‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 145 sur 683 · LE TABAC EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE TABAC EN ALLEMAGNE

La surface plantée en tabac couvre 22,257 hectares, en diminution de 4,987 hectares sur 1881 . La récolte dépasse 50 millions de kilog. et produit environ 40 millions de marcs. Le rendement est évalué à 20 ou 22 quintaux métriques par hectare; le prix moyen est estimé à 72 marcs le quintal en 1880-1881, et à G7 marcs 50 en 1881-1882. Depuis 1881, les droits sur le tabac indigène sont fixés à 30 marcs par quintal pour la tabac fermenté sec, ce qui équivaut à 24 marcs pour le tabac brut sec. Je vais examiner maintenant le commerce international. Les chiffres sont relatifs à 1881.

Importation. Exportation. Excédent Excédent

d'importation. d'exportation.

1 Feuilles... 185,081 28,486 106,595

2 Carottes de tabac 20,678 2 20,676

3 Jus 674 74 600

4 Cigares 3,569 3,405 164

5 Cigarettes 253 812 — .559

6 Feuilles préparées... 7 8,219 — 8,212

7 Résidus 1 57 — 56

8 Tabac à priser 147 567 — 420

9 Tabac à chiquer 16.5 95 70

10 Tabac à fumer 4,048 589 a, 459

Les articles 1, 2, 3, paient 85 marcs par 100 kilog.; les articles 4 et 5, 270 marcs, les articles 6, 7, 8, 9 et 10, 180 marcs en vertu de la dernière loi. Voici comment se répartissent les recettes douanières perçues d'après ces taxes :

Articles. 1881. Articles. 1881.

marcs. marcs.

2 1,755,097 7 IhO

L'importation dépasse le tiers de la production nationale. L'impôt sur le tabac indigène et étranger rapporte environ 30 millions de marcs. C'est une somme absolument dérisoire comparativement aux receltes françaises. J'ai déjà montré, dans ces colonnes, que l'impôt sur l'alcool et sur la bière est très faible. On se trompe étrangement quand on parle des embarras financiers de l'Allemagne. Je ne puis qu'effleurer ici cette question; je renvoie pour l'examen complet les lecteurs du Journal de l' agriculture aux études sur les finances allemandes, que j'ai publiées dans le Journal des Economistes.

Paul MULLEII.

Nous donnons aujourd'hui, dans les fig. 20 à 22, la reproduction des bandes d'animaux, dans les races bovines, ovines et porcines, auxquelles les prix d'honneur ont été attribués.

Pour les bœufs, le lauréat du prix d'honneur a été M. Gustave A'altau, éleveur à Yindelle (Charente), qui exposait une bande de bœufs durham-manceaux (fig. 20). Ces animaux pesaient ensemble 3,181 kilog. ; ce poids se répurtissait comme il suit : un bœuf âgé de 38 mois et 10 jours, pesait 772 kilog. ; le deuxième, âgé de 42 mois, pesait 772 kilog.; le troisième, âgé de 42 mois et 15 jours, pesait

840 kilo^. ; le quatrième, âgé de 44 mois, pesait 797 kilog. — Le mérite du lauréat, nouveau venu pour cette haute récompense, est d'autant plus grand qu'il avait à lutter contre quelques-uns des engraisseurs les plus réputés.

C'est la première l'ois que nous vo^'ons la race mérinos prendre place dans les grandes boxes d'honneur. La bande qui a valu la coupe à M. Paul Delamarre, éleveurs à Eprunes (Seine-et-Marne), était composée de 1 5 moutons âgés de 1 7 mois et pesant ensemble 1 ,075 kilog. ; c'est un poids moyen de près de 72 kilog. par tête. C'est un poids remarquable, non seulement pour la race mérinos, mais même pour la plupart des autres races. La feime d'Eprunes est depuis longtemps

Fig. 20. — Bande de bœufs durham-ffianceaux, rouges et blancs, exposés [ar M. Valtau, à Vindelle (Charente), prix d'honneur au Concours général de Paris, en 1883.

célèbre ; le nouveau laurier qu'elle a conquis vient se joindre aux nombreux prix: qu'elle a déjà remportés.

En ce (|ui concerne les bandes de porcs, la lutte a été vive entre les races françaises et les races étrangères. Lo principal champion des races françaises était M. Ch. Dumontier, l'habile éleveur de Claville (Euro), qui a exposé plusieurs bandes de porcs normands justement remarqués. Finalement la victoire est restée aux porcs yorkshire. Les trois animaux composant cette bande étaient âgés de 11 mois et 25 jours, et pesaient, l'un 206 kilog., le deuxième 212 kilog., et le troisième 232 kiiog.

