CHARRUE SULFUREUSE OU INJEGTEUR A TRACTION
l'on reconstruit en ce moment et qui suit avec le plus grand zèle et la plus grande activité tous les procédés imaginés dans ce but, avait organisé, au mois d'octobre dernier, un concours de charrues sulfureuses.
L'essai eut lieu chez M. P. Gastelnau, sur son domaine du grand Mazet, près Saint-Laurent-d'Aigouze, et on fut assez satisfait, d'une manière générale, du fonctionnement des appareils que MM. Gastine et Fallières avaient bien voulu exposer. Toutefois, on reconnut unanimement que l'idée était bonne, mais que des perfectionnements devaient être apportés à ces injecteurs tant sous le rapport de la simplicité du mécanisme que de leur bonne marche dans les diverses natures du sol. Aujourd hui, paraît-il, ces lacunes ont été comblées et ces charrues spéciales possèdent ces qualités si précieuses qui ouvrent la porte des fermes à tous les instruments agricoles.
Mais un propriétaire de Vàuvert, M. Louis Pairaube, qui avait assisté aux essais de Saint-Laurent-d'Aigouze, voulut, lui aussi, imaginer un injecteur encore plus simple et plus pratique. Et nous nous empressons de dire que, sauf quelques modilications d'ordre secondaire qui seront apportées ultérieurement, M. Pairaube a pleinement réussi ^
La Société d'agriculture s'est transportée le 21 février dernier, à Beauvoisin (Gard), chez M. Mauberna, pour examiner le mécanisme de ce nouvel injecteur et le faire fonctionner ensuite sous ses yeux; ayant assisté à ces essais, nous pouvons en donner la description et fournir quelques détails pratiques sur son fonctionnement.
IL — Cet instrument, aussi simple qu'ingénieux, consiste essentiellement en une pompe à double effet qui est mise en mouvement à l'aide d'un vilebrequin fixé à l'essieu des roues. Les roues, au nombre de deux, transmettent donc la force motrice et l'essieu qui les réunit présente un coude vers son milieu sur lequel est adaptée une bielle qui va se fixer sur le balancier de la pompe.
Ce balancier porte une graduation correspondant à des qualités déterminées de sulfure; c'est ainsi, par exemple, que si on fixe la bielle du vilebrequin à l'extrémité du balancier on répand 6 grammes d'insecticide par mètre courant, et 24 grammes au contraire si on la fixe très près des pompes, puisque dans ce dernier cas on augmente la course des pistons. C'est là que résideV idée-mere de l'instrument, car on peut à l'aide de ce balancier et de la bielle qui y glisse à frottement doux, régler très simplement la dose de sulfure à répandre par mètre de sillon ou par hectare.
Le mouvement peut être transmis aux pompes à volonté par l'une ou l'autre roue, mais c'est toujours la roue située en contre-bas qui est choisie pour opérer cette transmission, et dans ce cas cette dernière est embrayée ou calée avant la marche et l'autre rendue folle. Cette manœuvre est des plus simples. Nous voyons par conséquent que le nombre de coups de piston est subordonné au nombre de tours que fait la roue motrice; or, cette roue ayant l'".75 de circonférence, il y a nécessairement un coup de piston donné toutes les fois que la machine parcourt une distance de 1™.75.
Au devant de l'appareil, et placé exactement au-dessus des roues, se trouve un réservoir en tôle pouvant contenir 25 kilog. de sulfure de
1. Il est regrettable que l'invenleur n'ait encore rien publié sur son instrument.