XVI. — L'agriculture au Canada
Le rapport annuel du département de l'agriculture, au Canada, pour l'année 1882, a été distribué récemment à la Chambre des représentants. La Minerve, de Montréal, nous donne sur les documents qu'il renferme, une analyse qui sera lue avec intérêt :
« Le nombre des animaux de race importés l'année dernière a dépassé considérablement celui de toute autre année. Ainsi, sur une importation générale de 1,215 têtes de bétail et de 1,124 moutons, le Canada compte pour 574 têtes de bétail, dont 323 PoUed Angus et Aberdeen, et 998 moutons, outre 22 porcs. Les Etats-Unis n'ont importé (jue 640 Lôtes de bétail et 126 moutons. C'est à bon droit que le rapport dit qu'il est difficile de calculer la valeur d'une importation aussi considérable d'animaux de race et l'amélioration qu'elle est de nature à produire.
« L'exportation du bétail accuse une diminution. Elle a été de 35,738 l'année dernière contre 45,535 en 1881. L'exportation des moutons a été de 75,905 contre 62,404 en 1881. Le rapport fait voir que cette diminution dans le commerce d'exportation en Angleterre n'implique pas une réduction considérable dans le commerce de bétail du Canada, car les rapports des douanes jusqu'au 30 juin dernier constatent que 16,145 tètes de bétail ont été exportées aux Etats-Unis ainsi que 233,602 moutons contre 7,558 têtes de bétail et 264,910 moutons en 1881.
« La qualité du bétail s'améliore tous les ans, et M. Dyke, de Liverpool, le constate dans son rapport en termes qui font honneur au commerce canadien, car il va jusqu'à comparer, en fait d'élevage et de qualité, les animaux canadiens à ceux des meilleurs districts anglais.
« L'exportation des moutons prend de si grandes proportions qu'elle sera bientôt l'une des principales ressources du cultivateur. Le nombre des moutons expédiés en Europe l'année dernière a été de 75,905, d'une valeur d'environ 50,000 dollars; et aux Etats-Unis, de 233, 6i 0, d'une valeur de 900,000 dollars sn chiffres ronds, soit un total de 1 ,400,000 dollars pour le commerce d'exportation de l'année.
« L'honorable- M. Pope, qui est lui-même un éleveur et qui a déjà beaucoup fait pour améliorer les races canadienne-^, recommande aux éleveurs la nécessité de l'améUoration de leurs races par l'importation d'animaux de pures races et par les soins intelligents qu'il convient de leur donner.
« En ce qui regarde l'exploitation des phosphates, une industrie qui a pris un développement tout pariculier dans la région de l'Ottawa, voici [uelques chiffres qui en font voir le mouvement. Les exportations, pendant la dernière année fiscale, se sont élevées à 17,181 tonnes, d'une valeur de 1,327,667 dollars, contre 15,601 tonnes, d'une valeur de 239,493 dollars l'année précédente. Voici les quantités expédiées dans les différents pays : Angleterre, 13,197 tonnes; Etats-Unis, 2,180 tonnes; Allemagne, 1,469 tonnes; Danemark, 435 tonnes. »
L'industrie de l'extraction des phosphates tend à prendre une grande importance au Canada, où les gisements sont nombreux. La production a été de 3;,70l tonnes, en 1878, de 4,927 tonnes en 1879, de 7,974 tonnes en 1880, de 15,G01 tonnes en 1881 , de 17, 181 tonnes en
1882; elle a quintuplé en cinq ans, et plus que doublé dans les deux dernières années.