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PISCICULTURE. — LE SAUMON DE CALIFORNIE

Les Comptes rendus de racadémie des sciences publient la note

suivante de MM. Raveret-Waltel et Bartet :

« Le 25 octobre 1878, l'aquarium du Trocadéro recevait de la Société nationale d'acclimatation un millier d'œuf« de Baumon de Californie iOncorhyhclikii

quinnat), provenant d'un envoi fait par M. Spencer F. Baird, commissaire des pêcheries des Etats-Unis. Ces œufs, chez lesquels l'évolution embryonnaire était très avancés, ne tardèrent pas à éclore. Les alevins étaient très vigoureux et leur développement fut rapide, au moins à partir de l'époque (!''' janvier 1879) où l'aquarium ayant été remis à l'administration municipale et coniié à la direction d'un ingénieur du service des promenades et plantations de la ville de Paris, des soins furent régulièrement donnés aux différents fjoissons qui peuplaient les lacs,

« Abondamment nourris de chair de poisson blanc hachée, les jeunes saumons atteignirent, en l'espace d'une année, un poids moyen de 250 grammes. Presque tous, à cette époque, quittaient la livrée du premier âge, pour se parer des beaux rellets argentés des smolts ; mais ils ne manifestaient pas cette agitation qui s'observe en général chez le saumon commun de même âge, tenu en captivité. Ils supportaient facilement leur élevage en stabulation, et les pertes étaient relativement insignifiantes.

« Deux ans plus tard, les saumonneaux étaient devenus de très beaux poissons. Quelques-uns pesaient jusqu'à 2 kilog. En octobre 1881, plusieurs sujets donnaient des signes évidents défraye. Des fécondations artificielles furent essayées; mais les œufs récoltés paraissaient mal développés et ne donnèrent aucun résultat. D'ailleurs tous ou presque tous, mâles et femelles, qui avaient paru disposés à frayer moururent.

« L'année suivante, 1882, au mois d'octobre également, le désir de frayer se manifesta de nouveau chez ces poissons, et le 24 octobre, plusieurs femelles donnaient environ 1,500 œufs que l'on essayait de féconder avec de la laitance de truite, faute de saumons mâles mûrs à ce point. L'opération ne réussit pas; mais, peu de jours après, les sujets des deux sexes étaient en pleine fraye, et l'on pouvait récolter et féconder, en l'espace de cinq semaines, près de 30,000 œufs.

« Environ 1,500 alevins très vigoureux ont pu être obtenus et sont actuellement en parlait état. Ils suffisent pour démontrer la possibilité d'élever et de faire reproduire le saumon de Californie dans des conditions de captivité tout à fait exceptionnelles. Le fait semble d'autant plus intéressant qu'il s'agit d'une espèce étrangère, essentiellement m'igratrice, qui s'est ainsi pliée à la fois à un nouveau climat et à un changement complet dans les habitudes. L'acquisition de cette espèce paraît donc facilement réahsable, et elle serait particulièrement utile au point de vue de l'empoissonnement des cours d'eau tributaires de la Méditerranée, dans lesquels le saumon ordinaire est inconnu, et ne réussirait probablement pas; tandis que le saumon de Californie, qui se montre en Amérique jusqu'au 35'' degré de latitude (c'est-à-dire beaucoup plus au sud que le salmo salar), pourrait vraisemblablement s'acclimater dans le Rhône, l'Aude, l'Hérault, etc. »

Cette note lue par notre savant confrère M. Bouley prouve quoi? que le quinnat vit et se reproduit dans les eaux fermées. Le n" 523 (1879) n'entretenait-il pas déjà les lecteurs du Journal de ce même fait obtenu avec les œufs expédiés à l'Huningue allemand par le consul de San- Francisco, les premiers arrivés en Europe, 1878, croyons-nous.

Ce fait intéressant, au point de vue de l'acclimatation de cette précieuse espèce, et sur laquelle, dès ces temps, nous appelions l'attention des amis des poissons pour notre bassin du Rhône, ne nous surprend pas autrement.

L'empoissonnement du bois de Boulogne en 1854, les belles expériences de Saint-Cucufa, en 1858, avaient, avec les faits signalés par Coste, à l'Académie, dès ces temps lointains, faits obtenus dans son aquarium du collège de France, vidé à fond cette question de l'élève des salmones en eau fermée et celle de leur reproduction.

