‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 148 sur 683 · DE FRANGE. — IL · texte numérisé non relu

DE FRANGE. — IL

Après la séance d'ouverture dont nous avons rendu compte, les travaux delà Session ont commencé.

Séance du 30 janvier. — La plus grande partie de cette séance est consacrée à la lecture de rapports sur les concours ouverts par la Société.

Tout d'abord, M. H Vilmorin fait connaître les résultats du concours ouvert pour la culture du blé dans les départements des Basses-Alpes, de l'Hérault et delà Vendée. — Dans les Basses-Alpes, trois prix sont décernés : 600 fr. à M. de Lotts, à Saint-Tulle, qui a obtenu 25 hectolitres à l'hectare; 200 fr. à M. Dherbès, à Manosque, qui a obtenu 22 hectolitres par hectare; 200 fr. à M. Liforest, à la Grande-Bastite, qui a obtenu le même rendement. — Dans l'Hérault, un prix unique est attribué à M. Marignan, à Marsillargues, qui a obtenu 25 hectolitres par hectare. — Dans la Vendée, quatre prix sont décer-

nés : 400 fr. à M. Auguste Vincendeau, à Siint-Philbert; 300 fr. à M. Bridonneau, àThonarsais ; 200 ff. à M. Charpentier, à Bel-Air; lOO fr. à M. Pierre Vincendeau, à l'Acheneau.

Sur le rapport de M. de MonicauU, relatif au prix Léonce de Lavergae, deux médailles d'or sont décernées à Î\I. Nicolas, professeur départemental d'agriculture à Oran (Algérie), et à M. Dufourc-Bazin, professeur départemental dans les Landes. — Sur le rapport de M. Blanchemain, le prix Aultmann est attribué à M. Massé, éleveur à Germigny (Cher), pour son troupeau de moutons.

Il eàt donné lecture d'un rapport de M. Bordet, sur les griefs de l'agricnltiire. D'après ce rapport, ces griefs peuvent se résumer dans les propositions suivantes : 1° l'agriculture n'est pas représentée aussi bien que l'industrie; les chambres consultatives ne se réunissent pas, elles sont du reste, à la nomination des préfets; 2° l'agriculture n'a pas le même crédit que l'industrie, il est urgent que le projet de loi sur le . crédit agricole mobilier déposé le 20 juillet dernier au Sénat par le gouvernement soit voté au plus tôt; 3" l'ap^ricullure paye plus que sa part dans les charges publiques; la propriété rurale paye 24 pour 100 de son revenu, la propriété urbaine 20 pour 100, la propriété mobilière 8 pour 100 ; 4" la terre paye l'impôt même quand elle ne donne pas de revenu ; la Société des agriculteurs a donc le droit et le devoir de demander que les corps de ferme vacants et les champs incultes puissent obtenir des remises ou modérations comme il en est accordé aux maisons non louées et aux usines en chôma2:e ; 5" l'agriculture paye à elle seule les-trois quarts des prestations; 6" l'agriculture na pas l'égalité devant l'enregistrement. En conséquence, la Commission, propose à l'assemblée d'émettre le vœu : « qu'il soit apporté par les pouvoirs publics à la législation existant sur les points sus-indiqués des modifications ayant pour effet de supprimer les inégalités de traiment dont souffre l'agriculture et de la placer au point de vue légal dans la situation due à la première de nos industries..» Ce vœu est adopté.

Séance du 31 janvier. — Sur la proposition de la Section d'horli- ' culture et sur le rapport de M. Michelin, une médaille d'or a été altribuée à M. DudoLiy pour ses études sur l'application des engrais chimiques à l'horticulture.

Sur le rapport de M. Séverin- Leroy, le prix agronomique, pour le concours ouvert sur la comptabilité agricole est décerné à M. de Sauvage.

