DES TERRAINS SALANTS DU SUD-EST
Pcmerol (liouches-du-Uhôae), 17 ayril 1883.
Mon cher directeur, si vous insérez ma note sur les terrains salants dans le Journal de Vagricxdlure, je vous serai obligé d'y joindre ces quelques lignes, pour lever une équivoque qui n'existe pas dans ma communication à l'Académie, mais qui, à ce qu'il paraît, s'est élevée dans l'esprit de quelques-uns des lecteurs.
Je n'ai jamais entendu dire que votre opinion, et encore moins votre action, qui sont l'une et l'autre d'un si grand poids, fussent pour rien dans les entreprises de dessalement des terrains salants de la Méditerranée; votre communication à l'Académie sur les dunes d'Aigues- Mortes est plutôt, par la mention qu'elle fait des terrains salants de ce canton, un motif de découragement que d'encouragement.
J'avais en vue des personnes pleines de talent, de courage et d'initiative, qui ont mis la main à l'œuvre et dont l'insuccès serait pour tous les agronomes, et pour moi en particulier, un véritable chagrin. Vous savez qu'il arrive souvent que les initiateurs et les hommes de progrès ne sont pas récompensés matériellement des exemples et des leçons qu'ils nous donnent.
Je voulais aussi détourner un certain nombre d'agriculteurs, dont quelques-uns m'ont consulté, de suivre un exemple dont le succès, qui est possible et que je souhaite, me paraît avoir quelque analogie avec celui d'un gain dans les jeux de hasard, avec cette différence, toutefois, que tout est noble et grand dans ces entreprises agricoles, et qu'on ne peut leur opposer que l'excès de hardiesse.
Veuillez agréer, etc. . P. de Gaspari?,'.
Note adressée à l'Académie des sciences le 9 avril 1883.
Dans une communication récente à l'Académie, M. Barrai, secrétaire perpétuel de la Société nationale d'agricullure de France, en exposant dans une étude très intéressante les causes du succès des plantations de vignes sur les sables du cordon littoral d'Aiguës -Mortes, signale, à côté de ces dunes dessalées, des terrains d'un niveau inférieur imprégnés de sel, et attribue leur état à un phénomène naturel; ces terrains seraient d'anciens étangs en communication intermittente avec la mer qui, successivement évaporés et remplis, auraient formé des salines naturelles d'après une méthode analogue à celle qu'on suit pour les salines artificielles du littoral de la Méditerranée ou de l'étang de Berre.
Cette explication est très rationnelle pour les cas spéciaux dont