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SUR LES MOYENS D'AMÉLIORER LA SITUATION

Dans une série d'articles, récemment publiés dans le Journal de l'agriculture, M. Duroselle, après avoir exposé la situation précaire dans laquelle se trouve l'agriculture française, propose un mode de culture du blé comme moyen d'améliorer cette fâcheuse situation.

Je ne contesterai point la valeur du conseil de M. Duroselle au point de vue cultural ; mais pour le cas dont il s'agit, il me semble que le remède préconisé par l'écrivain a bien peu de portée et de valeur. Tous les cultivateurs ne sont pas agriculteurs, plusieurs sont viticulteurs, sériciculteurs, etc., et n'ont rien à voir dans la culture du blé. En outre il n'y a pas que les agriculteurs qui aient à se plaindre de la situation actuelle ; on peut entendre des plaintes plus ou moins vives et plus ou moins fondées, à tous les degrés de l'échelle sociale. Il ne s'agit donc point de quelques hectolitres de blé déplus ou de moins, mais de causes diverses et d'une importance capitale.

Quand le navire n'avance plus, il ne s'agit point de divaguer sur la couleur des voiles, ou sur le mécanisme du gouvernail; mais bien de savoir si cela dépend du vent ou de la marée. Il est bien évident que notre régime économique laisse beaucoup à désirer, et c'est sur ce point que je veux appeler l'attention de mes lecteurs.

Pour bien finir, il faut bien commencer; et pour bien commencer il faut commencer les choses par leur commencement. Or, pour moi le commencement en fait d'économie sociale, c'est une logique et équitable répartition des impôts; et, à mon avis nos impôts ne sont point répartis, ils sont jetés comme attràppe qui pourra. Celui-ci paiera parce qu'il est bancroche, celui-là parce qu'il est bancal, celui ci parce qu'il est bossu, celui-là parce que peut-être il le deviendra. Mais, pour quel motif et d'après quel principe, Je n'en sais rien, ni d'autres non plus.

La contribution foncière a bien été une fois répartie d'après le principe ou assiette du revenu net, mais depuis cinquante ans bien des choses ont changé. Dans certains cas, la propriété a doublé, quadruplé, décuplé de valeur, quand par ailleurs la valeur n'a presque pas varié, et l'impôt n'a point été modifié en conséquence. En sorte qu'il n'y a plus ni équité ni harmonie, mais une telle disproportion dont on sera fort étonné quand on en aura connaissance, et qu'on s'étonnera à bon droit qu'une telle anomalie ait pu durer aussi longtemps. Il faut donc nécessairement en venir à une nouvelle et équitable répartition des impôts.

L'impôt, basé sur l'assiette du revenu net est bien le système le plus équitable, mais je ne dis point le plus logique, car il faut qu'il soit possible d'arriver à la connaissance exacte de ce revenu net. Or, chacun sait qu'il est très difdcile de connaître le revenu net d'une propriété et que cela est matériellement et mathématiquement impossible quand il s'agit d'une parcelle, le revenu pouvant varier à l'infini avec le temps, le mode de culture et une foule de circonstances qu'il est naturellement impossible de prévoir.

A mon avis il serait bien plus simple et plus logique de baser la contribution foncière sur la valeur vénale de la propriété, ce qu'il est

toujours facile de savoir et de connaître^ ce qui prête peu à l'arbitraire et ce qui est bien la meilleure expression dont on puisse se servir pour déterminer la richesse réelle.

Emile Josse.

Séance du 28 février 1883. — Présidence de M. Chevreul. M. Vandercolme envoie à la Société une note sur les résultats qu'il a obtenus pour la transformation des fosses à fumier vicieuses. Avec une très faible dépende, ainsi que le savent les lecteurs du Journal^ on obtient une plus grande quantité de fumier de meilleure qualité. M. Daviau, vétérinaire à Patay (Loiret), transmet une conférence qu'il a faite sur la vaccination préventive des moutons contre le charbon, d'après la méthode de M. Pasteur.

M. Plonquet envoie le compte rendu du congrès agricole de Chaumont en 1882; — M. Eugène Lahaye, une étude sur l'unification des tarifs de chemins de fer; — M. le baron de Galonné, un volume qu'il vient de publier sur la vie agricole sous l'ancien régime en Picardie et en Artois; — M. Doumet-Adanson, une notice sur la fédération des Sociétés d'horticulture en France; — M. Gaetoni Cantoni, une brochure sur l'année agricole 1882 en Italie.

M. Gayot, après avoir présenté plusieurs pelotes stomacales de Léporidés, dont il a précédemment parlé à la Société, fait une communication sur des expériences ordonnées par le ministre de la guerre sur l'alimentation du cheval de troupe au moyen de la ration ordinaire comparativement avec unei ration dans laquelle entre la farine de cocotier. Il paraît résulter de ces expériences que l'intervention de la farine de cocotier dans la ration a produit d'excellents résultats.

M. Prillieux présente quelques détails sur les expériences auxquelles s'est livré M. Jensen relativement au Peronospora de la pomme de terre. M. Jensen, après avoir cultivé ce champignon dans divers états de température, a constaté qu'à partir de 25", le mycélium ne produit plus de spores; il pense que cette circonstance est peut-être la cause pour laquelle la maladie des pommes de terre ne se développe pas dans quelques régions. M. Peligot cite, à cette occasion, des expériences dont il a été témoin, d'où il paraît résulter que le plâtre empêche les progrès de la maladie. M. Boussingault constate que, sur les plateaux des Andes, on a bien constaté la maladie des pommes de terre, mais qu'on s'en inquiète peu, parce que la maladie ne peut pas être propagée par les tubercules conservés, l'habitude étant d'arracher ces tubercules au fur et à mesure des besoins de la consommation.

Henry Sagnier.

(3 MARS lb83).

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