‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 495 sur 683 · LA SITUATION DANS LES ALPE-SMARITIMES · texte numérisé non relu

LA SITUATION DANS LES ALPE-SMARITIMES

Mon cher directeur, Nizza la hella a été cette année au-dessous de sa vieille réputation; l'hiver a été détestable dans le pays où fleurit l'oranger. Nous avons eu de la pluie, des bourrasques et de la neige; oui de la neige et par trois fois : fin décembre et en mars. Il n'était pas tombé de neige dans la contrée pendant le mois de mars depuis 1836, c'est-à-dire depuis quarante-sept ans, et cette année nous avons vu une légère nappe blanche le 13 et le 23. Le 14 avril, il est tombé de la grêle et depuis samedi la pluie n'a pas discontinué, ce matin (24 avril) entre 5 et 7 heures le tonnerre a grondé. Dans les environs de Nice, les orangers et les palmiers ont peu souffert, mais dans les environs de Grasse la plupart des orangers ont péri, ainsi que les jasmins et les héliotropes, qu'on palisse contre les murs et qui sont vivaces, comme vous savez.

Le Golfe-Juan a beaucoup souffert ; toutes les belles plantes ont leurs feuilles brûlées, parce que la neige tombée en assez grande quantité pendant la nuit du 23 mars a été transformée en glace par un fort mistral; en somme la récolte des fleurs d'orangers, des primeurs, fèves, petits pois, etc., est perdue. A Fréjus, la neige a atteint le 14 mars 0"'.30 de hauteur, aussi la plaine qui s'étend de Roquebrune à la mer en passant par Puget et Saint-Raphaël, cette vaste plaine toute-blanche présentait un aspect tout à fait nouveau, d'autant qu'un beau soleil dans un ciel pur et sans nuages éclairait ce magnifique paysage.

A Draguignan, à Riam et à Grasse, la neige a atteint 0™.35 de hauteur.

Avant de clore ma lettre, je vous dirai quelques mots de l'exposition internationale qui aura lieu cet hiver à l'époque et à l'occasion du concours régional.

Les travaux de l'édifice qu'on nomme déjà le Palan de V exposition sont bien en train.

Le monument sera élevé sur le vaste plateau qui domine les plaines de Saint-Philippe et de Saint-Etienne. De ce point, l'œil du curieux, du visiteur de l'exposition verra un splendide panorama, c'est-à-dire la vallée qui s'étend du Mont-Boron au fleuve du Var, puis la baie

des Anges, à droite le cap d'Antibes et Jusqu'aux forêts de l'Estérel.

Le monument comprend deux immenses nefs séparées par une sorte do large portique formant atrium, en avant duquel se trouve une porte monumentale. De chaque côté l'édifice est flanqué d'une tour très élevée desservie par deux ascenseurs; au centre de l'atrium et lui servant de péristyle, il existe une nef centrale d'une grande capacité; enfin des galeries latérales, enveloppant toutes ces nefs^ et un promenoir de 6 mètres desserviront toutes les galeries.

Pour compléter cet ensemble^ on construira en avant de l'édifice une grande cascade qui sera alimentée par les eaux de la Vésubie si impatiemment attendues par la population, parce qu'elle aura pour 30 francs par an 1 ,000 litres d'eau par jour, ce qu'elle paye aujourd'hui 100 francs.

De chaque côté de la cascade, deux escalierS grandioses donneront accès à l'édifice.

Des annexes extérieures, chalets, pavillons édicules, colonnes, hémicycles et autres constructions compléteront l'ensemble de l'exposition dont le parc sera peuplé de superbes plantes. Ernest Bosc,

Architecte, ancien inspecteur des travaux de l'Etat.