M. lienry Mares fait un exposé intéressant des efforts qui sont poursuivis par les viticulteurs dans la lutte contre le phylloxéra. Il entre dans des détails précis sur les résultats obtenus, d'une part, par la submersion; d'aulre part, par les insecticides; d'autre part enfin, par la culture des vignes américaines. Il insiste sur les services que la création des syndicats de viticulteurs a rendus dans la plupart des régions atteintes par le fléau. Il conclut en affirmant que la viticulture a le droit d'avoir confiance dans l'avenir. Cet exposé, qui est écoute avec une vive attentio.i, se termine par l'expression de deux vœux, l'un, sur l'exécution du canal dérivé du Rhône; l'autre, sur l'exonération d'impôt foncier en faveur des vignobles récemment reconstitués.

M. de Parieu fait connaître que la Section d'enseignement agri-

cole s'est occupée de la question des écoles d'agriculture, dont le nombre est trop restreint en France. Dans le centre et dans l'est, le manque d'écoles d'industrie laitière se fait sentir de plus en plus; il est temps de revenir au pio^ramme d'instruction agricole posé en 1848 par le ministre Tourret. En conséquence la Section propose le vœu suivant : « La Société des agriculteurs demande que le gouvernement reprenne l'organisation de renseignement régional de l'agriculture, d'après la loi du 4 octobre 1848, principalement dans Tinlérêt du sud-ouest, du centre et de l'est de la France, qui n'ont ni grande école régionale ni école pratique. Elle fait particulièrement remarquer que les besoins de la culture pastorale si développée dans les montagnes du centre manque d'établissements pour l'enseignement pratique et expérimenta] de l'industrie laitière. » Ce vœu est adopté après quelques observations de M. deMonicault, qui estime qu'il est utile de réclamer plus vivement la création d'écoles régionales dans toutes les contrées de la France, et surtout de protester encore une fois contre les suppressions qui ont été faites autrefois, et notamment contre celle de l'école de la Saulsaie qu'il lui paraît urgent de réorganiser.

M. F.Vasillière donné les résultats du concours d'enseignement agricole ouvert entre les instituteurs et institutrices des départements des Ardennes, du Rhône, Haute Loire, Hautes-Pyrénées, Hérault, Manche, Morbihan, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne, Vendée. 58 concurrents dont deux femmes ont pris part à ce concours. Parmi les lauréats, il faut citer M. Grimbert, de Dirion (Pas-de-Calais), qui a obtenu une médaille d'or grand module; M. Carnier, de Courquetai-ne (Seine-et-Marne); M. Aubril, à Saint-Planchers (Manche); M. AUouchery, à Herbelles (Pas-de-Calais); M. Galande, de Laran (Hautes-Pyrénées), et M. Richard , à Quincy (Seine-et-Marne), auxquels il a été attribué des médailles d'or. Dix médailles d'argent, dix de bronze et huit mentions honorables ont été aussi accordées.

Séance du V février. — La séance a été presque entièrement consacrée à deux graves questions, celles de l'élevage des chevaux et celle du régime des eaux. Auparavant, M. de Roscoat, présente, au nom de la section de sylviculture, un rapport sur les pépinières créées par l'administration en Sologne. Organisées à la suite du grand hiver 1870-80, par l'administration des forêts, ces pépinières, destinées à approvisionner les propriétaires éprouvés par les désastres, ont rendu déjà de grands services et sont appelées à en rendre de plus importants encore dans l'avenir. La Section demande à l'assemblée d'émettre les vœux suivants : T que l'Etat continue à entretenir les pépinières de Sologne, et que, dans ce but, les crédits nécessaires soient alloués; 2" que le Conseil transmette les remercîments de la Société aux agents forestiers qui ont participé à la création de ces pépinières.

