‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 493 sur 683 · LA LUTTE CONTRE LE PHYLLOXERA · texte numérisé non relu

LA LUTTE CONTRE LE PHYLLOXERA

site absolue d'un manuel donnant la vérité, toute la vérité; la vérité sur la nature et les progrès du fléau, la vérité sur tous les moyens employés pour le combattre, la vérité sur les conditions économiques de la lutte.

M. Barrai ne pouvait choisir un moment plus favorable pour publier ce manuel. Pour tous les observateurs la preuve est faite en ce qui concerne les armes à notre portée. On peut encore éclairer quelques détails ; beaucoup d'études sont à faire sur l'adaptation des terrains à telle ou telle variété de ceps, à telle ou telle méthode pour arrêter les progrès de l'invasion ; mais ces études ne peuvent être que l'œuvre du temps, et M. Barrai en donne lui même à la fin de son livre un exemple dont on ne saurait méconnaître l'importance en discutant les causes de l'immunité des sables d'Aigues-Mortes. Il n'en est pas moins certain que la question est bien éclaircie, grâce aux efforts des agronomes et des agriculteurs parmi lesquels figurent en première ligne les savants qui, comme M. J.-B. Dumas, ont créé de toutes pièces des moyens prophylactiques, et les praticiens comme M. Faucon qui ont montré par l'exemple comment au moyen de l'eau employée annuellement aux submersions hivernales on pouvait conserver la pleine production d'un vignoble, enfin les naturalistes éminents comme M. Planchon qui ont cherché et trouvé dans les variétés des vignes américaines des types résistant aux morsures de l'insecte.

La liste de toutes les personnes distinguées qui ont consacré leur intelligence et leurs forces à cette lutte serait trop longue : mais prenez le livre de M. Barrai; aucun effort sérieux, aucune contribution efficace à la lutte contre le phylloxéra n'y sont oubliés. Une simple analyse ne fait qu'annoncer, c'est une promesse que le livre tiendra.

La première partie de l'ouvrage est la reproduction de l'admirable conférence faite par M. Barrai en avril 1882 à la Société d'encouragement. En lisant cet exposé si lumineux, si complet, ne laissant dans l'ombre aucun des côtés delà question, l'histoire naturelle de l'insecte dans tous ses détails avec des planches représentant toutes les phases de son existence; sa propagation en France, avec des cartes qui la font suivre par année; les circonstances diverses de la résistance; l'immunité relative des sables et en particulier l'exemple de ceux d'Aigues-Mortes; la défense par !a submersion avec les plans des propriétés principales traitées par ce moyen; la destruction de l'insecte par le sulfure de carbone et les sult'ocarbonates avec les procédés opératoires; la poursuite de lœuf d'hiver du phylloxéra par le nettoyao-e des souches ; la résistance de certaines variétés de vignes importées d'Amérique, la raison physiologique de cette résistance et l'utilisation de ces plants américains comme porte-greffes ; enfin le concours de l'Etat aux efforts si variés des défenseurs de l'une des principales branches de notre richesse nationale. Enlisant, dis-je, tous ces détails présentés dans cette belle langue à la fois claire' et pénétrante dont M. B irral possède les secrets, on se prend à douter qu'un homme, quelle que soit sa puissance, ait fourni une telle carrière en une seule journée le premier avril 1882, comme le dit le texte, et on est tenté de croire à des développements dont, en tout cas, nous devons rendre grâces à l'auteur.

La deuxième partie du livre qui sera nouvelle pour la plupart des lecteurs n'est pas la moins importante. Elle vient en aide aux viti-

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