Il y avait donc, dès cette époque, des faits acquis à la pratique piscicole, qui furent vingt fois répétés depuis, notamment à la Girotte, au lac Pavin, en Norvège surtout.

Mais où la note de M. Raveret mérite une attention spéciale, c'est sur le fait de la croissance. 250 grammes à un an, et 2 kilogrammes deiidô ans plus tard, donc à trois ans, si nous avons bien compris.

Seul avec le HiipJi, on avait encore obtenu de pareils résultats, Il y

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aurait donc, dans celte direction de nouvelles études à entreprendre, et des faits nouveaux à nous donner, faits qui auraient une importance extrême au point de vue de la pisciculture intensive ou industrielle, objectif unique de l'art du pisciculteur dans l'état actuel des connaissances acquises. Nul ne serait mieux placé pour les entreprendre et nous les faire connaître que le zélé et compétent secrétaire de la Société d'acclimatation, dont les amis des poissons suivent avec le plus vif intérêt les si consciencieux travaux.

La pisciculture vient encore de perdre un de ses plus nobles vétérans. Mardi 3 courant, nous passions notre raatinée avec notre ami de plus de trente ans, M. Carbonnier, que nous laissions à Paris, plein de vie et d'entrain. Le 9, on nous annonçait sa mort!

Cette vie honnête, utile, si bien remplie, ayant droit à un autre souvenir, nous n'y faillirons pas aussitôt que nous aurons reçu les documents qui nous sont annoncés. Chabot,

Membre de la Société nationale d'agriculture.

L^ABIES BPiAGTEATA EN ANJOU

VAbies bracteata, originaire de la Californie, et introduit en Europe, si ma mémoire est fidèle, il y a environ trente ans par Lobb, a donné des cônes l'année dernière, dans le parc de M. Guynoiseau, amateur très distingué de notre Anjou. Les graines semées ont parfaitement germé, et en ce moment M. Guynoiseau possède près de 300 jeunes Abies bracteata de semis.

Le pied mère, qui a au moins 7 mètres de haut, est très vigoureux, et sa flèche n'a pas été pincée par les froids de l'hiver 1879-1880.

Ce fait de germination est intéressant à signaler, parce que je crois que c'est la première fois que VAbies bracteata donne dans notre pays des graines douées de propriétés germinatives réelles. BorcHARD,

secrétaire de la Société agricole de Maine-et-Loire.

PRESSE A FOURRAGES DU SYSTÈME ALBARET

La presse à fourrages continue représentée par la fig. 12 a une certaine analogie avec celle que construit, déjà depuis plusieurs années, la maison Albaret. Elle en diffère cependant quant au mécanisme, au mode de commande et à la dimension.

Dans cette machine, tous les engrenages sont supprimés; les deux chevaux agissent sur un long levier qui, par l'intermédiaire d'une bielle et de quelques autres organes très simples, commande le piston.

Le piston agit dans une caisse parallélipipédique comme dans la machine à engrenages, et la compression a lieu par couche. Cette disposition simplifiée permet de bien utiliser la force motrice. Les chavaux agissent alternativement dans un sens et dans l'autre en faisant à chaque fois un peu moins d'un demi-tour, et à chaque demi-révolution une couche de fourrage est comprimée. Lorsque le piston est arrivé à la fin de sa course, il est abandonné par le mécanisme et il revient cà son point de départ par la réaction de la matière pressée. L'alimentation de la presse se fait par une trémie que l'on voit à la partie supérieure. Cette presse est continue, et comme elle comprime une certaine épaisseur de fourrages à chaque demi-révolution, son

PRESSE A FOURRAGES DU SYSTÈME ALBARET

travail est relativement important. La ligature des balles se fait avec 3 liens en fil Je fer faciles à poser. Les balles ont 0'".49 d'épaisseur,

0'".61 de largeur et une longueur Variable qui est en moyenne de r".05 à r'.lb ; elles pèsent de 100 à 150 kil.

Cette presse établie cnlièrcmcnt en chêne pour le bois, est de la

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plus grande solidité. Elle coûte 3,200 francs montée sur roues et peut comprimer environ 6 à 7,000 kilopj. de fourrages en 10 heures à une densité de 0.20 à 0.30, soit 200 à 300 kilog. au mètre cube.

Henry Sagnier.

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