‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 254 sur 683 · L.\ SURVEILLANCE DES ETALONS ET DES JUMENTS · texte numérisé non relu

L.\ SURVEILLANCE DES ETALONS ET DES JUMENTS

reconnaître assurément. Je le répète, avec un peu de bon vouloir la chose est facile.

Notre agriculture, si éprouvée depuis quelques années, ne peut plus songer, momentanément du moins, à regarder comme as^ez rémunératrice sa production de céréales, et c'est bien évidemment dans l'élevage des animaux de bonnes races et dans des plantations fruitières qu elle doit aujourd'hui rechercher la planche de salut sur laquelle il lui faudra se maintenir en attendant des temps meilleurs.

Je Tai déjà dit plusieurs fois, je ne saurais trop le répéter, il est absolument juste que le bien général passe avant des intérêts particuliers, quand bien même ils seraient respectables, ce qui n'a pas lieu dans ce cas-là, il faut en convenir!

Je sais que quelques cultivateurs trouvent des avantages à faire reproduire leurs juments poussives, mais c'est là tout simplement une fraude et une source de profits de mauvais abi tout au plus excusable chez de pauvres gens qui, par ces temps de gêne, se voient forcés de faire flèche de tout bois. Mallieureusement, il arrive chaque jour à notre connaissance que des propriétaires aisés ne se font également aucun scrupule de ré andre dans le commerce des chevaux issus de leurs vieilles juments devenues poussives et iinpropres à tout service autre que la reproduction.

Et puis, sur les marchés, quand il sera admis dans les usages de demander au propriétaire d'un poulain mis en vente une carte constatant qu'il est né d'une mère exempte de vices trammissibles, le cultivateur qui n'en sera pas muni, n'arrivant plus à vendre ses produits qu après les autres et difficilement^ finira avec le temps par renoncer à ses vieilles habitudes, au grand avantage de tout le monde.

Nos chevaux français sont estimés partout. On a déjà fait beaucoup pour eux, j'en conviens, mais il reste encore beaucoup à faire, tout Je monde le sait, pour arriver à la perfection, que je ne crois pas impossible cependant avec les éléments que nous avons déjà.

Réunissons donc nos efforts, laissons de côté la routine, travaillons avec intelligence, n'hésitons pas à accomplir les réformes nécessaires et nous arriverons, j'en ai l'assurance, à trouver dans notre production chevaline, qui sera bientôt la première du monde, des ressources qui Viendront largement en aide à notre agriculture.

Il se produira bien quelques résistances et quelques mécontentements au début, cela ne fait pas de doute ; mais on sera sûr, dans tous les cas, de voir les honnêtes gens, 7nême momentanément lésés, applaudir à cette sage mesure, et ce sera largement suffisant, je pense.

É. Cassé,

Membre de la Société d'agriculture de l'Eure.

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