Ce n'est pas sans une certaine émotion que le concours a été clos. M. Heuzé, commissaire général, ayant acquis la preuve que de fausses déclarations avaient été faites par plusieurs exposants, a mis le séquestre sur un certain nombre d'aninuiux primés.

Au premier rang des animaux séquestrés, se trouve la bande de porcs pour laquelle le prix d'honneur a été attribué. L'exposant était un M. Vedel, à Noyant (Allier). Or, il se trouve que ce M. Vedel est le domestique de i\I. Henry père, à Noyant (Allier), lequel a exposé

SOUS quatre noms, le sien, celui de ses deux fils et celui de son domestique.

Le prix d'honneur, deux autres prix, et deux mentions honorables, ont été ainsi gagnés frauduleusement.

La même mesure a été prise pour le porc qui a remporté le prix d'honneur. M. Chaminade, à Pantin (Seine), n'est ni éleveur ni engraisseur, mais simplement commissionnaire à la Villette. Les animaux qu'il exposait, ainsi que son associé M. Berger, ne leur appartenaient pas depuis le temps prévu parle programme.

Enfin, M. Lucien Larrouy, à Aixe-sur-l'Adour '.Landes), exposait sous son nom et sous celui de son liis âgé de huit ans. 11 a pu ainsi obtenir quatre prix et une mention honorable.

Ces faits sont l'objet d'une enquête sévère. On affirme que des délits semblables ont été commis par des exposants dans l'espèce bovine.

L'exposition des volailles était extrêmement remarquable. Le fait capital qui en ressort est celui-ci : c'est que, dans la basse-cour comme

Fig. 21. — Bande de moutons mérinos, âgés de 17 mois, pesant ensemble 1,075 kilog., exposés par M. Faul Delamarre, à Éprunes (Seine-et-Marne), prix d'honneur au Concours général du palais de l'Industrie, à Paris, en 188'3.

dans les étables et les bergeries, on s'attache de plus en plus à l'élevage des animaux de race pure. Les races françaises de poules sont de plus en plus recherchées, en même temps que l'on continue à faire des efforts persévérants pour les améliorer au point de vue de la production de la viande et de la rapidité du développement. On a retrouve dans la liste des prix, que nous avons publiée la semaine dernière, les noms de ceux qui se placent à la tête de ce mouvement ; citons notamment M. Lemoiue, à Crosne (Seine-et-Oise); M. Voitellier, à Mantes (Seine-et-Oise); MM. Faicy, à Foulietourte (Sarthe), etc. L'importance de leur exposition démontre aue celte belle industrie est en pleine voie de prospérité.

A cette occasion, nous annonçons avec plaisir que M. Lemoine va commencer à publier, sous le titre Le Poussin^ une revue hebdomadaire spéciale aux intérêts de la bassecour; nous lui souhaitons le plus complet succès.

Après les races gallines, celles des canards sont celles auxquelles les éleveurs ont fait faire le plus de progrès; c'est ce qui ressort encore de l'exposition. Des pigeons nous ne dirons rien; le nombre

des variétés est devenu tellement élevé qu'il est à peu près impossible de s'y reconnaître si l'on n'a pas à sa disposition un fil d'Ariane que nous ne possédons pas.

Les exposants d'animaux de basse-cour se divisent en deux catégories : ceux qui élèvent, c'est-à-dire les exposants producteurs; ceux qui achètent pour revendre, c'est-à-dire les exposants simplement marchands. Dans les autres parties du concours général, qu'il s'agisse de produits agricoles, de beurres, de fromages, etc., ces deux classes d'exposants se retrouvent, mais on les fait concourir dans des catégories séparées. Ici, au contraire, il n'y a aucune distinction; producteurs et marchands sont confondus dans une promiscuité complète. Cette situation présente des inconvénients sur lesquels il est inutile d'insister. Nous pensons qu'il y a là une réforme à opérer, réforme qui serait facile, et pour laquelle il n'y aurait qu'à adopter les errements qui servent de base à la classification dans les autres parties du concours.

Un mot, en terminant, sur l'industrie des couveuses artificielles.

Fig. 22. — Bande de porcs yorkshire-middlesex, âgés de 11 mois 25 jours, pesant ensemble 6.50 kilog., ayant remporté le prix d'honneur au Concours général du palais de l'Industrie, à Paris, en 1883.

Cette industrie continue à être prospère, ainsi que nous l'avons déjà constaté l'an dernier. Les appareils réellement pratiques étaient nombreux à l'exposition. Ce n'est plus que par des détails, souvent même peu apparents, que ces appareils se distinguent les uns des autres. A côté des couveuses, les poulaillers, leur petit mobilier, les parcs et les volières se présentent avec une variété et une bonne construction qui étaient tout à fait inconnues il y a quelques années seulement.

Henry Sagnier.

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