M. Meslay, au nom de la Section de production chevaline, s'occupe des conditions de l'élevaga du cheval de demi-sang comparé à l'élevage du cheval de trait. Son rapport se termine par les résolutions suivantes : 1" que le gouvernement autorise et prime les étalons de trait dans tous les départements où le cheval de trait est utile ou avantageux à l'agriculture ; 2" que le gouvernement augmente le budget des remontes et autorise ses agents à élever la moyenne du prix des achats, et que la remonte s'efforce de n'acheter qu'aux éleveurs et agriculteurs de façon à supprimer l'intermédiaire le plus possible.

Après une assez longue discussion, à laquelle prennent part MM. Basserie, de Lavalette, Delacour, le texte de ces vœux est adopté. M, Duverdy aborde la question du régime des eaux qui, comme l'on sait, est en ce moment l'objet des délibérations du Sénat. A le suite de son rapport, les conclusions qui suivent sont adoptées. « 1" La Société exprime le vœu que l'article 6 du projet du gouvernement sur le régime des eaux soit maintenu en ajoutant toutefois qu'une dénonciation devrait être faite aux pro-priétaires du fonds supérieur lors de la construction d'ouvrages apparents sur le fonds inférieur; 2° la Société exprime le vœu que dans l'article 14 du projet de la Commission du Sénat il soit dit que les contestations prévues par cet article et que le règlement des indemnités seront jugés par les tribunaux civils; 3" la Société exprime le vœu que l'arlicle 'i3 du projet de la Commission soit modilîé en ce sens qu'on ne puisse jamais révoquer une autorisation donnée par l'adminislration pour faire des ouvrages sur un cours d'eau non navigable ni flottable, sans indemnité; 4° la Société exprime le vœu que dans les déliliérations ultérieures, l'article 45 du projet de la Commission du Sénat sur la délimitation des fleuves et rivières du domaine public soit maintenue à la place de la rédaction primitive du projet du gouvernement.

La séance est terminée par un rapport de M. Brandin sur les modifications à introduire diins les systèmes de culture pour la région du nord. Nous aurons à revenir sur ce travail important.

Séance du 2 février. — M. Houdaille de Railly expose le résultat de ses études sur les modifications qu'il conviendrait d'apporter aux systèmes de culture dans la région du centre. Nons aurons à revenir sur ce travail, comme sur celui de M. Brandin.

M. Le Breton revient sur les conditions imposées, dans certaines circonstances, aux adjudications de blé par l'intendance militaire. Il rappelle les faits qui ont été signalés ici, ainsi que les mesures qui ont été prises pour en empêcher le retour. Il termine en demandant à la Société de voter : 1" qu'un décret portant règlement d'administration publique enjoigne aux agents de la guerre de donner toujours la préférence aux blés français, à égalité de prix; 2" que les adjudications soient fractionnées en lots assez faibles pour que les cultivateurs puissent devenir directement adjudicataires. Après quelques observations présentées par M. Lejeune et par M. le colonel Salvador, ces vœux sont adoptés.

Sur le rapport de M. Ricard, l'assemblée renouvelle le vœu que la question de Tutilisation agricole des eaux du Rhône reçoive une prompte solution.

M. de Calonne propose de décerner une médaille d'or àM.Argonach, qui est, depuis plus de vingt-cinq ans, professeur libre d'agriculture à Quimperlé.

Après avoir exposé les conditions actuelles de l'élevage et du commerce des chevaux dans le Perche et le Boulonnais, M. d'Aillières demande à la réunion d'exprimer un double vœu j)Our la création de primes de monte en faveur des étalons de trait et pour l'organisation d'un concours général de chevaux de trait qui pourrait être annexé au concours général agricole de Paris. Ces vœux sont adoptés.

La séance se termine par un exposé fait par M. Ameline de la Briselainne sur la question de la représentation de l'agriculture. La

Société des agriculteurs de France renouvelle le vœu, plusieurs fois exprimé, du retour pur et simple à la loi de 1851 sur la représentation oificielle et élective de l'agriculture.

(La suite prochainemenl). Henry Sagnier.

Page 1