LE EOLE DES FORETS EN ALGERIE
J'ai passé un mois dans les provinces d'Alger et d'Oran, et j'ai trouvé là, chez divers particuliers, chez M, Cordier notamment, d'admirables collections d'Eucalyptus. J'ai vu, en outre, nombre de plantations de ces arbres, qui y réussissent merveilleusement, et je suis plus convaincu que jamais qu'ils seront, dans un prochain avenir, une précieuse ressource forestière et indusirielle pour notre colonie qui ferait, je n'hésite pas à le dire, un des plus beaux et des plus productifs pays de la terre si elle était mieux boisée.
Le sentiment universel, parmi les colons raisonnables et soucieux de l'avenir, est qu'un des premiers efforts du gouvernement doit être de protéger ce qui y reste de forêts et d'encourager partons les moyens le reboisement d'une immense étendue de terres actuellement livrées au pacage des troupeaux. On sait assez, aujourd'hui, l'heureuse influence des forêts sur les climats, pour qu'il n'y ait pas à le répéter. Mieux couverte d'arbres, l'Algérie serait moins exposée à ces terribles sécheresses qui, irop souvent, ruinent l'espoir des cultivateurs, et cela lui vaudrait mieux que la fameuse mer Saharienne dont il est tant question depuis quelques années.
Avec quoi reboiser ? Avec les arbres indigènes (chênes du pays, châtaigniers, lentisque de l'Atlas, etc.) sur les sols en pente; avec les Eucalyptus dans la plaine. Les arbres indigènes croissent lentement, mais les Eucalyptus grandissent avec une étonnante rapidité, et, bien avant les premiers, ils fourniraient à l'Algérie, outre des ombrages, tout le bois dont elle pourrait avoir besoin.
Ch. Naudin,
Msn bre de l'institut et de la Sucieie nationale d'agricjlture.
OBSERVATIONS SUR LE LAIT BLEU. — ir
Réaction du lail de vache. — Dans la première partie démon travail, j'ai expliqué comment j'avais été amené à considérer la réaction très nettement acide du lait comme un symptôme pathologique. Il est vrai que, au moment où je constatai ce fait sur le lait produit par les vaches de ma ferme, la moisissure bleue faisait en même temps son apparition sur la crème.
En consultant les meilleurs ouvrages classiques, je lisais que la réaction du lait est toujours alcaline^ Seul M. Chevreul;, dans ses Leçons de chimie {t. II, p. 257; 1830) disait, en parlant du lait : « Il rougit sensiblement le tournesol. » Cependant je ne restai pas convaincu, et j'ai poursuivi l'étude pendant plusieurs années, non seulement sur mes vaches, mais encore, dans mon voisinage, sur 30 ou 40 bêtes.
La réaction du lait était constatée, à la sortie du pis de la vache, sui le. papier de tournesol bleu et surle papier rouge très sensible. Dans les conditions les plus diverses, j'ai toujours trouvé les mêmes résultats. Le papier bleu passait très nettement au rouge, persistant après dessiccation; le papier rouge, sensible, prenait une teinte d'un bleu pâle, qui disparaissait peu à peu après l'évaporation du liquide.
j'étais donc disposé à déclarer que, dans son état normal, le lait de vache présente une réaction acide très nette. Mais il y avait lieu de tenir compte de l'opinion d'un observateur aussi compétent que M. le professeur Duclaux; il a traité la question dans un mémoire fort remarquable 5ur le lait^. Voici comment il s'exprime :
ce Le lait n'est ni acide ni alcalin; dans son état naturel, dès la sortie du pis de la vache, il bleuit le papier rouge et rougit le papier bleu d'une façon très sensible. C'est là une réaction sur laquelle on a beaucoup écrit dès qu'on l'a eu constatée chez le lait et qui ne lui est pourtant pas spéciale, attendu qu'elle est commune à un grand nombre de liquides, neutres par saturation réciproque de deux éléments de réactions contraires . >>
Une conclusion pratique se déduit des faits qui précèdent : quand on veut examiner la réaction du lait, il est indispensable de faire un essai simultané sur le papier bleu de tournesol et sur le papier rouge sensible. Il ne peut être question ici que de lait naturel, au moment même de la traite.
On sait, en effet, que, sous prétexte d'améliorer et de conserver le produit alimentaire destiné aux habitants de la ville, le lait, avant son transport, subit, le plus ordinairement, un véritable traitement : il reçoit une proportion notable de bicarbonate de soude, ou même un mélange composé de borax et d'acide borique.
Dans ces conditions, la réaction du tournesol ne donnerait aucune indication utile.
Analyse microscopique. — La pellicule mycodermique, mère du pigment, peut être enlevée assez facilement, à la surface de la crème, au moyen d'une mince spatule de platine ; il faut, autant que possible, choisir les taches d'une coloration bleue, luisante et sans duvet de moisissure blanche. Un petit fragment de la pellicule, placé sous l'objec-