LA CHAUDE ANNEE 2D
mère Marriette Pillay alla de vie à trespas, fuist ensepvelie auprès de son marys.
Ladicte année 1 5 5 5 fuist tousjours pluvieuse et froide, parquoy les biens diminuoient jornellement. On ne fist les vandanges que depuis la Saint-Luc. Les vins fuirent fort petits. La queue portant se vanda 18 et 20 fr., au commencement, puis devindrent à plus moindre pris pour leur petitesse. Ceux de Tan 54 à cause de leur bontez se vendoient 25 et 3o fr.
L'année 1 5 56 depuis la fin de mars jusques la Thoussaint fist une chaleur sy grande qu'elle fuist comparée à la chaude année de 1 540 ; n'eust estez que Dieu fist pleuvoir environ 3 ou 4 fois en Tannée, les biens n'eussent sceu venir à mourisson. Plussieurs rivières fuirent taries (choses non veues auparavant). Les cerisiers fuirent florys à l'entrée du moys d'apvril et les cerises meures à la fin dudict moys. Les biens de ladicte année fuirent hastifs et fort bon Les foings furent dedans avant la Saint-Jean, les bleidz en juillet et les vandanges à la fin d'aoust.
[P. 19.] En ladicte année 1 556, le i5e jour de septembre, ma femme enfanta notre second enrTant environ 2 heure après minuyt d'entre le 14e et i5e jour; pour sa débilitez, venant au
monde, il fuist baptisez par la saige femme; son nom fuist Jean, puis avant qu'il fist jour, il vint par la grâce de Dieu à convalescence et baptisez au moustier ledict i5e jour par messire Jean Vassaux presbtre. Ces parrains fuirent mon oncle Jean Claussequin et Piersson fils Jaicquemin Le Hérault et sa mairaine Ciaudon femme de Claudin Quenin tante de ma première femme Jennon.
Au moys d'octobre iS5j mourut ma bonne sœur Fremine dont mes pères et mères et nous aultres fuismes fort contristez. Elle avoit estez malaide d'enfleure environ ung ans.
Ladicte année i55y fuist bonne et fertille. Les biens fuirent à prix raisonnable, fors la chair et les vestemens qui ont tousjours estez cher.
Au moys de may 1 558, les Françoys campèrent devant Thionville. Cestoit pitiez des insollences que les soldatz commettoient; durant ledict siège passa par Ancey et y logèrent bien 12 ou i3 compaignies que de chevaulx que de piedz, entre aultres un nommé RiqueroCh y logea avec i3 enseignes de lansquenestz. Ils estoient plus de 5ooo hommes. A cause du siège les biens se commencèrent à vandre cher. Le vin valloit au camp 20 fr. la queue. Après la prinse de la ville