‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 289 sur 683 · I.A RAGK BOVINE DE SALERS · texte numérisé non relu

I.A RAGK BOVINE DE SALERS

cours général, que les bœufs de Salers tenaient la tête au point de vue de la proportion existant entre la viande de 1 '"'' catégorie et celle de 2" et 3" catégorie, et qu'ils devaient être classés en seconde ligne sur le tableau de rendement en viande digestible. Ce témoignage peut nous suffire.

On lui a reproché son défaut de précocité. 11 y a du vrai; mais on a pris pour un défaut de nature ce qui n'est que l'effet d'un régime défectueux. Les bêtes bovines de Salers, mal nourries dans leur jeune âge, sont livrées de bonne heure aux travaux des champs ou à la production du lait. Généralement, leur engraissement ne commence que lorsqu'elles sont épuisées par le travail ou la lactation : mais aussitôt qu'avec le repos elles trouvent une nourriture plus abondante, elles font preuve d'une faculté d'assimilation remarquable et d'un engraissement aussi prompt que facile.

Je ne parlerai ni de la rare aptitude de cette race au travail, ni de sd grande fécondité, ni de ses dispositions naturelles à l'acclimatement, ni de son commerce de plus en plus actif et de son exportation toujours croissante. Sur ces divers points tout le monde est d'accord.

Ma tâche serait terminée si je n'avais à appeler l'attention et les efforts des éle eurs sur quelques progrès qu'il leur reste à réaliser.

L'allaitement des veaux est réellement insuffisant. Ils ne commencent à prendre leur développement que la seconde année, au moment de l'envoi au pacage. L'application constante du principe d'hérédité ne suffit pas; pour qu'il produise son effet, il faut qu'il soit allié à un bon régime ; le succès de l'amélioration est à ce prix.

Les veaux mâles qui ne sont pas destinés à la reproduction sont soumis trop tard à la castration et trop tôt au travail ; leur développement est par conséquent plus lent et peut-être moins complet.

Il serait à désirer que les éleveurs n'employassent que des reproducteurs de quinze à dix-huit mois. L'expérience a prouvé que les femelles sont plus sûrement et non moins avantageusement fécondées par les jeunes taureaux.

Les saillies ont lieu en liberté et, par leur fréquence désordonnée, elles deviennent une cause d'épuisement. Les mâles qui ne sont pas réformés après une première année de monte perdent de leurs qualités : les jambes s'affaiblissent, le dos fléchit et l'arrière -train s'amoindrit.

Pendant les six mois de stabulation, les soins hygiéniques sont trop négligés, les étables mal tenues, la litière nulle ou insuffisante, les distributions de sel faites avec trop de parcimonie, les animaux rarement étrillés et plus rarement brossés; enfin, la ration d'entretien est trop souvent incomplète, surtout à partir du moment où les vaches sont taries. Quel qu'ait été le résultat de la récolte, c'est à peu près toujours le même nombre d'animaux qui, l'hiver, se la partagent. C'est s'exposer à des mécomptes que de méconnaître ce principe d'économie du bétail : Moins nourrir pour mieux nourrir.

Je vous ai présenté, telle qu'elle s'est révélée dans le dernier concours, la belle et bonne race d'Auvergne, pour employer les termes de M. le marquis de Dampierre, le sympathique et judicieux président de notre Société. Il me reste à vous faire connaître les noms des lauréats.

Plus de 600 têtes de bétail, non compris les veaux, rivalisant par

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