‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 344 sur 683 · CHARRUE SULFUREUSE OU INJEGTEUR A TRACTION · texte numérisé non relu

CHARRUE SULFUREUSE OU INJEGTEUR A TRACTION

carbone et qui porte sur le derrière un tube de niveau et une graduation afin qu'on puisse savoir à tout instant et la quantité d'insecticide employée et celle qui se trouve dans le réservoir.

Ce réservoir communique avec la pompe à l'aide d'un tuyau en cuivre sur le parcours duquel se trouve un robinet qui permet d'interrompre la communication. L'instrument étant en marche, la pompe aspire le liquide et le projette ensuite dan» le tuyau de refoulement qui glisse sous le bâti et débouche, en suivant une gouttière pratiquée derrière le contre, au fond du sillon. Mais ce tuyau de refoulement possède vers son milieu un robinet à trois voies que l'ouvrier peut fermer aisément à l'aide d'un petit levier, de sorte que ce levier étant abaissé sur le devant et la pompe fonctionnant, le liquide n'est pas projeté sur Je sol, mais gagne le réservoir. En effet, une voie de ce robinet communique avec le réservoir, une autre avec la pompe et la troisième conduit l'insecticide dans le sillon, et, par suite de la manœuvre que l'on peut faire exécuter au levier, on ferme soit les deux dernières voies, soit la première.

Ce petit levier est très précieux; il contribue pour une large part au mérite que l'instrument inventé par M. Pairaubenous paraît présenter. C'est lui qui permet, une fois arrivé au bout de la raie, d'effectuer les tournées sans perte d'insecticide et de pouvoir, sans inconvénient aucun, s'arrêter au milieu de la rangée de souches, lorsqu'un obstacle se présente.

Quant au couteau, qui est destiné à tracer le sillon dans lequel le sulfure se déverse, il présente une forme ordinaire et possède à son extrémité un petit soc qu'on peut renouveler. Il pénètre dans le sol à une profondeur pouvant varier de 0'".r2 à 0'".25, mais qu'on pourrait facilement augmenter si on reconnaissait qu'il y a avantage à creuser un sillon plus profond.

Derrière le couteau se trouve le rouleau compresseur qui est fixé à Fage et qu'on peut élever ou abaissera l'aide d'une crémaillère. Quand l'injecteur est au repos, on abaisse le rouleau et le couteau ne touche pas le sol; on peut ainsi déplacer l'instrument avec la plus grande commodité. Ce rouleau, par son poids, recouvre le sillon, mais il nous a paru un peu léger; d'ailleurs, hâtons-nous de dire que M. Pairaube se propose de le m.odifier.

Enfin, l'appareil se termine par un mancheron en fer.

IIL — Cette charrue sulfureuse, qui a fonctionné devant nous, est très légère et d'une conduite facile; une seule bête la traîne aisément et deux ouvriers dont l'un dirige la bête et l'autre surveille l'injecteur suffisent largement pour pratiquer un bon traitement insecticide. Elle est aussi très simple et un ouvrier est mis immédiatement au courant de son mécanisme. En notre présence, la charrue a répandue 10^.9 de sulfure par mètre courant ou 37^.1 par souche, ou 140 kilog. par hectare comme du reste nous avons pu nous en convaincre en considérant le volume du liquide dans le réservoir avant et après le traitement d'un certain nombre de ceps.

Cet instrumenta travaille dans un sol silico-argileux^ et passait deux fois dans l'intervalle de l'^.SO qui séparait deux rangées de souches. Le sillon était tracé à O'^-rSo ou U'".40 du pied du cep, de sorte que la

1. Dans les grès, le soc produit des étincelles qui déleriuinent une si-rie de détonations sans importance.

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