CONCOURS DE REPRODUCTEURS DE PARIS
Dans ces articles je remarque plusieurs assertions auxquelles je tiens à répondre.
M. de la Tréhonnais constate d'abord la magnificence du concours des Champs-Elysées; il montre l'extension croissante de cette grande exhibition, il signale le nombre absolument inusité de visiteurs qui l'ont parcourue, et il rend un hommage bien mérité au ministère de l'agriculture, organisateur de ce concours. Sur tous ces points nous sommes avec lui en parfaite communauté d'idées, mais où nos divergences commencent, c'est quand votre correspondant formule ses idées, sur l'organisation des futurs concours généraux, et quand il apprécie le rôle joué par la Société des agriculteurs de France dans celui qui vient de finir.
M. de la Tréhonnais soutient que la date du carnaval n'est pas favorable à l'exhibition des animaux reproducteurs, et il ajoute que l'annexion de cette exhibition à celle des animaux gras est une mauvaise mesure.
Je ne m'arrêterai pas à discuter les difficultés que présente, d'après M. de la Tréhonnais, le transport des animaux en hiver, et Tobligation oii l'on peut se trouver de leur mettre des couvertures dans l'enceinte du palais; nous ne sommes pas heureusement en Sibérie, et avec l'état actuel de nos transports, il n'est pas douteux qu'il sera toujours possible de conduire des animaux jusqu'à Paris. La seule question à étudier est de savoir si l'époque du carnaval est une date favorable pour la vente des reproducteurs.
Sur ce point, il me semble que les usages de l'élevage français ne laissent aucun doute; c'est presque toujours en hiver que nos agriculteurs font leurs achats d'étalons, et c'est pour se conformer à leurs habitudes, que les ventes de reproducteurs des vacheries de l'état, soit au Pin, soit à Corbon, ont toujours eu lieu avant le printemps.
Un autre argument non moins concluant à donner en faveur de la date choisie par le ministère de l'agriculture, c'est le succès merveilleux du concours-vente, organisé par la Société d'agriculture de la Nièvre. Tout le monde sait que le concours de cette Société, créé sur l'initiative et par les soins de son président le comte de Bouille, a lieu au mois de janvier, et qu'il est devenu le marché le plus important de reproducteurs qui existe à ce jour en France. Pourquoi semblable succès ne serait-il pas réservé au concours général de Paris?
Même réponse à donner relativement à la connexité du concours des animaux gras, avec celui des animaux reproducteurs; à Nevers, les deux exhibitions sont simultanées, et il a toujours été admis que cette simultanéité était une des causes principales de leur succès.
En effet l'étude des animaux de boucherie comparée à celle des reproducteurs, donne les plus utiles enseignements, et ces enseignements, nous en avons besoin pour guider les opérations de notre élevage.
Un autre motif non moins important à signaler en faveur de la concentration des concours, c'est l'avantage de réunir sur un seul point, et à une môme époque des hommes qui ont besoin de ménager leur temps et leur argent, mais qui doivent rechercher toutes les occasions de se mettre en contact les uns avec les autres. Rien ne peut être plus favorable à la réalisation de cette nécessité professionnelle, que l'attraction de trois concours, jointe à celle des grands congrès agricoles toujours convoqués pour cette même date.