M. Thimel. Ferme de Bouesse^ commune de Bouesse. — La terre de Bouesse est située dans la commune de ce nom et sur les confins de la Brenne et du Boischault; elle participe inégalement aux conditions climatériques et géologiques de ces deux contrées. Sa surface est de 205 hectares d'un seul tenant. Le sol est pour la plus grande partie de nature siliceuse, et argilo-siliceuse sur le reste. Le sous-sol est partout formé d'une argile plus ou moins compacte, mais complètement imperméable. L'élément calcaire ne se montre sur aucun point de la propriété. •

Entreprendre d'améliorer des terres pauvres couvertes de landes et de marais est une œuvre difficile et de longue haleine; pour la terminer, il faut souvent la vie d'un homme et même parfois le travail de plusieurs générations de cultivateurs. Et encore, la réussite n'est possible qu'à ceux qui possèdent, non seulement des capitaux, mais une grande énergie physique et morale et des connaissances profondes des choses agricoles.

Nous avons en ce moment sous les yeux un de ces hommes rares qui réunissent toutes ces conditions. M. Thimel, le propriétaire de Bouesse, s'est consacré pendant vingt-sept ans à la mise en valeur d'une terre restée pauvre et presque stérile jusqu'à l'époque à laquelle il en eut la possession.

Né et élevé au milieu des travaux agricoles, qu'il a toujours aimés, M. Thimel descend d'une très honorable famille de la Bourgogne. Dans sa jeunesse, les circonstances lui firent quitter l'agriculture pour occuper dans le commerce parisien une position qu'il sut rendre fort lucrative par son travail. Sa fortune faite et sentant ses premiers penchants reprendre leur empire, il parcourut différentes régions de la France pour trouver un sol moins cher, relativement à son étendue, que ne l'est celui de son .pays natal. Une terre couverte en majeure partie de bruyères, de ronces, de joncs, de marais et même d'étangs insalubres, ne l'effraya

fias. Ce fut précisément au milieu de ces conditions peu séduisantes qu'il choisit e domaine sur lequel il devait définitivement se fixer et élever sa famille. Un fonds de cette nature ne pouvait manquer d'être rebelle aux améliorations.

C'est en 1855 que M. Thimel se rendit acquéreur du château et de la ferme de Bouesse et qu'il en prit l'exploitation directe par domestiques.

Sans se dissimuler les difficultés à surmonter, les résistances à vaincre, il se mit courageusement et résolument à l'œuvre.

Pour compléter ce que nous venons de dire sur l'état de la propriété, jetons encore un coup d'œil rapide et rétrospectif sur ce qu'étaient les cultures, le matériel agricole et les animaux de la ferme lors de la prise en possession.

A cette époque l'exploitation de Bouesse ne comprenait que 7 hectares de mauvaises prairies et environ 60 hectares de terres arables dans un déplorable état de

culture, se refusant à produire du blé et ne donnant par hectare que 7 à 8 hectolitres d'un seigle médiocre. Les landes et les marais- occupaient près de 120 hectares.

Le matériel d'exploitation, tout à l'ait insuffisant, était pour ainsi dire sans valeur; il n'a été d'aucune utilité à M. Thimel qui dès son entrée a dû le renouveler entièrement.

Les animaux entretenus sur la ferme étaient peu nombreux et ne comprenaient que des bêtes à cornes sans race et sans formes déterminées et des moutons de petite taille; vivant presque toute l'année dehors, ils passaient misérablement l'hiver faute de fourrage et ne produisaient conséqueminent que fort peu de fumier.

Dans cette propriété à demi sauvage et n'offrant aucun point d'appui pour asseoir les améliorations futures, tout était à créer. Pas de fumure en terre, pas de fumier en tas, pas de fourrage pour en produire. C'était un délabrement pénible à voir.

Disons d'abord que M. Thimel ne chercha pas longtemps la voie qu'il devait suivre pour atteindre son but, et malgré les nombreux obstacles qu'il rencontra, ses tentatives produisirent dès le début les résultats les plus encourageants. L'œuvre de Bouesse s'est accomplie en deux périodes bien distinctes. Dans la première se trouvent le défrichement et les autres améliorations foncières, et dans la seconde nous voyons là création des prairies, l'augmentation et l'amélioration des animaux de la ferme.

