‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 345 sur 683 · CHARRUE SULFUREUSE OU INJECTEUR A TRACTION · texte numérisé non relu

CHARRUE SULFUREUSE OU INJECTEUR A TRACTION

couche arable recevait les vapeurs sulfocarboniques à l'aide de sillons distants de O^.TS environ. Grâce à la pompe à double effet que possède l'appareil, le jet de sulfure de carbone est presque continu et, par suite, sa diffusion est plus régulière et son efficacité plus grande. Dans un sol non tassé, son travail est irréprochable et on peut alors traiter de 3000 à 4000 pieds de vigne par jour. Le coût de l'opération dans ce ca^ atteint donc à peine le chiffre de 100 francs par hectare ^ Mais parviendra-t on à détruire, en appliquant le sulfure de carbone à l'aide de cet injecteur, tous les phylloxéras qui vivent sur les racines des cépages français? M. Pairaube répond à cette question en citant l'expérience suivante. Un mois environ après l'application du sulfure sur une vigne dont les racines étaient couvertes d'insectes, il examina soigneusement avec un microscope un très grand nombre de radicelles provenant des ceps traités et il lui fut absolument impossible de découvrir la présence d'un seul phylloxéra vivant, il ne vit que des cadavres. Probablement le sol se prêtait admirablement à la diffusion de l'insecticide et le traitement avait été fait en temps opportun. Dans toutes les situations on n'arrivera pas au même résultat ; là où le terrain sera compact, argileux, imparfaitement ressuyé, les effets du sulfure, appliqué même avec l'injecteur Pairaube, ne seront pas aussi encourageants. Le jour de notre visite, la charrue sulfureuse travaillait dans un terrain d'alluvion riche, profond, meuble, où la richesse en sable est certainement supérieure à 50 pour 100. Or, on sait depuis longtemps que la prédominance du sable dans une terre est, pour la vigne française, une cause de résistance au- phylloxéra. Dans ces conditions, il est vrai, l'immunité de la vigne n'est pas absolue, mais sa résistance relative est incontestablement très grande, comme l'attestent, du reste, les vignes situées dans le voisinage et qui donnent des récoltes, quoique ne recevant aucun traitement insecticide. L'expérience faite sur ce terrain, quels qu'en soient les résultats, ne sera donc pas concluante. Toutefois, elle nous^ fournit l'occasion d'ajouter que, dans les sols plus ou moins sableux, le traitement au sulfure est particulièrement recommandable : il diminue le nombre d'insectes et permet, par suite, à la vigne de donner une récolte plus abondante.

Quoi qu'il en soit, M. Pairaube vient de rendre un grand service à la viticulture en mettant à sa disposition un injecteur aussi bien conçu. Mais cet appareil, quelque parfait qu'il soit, ne résoud que le côté économique du problème posé par le sulfure de carbone. Il pourra bien uniformiser, jusqu'à un certain point, la diffusion de l'insecticide, mais il ne modifiera pas la nature du sol, ni les propriétés physiques et chimiques du sulfure de carbone.

En terminant, qu'il nous soit permis de remercier MM. Mauberna père et fils, d'avoir mis si obligeamment leur champ d'expérience à la disposition de la Société et d'adresser également nos remercîments à , M. Pairaube pour le désintéressement avec lequel il nous a expliqué son système. Nous devons aussi des compliments à l'inventeur pour le résultat auquel il est arrivé à force de labeur et de persévérance.

Après les essais, une réception des plus cordiales nous attendait. La Société en est fière et elle en gardera longtemps le meilleur souvenir.

B. Chauzit,

Professeur départemental d'agriculture du Gard. 1. Mais au point de vue de la destruction de l'insecte, l'injecteur à traction sera-t-il supérieur au pal ?

POMPES A CHAPELET DE M. DAVID

POMPES A CHAPELET DE M- DAVID

On emploie, depuis un certain nombre d'années, sur une assez grande échelle, les pompes à chapelet, soit dans les exploitations agricoles, soit dans les communes rurales, dans beaucoup de circonstances. Ces pompes donnent, en effet, d'excellents résultats, quand il s'agit d'élever des eaux ou des purins d'une profondeur qui ne dépasse pas une dizaine de mètres. Les progrès réalisés dans la fabrication des tubes en cuivre et l'emploi du caoutchouc ont permis d'avoir des rendements sensiblement supérieurs à ceux que l'on obtenait naguère. Parmi les bons fabricants de pompes à chapelet, nous devons signaler particulièrement M. Henri David, constructeur à Orléans, qui a

Fig. 49. — Pompe à chapelet, à manège.

imaginé des combinaisons très ingénieuses, suivant l'emploi que l'on veut faire de ces pompes.

Nous citerons tout d'abord la pompe à chapelet mue directement par un manège, que représente la fig. 49. Comme le montre le dessin, la couronne du manège engrène directement sur un pignon dont l'axe porte une roue dentée, commandant un deuxième pignon porté à l'extrémité de l'arbre de la pompe. Le tout est monté sur la margelle du puits, de manière à n'occuper que très peu déplace. Autour du puits on peut établir un réservoir circulaire, analogue à celui figuré dans le dessin; ou bien on peut diriger l'eau dans un conduit qui la mène sur tel point que l'on désire. Les dimensions de l'ensemble de l'appareil sont calculées de telle sorte que l'eau sort de la pompe à une hauteur de 80 centimètres environ au-dessus du sol. Le diamètre des tubes dans lesquels l'eau monte peut varier de 50 à 70 millimètres. Les rondelles qui élèvent l'eau sont en caoutchouc, et on les ajuste de telle sorte qu'elles sont d'un remplacement facile, lorsqu'elles sont usées. Le débit de la pompe varie dans de très grandes proportions, suivant le diamè-

POMPES A CHAPELET DE M. DAVID

tre des tubes, et suivant qu'on en emploie un ou deux, c'est-à-dire que la pompe est simple ou double. 11 peut varier depuis 7,500 litres à l'heure avec un seul tube de 50 centimètres, jusqu'à 30,000 litres avec deux tubes de 70 millimètres. Quant aux prix, ils varient de 490 fr. pour l'appareil, et I4fr. par mètre de profondeur du puits,

dans le premier cas, à 625 fr. pour l'ensemble de l'appareil, et 44 fr. par mètre de profondeur dans le dernier cas.

La fig. 50 montre une pompe à chapelet montée sur colonnes en fonte servant au passage de l'eau, et renfermée dans une enveloppe métallique, cette enveloppe protège la pompe contre les accidents qui peuvent provenir de chocs, de jets de cailloux, etc. C'est un système qui convient spécialement pour les places publiques des communes rurales, pour les écoles, etc. M. David en construit deux modèles de dimensions différentes. Le prix du grand modèle disposé pour être fixé sur le sol varie de 230 à 240 francs suivant le diamètre des tubes qui peut être de 40, 50 ou 60 millimètres. Le prix du petit. modèle varie de 175 à 180 francs suivant que le diamètre des tubes est de 40 ou de 50 millimètres. 11 faut ajouter à ce prix 1 2 à 1 7 francs par mètre de tube, dont le nombre

Fig 50. — Pomp° a chapelet avec enveloppe métallique.

varie suivant la profondeur du puits.

Henry Sagnier.

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