EXHALATION DE L'AZOTE A LTTAT DE GAZ
Pour rechercher les pertes d'azote qui peuvent se produire pendant Li respiration des animaux, on peut suivre la méthode direcle on la méthode indirecte.
J'ai publié^ en 1863, mes Recherches sur la respiration des animaux d^une ferme. Dans ces expériences, j'ai suivi la méthode directe que nous avions adoptée, avec M. Regnault, pour notre grand travail sur la respiration des animaux des diverses classes.
Les dimensions du nouvel appareil m'ont permis alors d'opérer sur des moutons adultes, sur des veaux, sur des animaux de l'espèce porcine, sur de grosses volailles de la ferme, dindons et oies; et j'ai pu établir quelles sont les variations de composition que ces divers animaux ont fait subir à l'air atmosphérique, dans un espace confiné.
Mes expériences, sur les veaux et sur les moutons, ont montré que, chez ces ruminants, le phénomène de la respiration s'accomplit avec une exhalation d'azote et un dégagement considérable d'hydrogène protocarboné ; lapresque totalité de l'oxygène disparu se retrouve dans l'acide carbonique produit.
Chez les animaux de l'espèce porcine, les produits de la respiration sont très différents; on trouve peu ou point d'azote exhalé; la proportion d'hydrogène protocarboné devient presque nulle. Les résultats que nous avions obtenus avec les poules se trouvent confirmés en opérant sur les dindons et sur les oies : il y a eu exhalation d'azote; l'hydrogène libre et l'hydrogène protocarboné ont complètement disparu.
•Cherchant à confirmer la conclusion générale déduites de nos premières recherches, savoir que les produits de la respiration dépendent bien plus de la nature des aliments que de f espèce animale., j'ai fait une étude comparative de la respiration des veaux élevés au pâturage et des veaux nourris au lait^
J'ai trouvé que, chez les veaux ne buvant que du lait pur ou du lait caillé, la nature des produits gazeux delaperspiration se rapproche de ceux qui sont exhalés par les carnivores. La production de l'hydrogène protocarboné devient absolument nulle, mais lliexhalation de f azote est presque doublée.
En suivant la méthode i?idirecte qui consiste à établir, par l'analyse, le bilan de l'azote, entre les aliments et les excréments, j'ai trouvé que l'azote exhalé à l'état gazeux par la respiration serait de 2025 grammes pour deux moutons pendant cent soixante-huit jours, soit 12 grammes en vingt-quatre heures, ou 6 grammes en vingtquatre heures pour un mouton soumis à un régime très riche en matières azotées.
Je rappellerai que dans un 3Iémoire sur la respiration, publié en 1849^ nous avons démontré, M. Regnault et moi, que les animaux des diverses classes dégagent constamment de l'azote, quand ils sont à l'état d'entretien : la proportion de ce gaz exhalé est aussi considérable que celle qui vient d être déduite par la méthode indirecte. D'ailleurs, pour ne laisser aucun doute sur ce fait, j'ai entrepris nn3
1. Annalea de chimie et a'e pky<ique, 3° série, t. LXIX, p. 129.