XII PUE F ACE
desprit plus étendu, plus flexible, plus aclif. 11 se répand sur mille éludes à la l'ois : mathéma tiques, philosophie, histoire, littérature française ei étrangère, rien ne lui échappe : il a tout vu. tout lu, il sait tout. Il travaille vite et bien... On pouvait craindre que ses principes systématiquelui eussent rétréci l'esprit, éteint l'imagination, refroidi le cœur; et il en est qui le disent... »
Taine, point d'imagination, point de cœur ! Sarcey s'émeut à cette pensée. « Point de cœur: je me porterais garant du contraire. Il n'étale pas une sensiblerie fausse et souvent exagérée sur les malheurs des ouvriers, sur la misère: il ne prend pas feu pour les républiques italienne-, il n'encourage pas les Hongrois de la voix et du geste. Mais au fond, je suis persuadé qu'il se dévouerait pour une noble cause plus aisément peut-être que tous les braillards qui déblatèrent contre la conduite des gouvernements. » El quant à l'imagination, il semble que Sarcey ait, du premier jour, saisi d'un clair regard, dans tout son développement, le génie littéraire de Taine, sa psychologie subtile, sa dialectique impérieuse, la puissance de ses constructions cyclopéennes, et, parmi les amoncellements d'idées et de faits auxquels il se plaît, les splendeurs de sa poésie, cette poésie à la lois latente et luxuriante qui perce et éclate à travers les raisonnements abstraits qu'elle illumine, comme ces fleurs des Alpes qui. poussées dans le roc, s'épanouissent tout d'un coup au milieu d'une nature sauvage, éblouissantes de vigueur et d'éclat. Sarcey sait bien ce qui manque a ces