Les landes défrichées, à l'aide de puissantes charrues, reçurent de fortes doses

de noir animal et de phosphate de chaux. L'amélioration des vieilles terres fut

obtenue par des cultures soignées et par l'achat de fumier et d'engrais industriels.

Le drainage avec tuyaux en terre cuite dut être appliqué à une grande partie

des terres déjà en culture et à presque toutes celles qui furent défrichées.

Dans cette période, il fallut acheter également des fourrages pour nourrir les nombreux attelages que nécessitaient les pénibles travaux de défrichement.

Le calcaire faisant défaut dans toutes les terres, l'acquisition de la chaux devint indispensable, et elle fut employée, concurremment avec de fortes^fumures, à raison de 12 à 15 mètres cubes à l'hectare.

A mesure que la progression des défrichements éloignait les cultures des bâtiments d'exploitation, les chemins d'accès étaient construits et s'avançaient suivant un plan d'ensembh préalablement arrêté.

Ces chetnins, tracés avec art, bordés de fossés bien entretenus et même par endroits de belles plantations d'arbres, ont aujourd'hui une apparence de grandes routes et un développement de plus de 3,000 mètres.

Défricher les landes n'est pas le problème agricole le plus difficile pour mettre ces terres en valeur, c'est de les entretenir ensuite en culture, de les améliorer tout en leur faisant produire une récolte rémunératrice tous les ans. M. Thimel a toujours su y parvenir. Dans sa marche en avant, chaque parcelle nouvellement attaquée par la charrue était pour lui une position définitivement acquise. La terre restait en culture non interrompue. Après trois ou quatre ans de récolte au noir animal ou au phosphate fossile, elle était drainée et chaulée, et rentrait enfin dans l'assolement régulier pour porter sa part de production et contribuer à l'accroissement simultané des fourrages, du bétail et des fumiers produits.

Le manque de fourrage fut au début une des plus grandes difficultés dans la mise en valeur des brandes de Bouesse. Le propriétaire se préoccupa, aussitôt que cela fut possible, de remédier à cet état de choses ; il sut tirer très heureusement parti des eaux pluviales et de drainage en les amenant par des fossés, suivant la pente naturelle, sur de vastes surfaces de terrains transformés en prairies naturelles. M. Thimel ne néfffifrea rien dans la création de ces prairies; elle ne furent

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ensemencées qu après six ou sept ans de cultures suivies. La graine employée l'ut bien choisie et parfaitement appropriée à la nature du sol. Les eaux de cours mêlées aux eaux de pluie et de drainage furent distribuées par des irrigations admirablement bien comprises.

Toutes les prairies, comme du reste toutes les terres arables de Bouesse, sont actuellement en plein rapport et les 205 hectares dont se compose le domaine se trouvent ainsi répartis :

132 hectares en terres arables, 56 — en prairies 14 — en bois, 3 sont occupés par les bâtiments, les cours, les jarJins et les routes.

L'assolement adopté est triennal et repose sur le principe de l'alternat. Chaque sole fournit annuellement une récolte. Les plantes nettoyantes succèdent aux plantt^s qui favorisent la croissance des mauvaises heibes. En outre, la surface accordée aux céréales est restreinte relativement à celle occupée par les fourrages artificiels et les cultures sarclées.

Les plantes cultivées sur la ferme de Bouesse sont nombreuses. Comme céréales nous y trouvons le Lié, le seigle, l'orge et l'avoine; comme plantes fourragères, ]a luzerne, le trèfle ordinaire, le trèfle incarnat, la minette, la vesce, le maïs, le raoha, etc.; comme plantes à racines alimentaires, la betterave, la carotte, la pomme de terre et le topinambour; comme plantes industrielles, le colza et quelquefois la navette.

Le mode de culture suivi et la combinaison adoptée dans la succession des récoltes donnent les résultats les plus satisfaisants. Ainsi, le blé dont la culture était impossible avant 18t5 a donné en 1881 un rendement de 30 hectolitres à l'hectare et, malgré la sécheresse extrême de l'été, la luzerne a produit 8,000 kilog. de foin; le trèfle 7,500 kilog. ; la pomme de terre 22,000 kilog. de tubercules et la betterave 44,000 kilog. de racines.

