurs de la place pour s'abstenir réciproquement d'hostilités. Saint-Pol réussit même à se faire vendre des vivres à Montlhéry. Puis, dans la soirée, il envoya à la découverte vers Châtres Philippe de Mastaing, qui tomba sur une troupe de coureurs français, mais dans l'obscurité réussit à se dérober et revint en hâte à Montlhéry avertir son chef du voisinage de Pennemi.

Le comte de Charolais, qui commandait la « bataille, > s'était établi à Longjumeau, à quelque 5 kilomètres en arrière de Montlhéry. Instruit de l'approche des Français, il s^empressa de réunir son conseiP. Après délibération, il fut résolu que l'on profiterait des fortes positions défensives que les hauteurs voisines de Longjumeau assuraient à l'armée bourguignonne et un ordre de rappel fut lancé au comte de Saint-Pol. Mais celui-ci refusa de reculer, en prétextant que s'il « se mettoit en chemin, ce sembleroit estre fuyte, qui seroit dangier pour toute la compaignie^. > Il se borna à évacuer au milieu de la nuit le

1. Procès de Melun, Bibl. nat., ms. fr. 2921, fol. 19 s. Cf. Rapport de Guill. de Torsy à la duchesse de Bretagne de D. Morice, Preuves de Vhist, de Bretagne, III, c. 403.

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