‹ Journal de Jean Le Coullon, 1537-1587Chapitre 3 sur 45 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

en appelant de ce nom V ensemble de son tempérament, de V éducation qu'il avait reçue, du milieu où il vivait et de V espèce des préoccupations auxquelles son esprit était livré.

Jean Le C oui Ion est un simple paysan, fils et petit-fils de paysans comme lui. Il jouit, il est vrai, d'une honnête aisance, possède une instruction relativement étendue, en un mot est placé sur les limites de la petite bourgeoisie, dans laquelle ses enfants finissent par prendre place. Mais, éloigné du centre intellectuel où se traitent les affaires publiques, où le désir de s'élever naît et grandit, où la critique et la discussion excitent V esprit et lui ouvrent des horizons plus larges, il se tient en dehors de ces émotions et de ces ardeurs et ne sent pas le besoin de s'élever au-dessus de l'existence quelque peu terre à terre dont ses parents lui ont laissé V exemple. Il n'est en rien un homme politique et n'a nulle prétention à juger ce qui se passe dans les régions supérieures à celle oh a débuté sa vie. On le voit retracer avec une surprenante tranquillité d'âme les événements qui viennent le plus profondément modifier l'ordre de choses établi. La cité de Met\ faisait partie de l Empire : elle passe à la France; pas un mot sorti du cœur, soit de joie, soit de regret! Il

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