Telles sont les principales améliorations commencées dans la première période de transformation et continuées dans la seconde, qui est particulièrement caractérisée par l'extension donnée aux prairies et l'augmentation et l'amélioration des animaux de la ferme.

Le bétail a été la grande préoccupation de M. Thimel pendant ces 27 années de travail opiniâtre. Après avoir accru la production fourragère, il consacra tous ses soins à l'amélioration des animaux et principalement aux bêtes bovines. Mais ici, quelle voie devait-il suivre? Devait-il d'un seul coup importer une race perfectionnée et plus développée que la race locale ou bien seulement de bons reproducteurs pour les croiser avec les animaux du pays ?

L'importation d'une rac plus forte et par conséquent plus exigeante sous le rapport de la nourriture, eût été, surtout dans le commencement de cette période, une faute grave que M. Thimel se garda bien de commettre. Quoique la production fourragère se fiât considérablement augmentée, elle n'eût peut-être pas toujours été assez abondante pour des animaux à grande t'aille.

Dans ces circonstances, le croisement qui aurait pu se faire par l'introduction dans la ferme de reproducteurs perlectionnés, ne pouvait donner non plus un résultat certain.

Ces deux procédés éliminés, il ne restait plus f[ue la sélection. Et c'est en effet ce moyen que le propriétaire de Bouesse employa.

Il acheta dans la contrée quelcjues bons reproducteurs de la race parthenaise, assez répandue dans le pays, et guidé par les ouvrages de Baudement, de Dombasle, de Magne, de Villeroy, etc., qui recommandent l'amélioration progressive, il obtint, après un certain nombre de générations, les résultats les plus heureux.

Alors, l'abondance de la nourriture aidant, il poussa plus loin le perfectionnement de son bétail, en infusant pendant plusieurs générations le sang de la racé limousine dans les sujets les plus parfaits de sa vacherie. Il a continué ensuite son œuvre parla sélection la mieux entendue. Aujourd'hui la vacherie de Bouesse est nombreuse et superbe; elle représente pour ainsi dire une race nouvelle et unique dans le pays. Les caractères qui la distinguent sont une grande régularité dans les formes, un corps allongé, la légèreté et l'élégance dans la marche et la couleur grise, si estimée dans les foires de l'Indre. De plus, elle est rustique et très apte au travail et à l'engraissement. La fixité de ces caractères est maintenant une chose acquise.

Le perfectionnement du troupeau fut aussi sérieusement étudié et conduit suivant les meilleurs principes de la zootechnie.

Avant l'assainissement et le chaulage des terres, le mouton ne réussissait pas à Bouesse, surtout pendant les années humides. La cachexie aqueuse, cette terrible maladie de l'espèce ovine, entraînait alors fréquemment une grande mortalité. Mais l'action du drainage et de la chaux vint détruire les influences funestes inhérentes à la nature du sol.

M. Thimel améliora la race berrichonne en la croisant avec la race southdown. Ce croisement a toujours donné d'excellents produits. Les moutons de Bouesse sont recherchés par les engraisseurs et par la boucherie du pa}s; ils sont particulièrement remarquables par l'ampleur et la régularité des formes, par la finesse de l'ossature, le développement musculaire et aussi par la rusticité de leur constitution.

LA PRIME D'honneur de l'indre. 183

La J3ergerie de M, Thimel comprend, suivant l'époque de l'année, de 400 à 500 bètes et est pour lui une source importante do bénéfices.

Les bâtiments de la ferme sont c^énéralement bien appropriés pour un bon service, mais rien n'a été concédé au luxe. Le propriétaire s'est fait une loi sévère de loger ses animaux de la façon la plus économique, tout en tenant le plus grand compte des préceptes de l'hygiène. Les anciens locaux, modifiés intérieurement, sont encore utilisés ; cependant, depuis longtemps déjà, ils sont devenus insuffisants, l'augmentation du bétail a nécessité de nouvelles constructions, dans l'une se trouve installée la vacherie. Cette étable est bien construite, on voit que les règles du génie rural ont présidé à son aménagement; elle est spacieuse, élevée et le renouvellement de l'air s'y obtient facilement et dans les meilleures conditions.

