‹ Journal de jeunesse de Francisque SarceyChapitre 9 sur 40 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

plus graves intérêts de l'avenir. C'est ce qu'avec une bonne foi rétrospective il a travaillé plus tard à mettre en lumière. Le même esprit d'impartialité l'a ramené à Désiré Nisard et à une juste eslime pour son œuvre de défense classique. Devenu sensible aux nouveautés fécondes de la littérature contemporaine et franchement ouvert aux beautés de la langue de Victor Hugo, un peu plus même sans doute que ne l'eût souhaité Nisard, il n'en conservait pas moins le culte de ses premiers maîtres.

L'excuse de Sarcey dans ces erreurs, dans ces fautes de la polémique courante, c'est le sentiment de détachement personnel qu'il y portait. Contrairement à ce qui se produit d'ordinaire, tondis que chaque jour il jetait son talent et sa vie aux quatre vents de la presse, sa pensée s'était rassérénée et élevée. Dire qu'il n'a pas joui de l'épanouissement de sa renommée, que les hommages qui venaient le chercher au théâtre, à son fauteuil d'orchestre, ne lui étaient pas .très doux, que le titre d'oncle, qui l'avait apparenté à tout ce que les lettres comptaient de distingué, ne flattait pas son amour-propre d'ancêtre, ce serait méconnaître le naturel qui était un des charmes de*son caractère, et où le goût de popularité dont il ne se défendait pas trouvait son compte. Mais il a pu écrire, et tous ceux qui se servaient de lui n'en auraient pu dire autant : je n'ai jamais rien demandé. Ce sont ses amis qui ont désiré pour lui l'Académie française et la décoration de la Légion d'honneur. Peut-être en puis- Je parler; car je me suis trouvé mêlé aux négociations à

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