PREFACE XI
!es de son intelligence aiguisée, prompte à l'attajue, prompte à la défense, que tout excite, que ^ien ne déconcerte, sur la vie dont il anime tout :e qu'il touche, le mouvement et la lumière qu'il 'épand autour de lui, Sarcey ne tarit pas, et :'est de plein cœur qu'il s'abandonne. Il l'aime. liais cela ne l'empêche pas de le juger. « About, lepuis son prix d'honneur de philosophie, écrit- 1, s'est mis dans la tète qu'il est né pour les ^cherches métaphysiques. Je crois, en effet, [u'il réussira dans tout ce qu'il entreprendra. Il i un esprit merveilleusement facile. Mais vrainon t il me semble qu'il s'égare. Il porte dans les 'tudes philosophiques cet esprit sceptique, raileur, voltairien, qui le suit partout. Il va de doute n doute, mais sans jamais tâtonner, hardiment, l'une allure libre, dégagée, détruisant toujours, ■ans jamais se donner la peine de reconstruire. V, i la prétention de réfléchir beaucoup et profonlément. Dieu fasse paix à son âme ! C'est sans Ioule quand il dort; car je ne le vois jamais ab- •orbé en étude. »
J'imagine qu'en écrivant cela, il avait sous les eux, à côté de la spirituelle et tumultueuse phyionomie de son ami, la tête méditative de Taine t le grand abat-jour vert derrière lequel, sous 3 prétexte de protéger ses yeux contre la hr îière trop vive, « l'apprenti philosophe, ceti-là )>, s'isolait et défendait l'intensité de sa penée. Le portrait qu'il fait du grand cacique, dès }s premiers mois de leur vie commune, n'est cites pas indigne d'être rapproché de celui n'en traçait plus tard Yacherot. « Il n'y a pas