‹ Journal de Jean Le Coullon, 1537-1587Chapitre 4 sur 45 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

constate les faits, puis son éternelle mercuriale reprend immédiatement ses droits. Il est le témoin de troubles sanglants et de luttes désastreuses; il les raconte avec le même calme, occupé surtout à constater leur influence sur le prix des denrées. Nous cherchons en vain une exclamation de douleur indignée devant ces misères des habitants de la campagne, qui font penser à celles qiCimmortalisera tristement un siècle plus tard le burin de notre grand graveur Callot.

Dans sa conduite personnelle, il est éminemment pratique : comme il n'a ni ambition ni vanité, il ne lui semble pas utile de braver un danger qui serait sans honneur comme sans profit. Aussi nhésite-t-il pas à prendre la fuite devant toute menace de fâcheuse mésaventure. Il sait à propos demander Vhospitalité à un parent ou à un ami. Il a en outre deux ou trois domiciles, choisissant pour l'habiter celui qui est le plus favorable à ses intérêts du jour.

Il résulte de tout cela que Jean Le Coullon, au point de vue sentimental, n'a rien de ce qu'il faut pour exciter une sympathie entramante. Mais sous d1 autres aspects, il se présente d'une manière plus favorable. Laborieux, économe, il ne cherche pas ailleurs que dans la pratique de ces vertus

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