‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 258 sur 683 · CONCOURS DS REPRODUCTEURS DE PARIS · texte numérisé non relu

CONCOURS DS REPRODUCTEURS DE PARIS

Puis enfin si l'on veut tenir compte de la nécessité d'appeler un public nombreux dans l'enceinte de nos solennités agricoles, on comprendra qu'au lieu de multiplier ces solennités, il faut les développer et chercher à séduire les foules par l'aspect d'un spectacle attrayant, à l'aide duquel on captive les nouveaux adhérents^ tout en créant les grosses recettes.

J'arrive maintenant au jugement porté par M. de la Tréhonnais sur Tintervenlion de la Société des agriculteurs de France dans la création du concours des reproducteurs, et sur la forme que cette Société a donné aux encouragements distribués par elle.

M. de la Tréhonnais s'exprime ainsi, en parlant des primes de monte :

(Journal de V agriculture, n" du 3 mars 1883, page 341) : « Est-il « possible de rien concevoir de plus saugrenu, et comme je l'ai « dit dans mon dernier article;, de plus ridicule? etc. », que ces primes.

Je ne veux pas qualifier les termes dont se sert M. de la Tréhonnais, mais je suppose que mes lecteurs estiment comme moi qu'ils sont peu conformes à ceux que les usages de la politesse la plus vulgaire permettent d'employer en pareille circonstance. La Société des agriculteurs de France est la plus importante de nos Sociétés agricoles; elle se compose de près de 5,000 membres, elle compte dans ses rangs les plus grandes illustrations, comment admettre qu'un de ses membres vienne de sa propre autorité traiter de saugrenues et de ridicules, des opérations étudiées avec soin, arrêtées par le grand conseil et votées par l'assemblée générale.

Quoi qu'il en soit, M. de la Tréhonnais continue son argumentation et il ajoute (même page 341) : « Supposons que j'aie un voisin dont (f l'étable est fort inférieure à la mienne. Il a mené ses taureaux au t< concours d'étalons, moi j'ai gardé les miens pour une raison ou (c pour une autre. Ses taureaux reviennent avec des cartes de primes, « dont il se fait naturellement une réclame; les animaux ont facile- « ment triomphé sur un ensemble de médiocrité. Un troisième voisin « arrive avec une vache à saillir; il dédaigne naturellement mes tau- « reaux, bien qu'ils soient infiniment supérieurs à ceux de mon ce voisin, parce que celui-ci aura fixé à sa porte le signe de la prime (c qu'il aura gagnée ».

Quelle conclusion peut-on tirer de cet exemple? Une seule : c'est que le cas visé par M. de la Tréhonnais, s'il venait à se réaliser, serait désagréable pour lui, mais qu'il ne compromettrait en rien l'élevage français. En effet, de ce qu'un étalon est inférieur à un autre, il ne s'ensuit pas que ce dernier soit forcément mauvais. Pareilles situations se rencontrent à chaque instant dans les stations de chevaux ; un étalon de grand ordre est déplacé; cet étalon n'est pas toujours approuvé ; s'il est approuvé, son titre devient nul par le fait du déplacement ; il arrive dans une localité où des étalons approuvés, d'un ordre inférieur au sien, font la monte; personne ne se préoccupe de cette anomalie et surtout personne n'a l'idée d'en tirer une argumentation contre le régime de l'approbation, qui a rendu et rend tous les jours à l'élevage des services absolument incontestés.

L'application aux taureaux du système des primes de monte adopté pour les chevaux, loin d'être critiqué par les agriculteurs, est au con-

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