‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 287 sur 683 · LA RAGE BOVJNE DE SALERS · texte numérisé non relu

LA RAGE BOVJNE DE SALERS

Depuis l'institution du prix agronomique, les races flamande, normande pure et charalaise-nivernaise ont été successivement appelées à concourir. Dans sa séance du 20 février 1882, votre 2" section décida que ce prix serait attribué eu 1882 à la race de Salers et chargea la Commission de permanence de s'entendre avec les Comices d'Aurillac, de Mauriac et de Salers pour l'organisation du concours. C'est d'un commun accord que le programme fut arrêté.

Conformément à ce programme et au règlement d'organisation, le jury, composé MM. Maisonobe, vice-président de la Société d'agriculture du Cantal, Pontenay de Fontette, de Laforce et Aujollet, s'est successivement transporté, du 19 au 22 octobre, à Aurillac, à Anglards de Salers et à Trizac, où avaient été amenées plus de t)0() têtes de bétail inscrites pour concourir.

La race de Salers, ancienne comme la ville du treizième siècle qui lui a donné son nom, se distingue entre toutes par sa pureté, sa constance et son homogénéité. Elle est race laitière, race de boucherie et race de travail. Elle est éminemment, mais elle n'est pas exclusivement l'une et l'autre; cependant on peut affirmer qu'elle est la seule chez laquelle cette triple aptitude se trouve réunie à un degré remarquable.

Nos belles races françaises ont toutes leur mérite propre et parfaitement caractérisé. Il n'entre pas dans mon plan d'établir ici aucun parallèle. Du reste, le pourrait-on i* Tant que les conditions de milieu, de climat et de nourriture ne seront pas identiques, il sera toujours très difficile de dégager le coefficient du rendement. Or, généralement, ces éléments de comparaison font défaut et les appréciations vagues sont la source de discussions sans fin et sans profit. Combien il est préférable d'exciter l'émulation chez tous nos éleveurs indistinctement, de leur enseigner le progrès, de les encourager dans leurs efforts, de multiplier les concours, ces écoles de Télevage, oi^i chacun peut faire une étude comparative de chaque race, en apprécier les qualités, en reconnaître les défauts et s'inspirer de tous les bons exemples.

C'est dans cette voie, Messieurs, que vous êtes entrés, et je suis l'interprète des éleveurs du Cantal en vous exprimant aujourd'hui toute leur gratitude pour le concours que vous leur, avez offert.

Les principes d'élevage ne sauraient être absolus. Le croisement et la spécialisation ont produit chez un grand nombre de races les meilleurs résultats ; mais appliqués à celle de Salers, ils en auraient détruit toute l'économie et lui auraient fait perdre ses caractères propres et distinctifs. C'est un des grands mérites des éleveurs de cette race d'avoir résisté à l'entraînement général et d'avoir cherché le perfectionnement dans la séleclion, voie la plus lente peut-être, mais incontestablement la plus sûre et la plus naturelle.

C'est par une sélection intelligente et sévère, surtout dans le choix des reproducteurs mâles, c'est aussi par les conseils éclairés de M. Tyssandier d'Escous, le zélé président du Comice agricole de Salers, que les éleveurs ont réussi à produire des animaux plus parfaits.

1. Rapport adopté par la Société des agriculteur.s de France dans sa dernière session.

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