Il est encore à Bouesse une infinité de choses imporiantes et très dignes d'être connues, mais à regret nous les passerons sous silence pour ne pas donner à ce rappoît une longueur démesurée.

En résumé, M. Thimel s'est consacré pendant vingt-sept ans, avec une énergie et une persévérance rares, à la mise en valeur d'une ferme prise dans un état de délabrement, et dont la plus grande surface était couverte de brandes et de marais. Smi activité intelligente, ses habitudes de travail, d'ordre et d'économie s'ajoutant aux ressources pécuniaires disponibles que lui laissait l'acquisition d'un domaine important, il a vu ses efforts couronnés d'un plein succès. Tous ses grands travaux d'amélioration sont en effet terminés, h s terres ont été amenées à un état de fécondité exceptionnel et les récoltes sont d'une beauté remarquable. Le perfectionnement des animaux de la ferme est arrivé à un degré des plus satisfaisants.

Les grands travaux d'assainissement et de défrichement exécutés à Bouesse ont eu des résultats considérables au point de vue matériel et l'effet moral n'a pas été moindre sur l'esprit et la santé des habitants.

Un autre grand mérite de M. Thimel, c'est d'avoir formé dans sa région des travailleurs agricoles, qui manquaient avant son arrivée.

Pour le jury, comme pour tous ceux qui connaissent le propriétaire de Bouesse, cet agriculteur émérite est une preuve de ce que peuvent produire l'amour de la propriété foncière et le travail opiniâtre guidé par le bon sens, l'observation patiente et aussi par la lecture des meilleurs livres agricoles, auxquels il doit une large part de son savoir et de son succès. Que de propriétés incultes seraient amenées à cet état de fécondité et de prospérité profitable à tous si, dans toute la France, de pareils exemples étaient suivis !

Nous ne pouvons clore ce rapport sans rappeler ici la part considérable qu'à prise à la transformation de l'exploitation de Bouesse M, Emile Thimel, qui pendant longtemps a été le collaborateur aussi intelligent que dévoué de son père.

Durant la première période d'amélioration, se chargeant de la partie qui exigeait les connaissances et l'art de l'ingénieur, il dressait les plans des chemins, des drainages et des iriigations et en surveillait l'exécution; il présidait à la construction et à l'aménagement des bâtiments, à l'installation et au l'onctionneraent des machines et des instruments perfectionnés employés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ferme.

Les personnes qui ont visité Bouesse se rappellent avec quelle ardeur M. Emile Thimel s'adonnait à ces occupations auxquelles ses goûts et ses études l'avaient si bien préparé.

Prenant également part aux travaux agricoles de l'exploitation, il a été pour son père un auxiliaire constant et précieux. Malgré les soins assidus qu'exige son exploitation particulière, il n'a pas cessé de prêter son concours à l'œuvre paternelle.

Après avoir examiné longuement les remarquables travaux qui ont si heureusement transformé )a ferme de Bouesse, le jury ne pouvait douter que tant d'améliorations n'aboutissent à des résultats financiers largement rémunérateurs. C'est, en effet, ce qu'il a constaté avec une véritable satisfaction, en faisant l'examen de la comptabilité, tenue en partie simple, mais très régulièrement. Toutes les opérations sont soigneusement enregistrées. Par l'examen des divers livres tenus par M. Thimel on peut à tout instant être exactement renseigné sur la situation des diverses branches de l'exploitation et constater leur bénéfice.

En présence des résultats acquis aussi considérables, d'une valeur aussi incontestable, le jury est heureux de décerner à M. Thimel la prime d'honneur du

concours régional de Ghâteauroux de 1882, pour avoir réalisé, sur son exploitation de Bouesse, les améliorations les plus utiles et les plus propres à être offertes comme exemple. Franc,

Professeur départemental d'agrici;lture du Cher.

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