DANS LA CULTURE DU CENTRE. — II
L — « Toute culture a pour but de créer la plus grande quantité ^îossible d'alimentation humaine sur une surface donnée de terrain ; pour arriver à ce but commun on peut suivre des voies très ditférentes. En France, les cultivateurs se sont surtout préoccupés de la production des céréales, parce que les céréales servent immédiatement à la nourriture de l'homme. En Angleterre, au contraire, on a été amené, d'abord par la nature du climat, ensuite par la réflexion, à prendre un chemin détourné qui ne conduit aux céréales qu'après avoir passé par d'autres cultures, et il s'est trouvé que le chemin indirect était le meilleur. Les céréales ont un grand inconvénient qui n'a pas assez frappé le cultivateur français : elles épuisent le sol qui les porte. »
Malgré que depuis l'époque où Léonce de Lavergne écrivait ces lignes, des progrès aient été réalisés, — nous les avons constatés par les statistiques citées plus haut, elles sont toujours vraies. Ils n'ont pas été généraux, et se sont localisés dans certaines régions. Mais, disons de suite, à la décharge de nos cultivateurs, que les conditions économiques de notre pays ne se prêtaient pas au rapide développement de ces pro.,n'ès. Les débouchés, voilà le plus grand, le plus pressant besoin de toute agriculture.
En Angleterre, la période de prospérité agiicole commence avec la grande extension du commerce et de l'industrie favorisée par l'application de la vapeur. Le nombre des habitants a rapidement augmenté; dans la Grande-Bretagne seule, en cinquante ans, il a passé de 10 à 20 millions d'habitants. Les villes se peuplèrent, des centres nouveaux se créèrent. Cette population industrielle était labo-
rieuse et active; les salaires élevés qu'elle gac^nait lui permettaient de satisfaire aux exigences d'une nourriture substantielle. Le débouché était trouvé et comme les voies de communicaiion de toute nature s'étaient multipliées et améliorées, les cultivateurs trouvèrent de suite un écoulement facile et rapide de leurs produits* s'ils se sont attachés avant tout à produire delà viande, c'est que l'ouvrier anglais en est un fort consommateur. A des besoins nombreux, la culture a répondu par des produits nombreux. La France ne s'est pas trouvée dans les mêmes conditions économiques. L'industrie s'est développée lentement. Les centres industriels sont peu nombreux et éloignés les uns des autres. La région du Nord présentant l'agglomération industrielle la plus forte, se transforma rapidement, et produisit industriellement la viande et le lait. La cultuie delà betterave à sucre fut un des principaux moyen d'action. Mais il n'en était pas de même r)ourlaplus grande partie de la France. Le G nlre surtout était le moins favorisé. Eloigné des centres importants de consommation, il ne possédait pas de moyens de transport rapides à bon marché.
Plus tard s'il fut en quelques points de son territoire traversé par deux grandes voies ferrées, leur éloignement l'une de l'autre et le manque de routes l'empêchèrent d'en ressentir les effets. Le cultivateur était obligé de se livrer à une culture d'autant plus restreinte et d'autant plus ingrate qu'il était plus éloigné d'un centre de population ; il n'avait d'autre ressource qu'une consommation locale peu active et ne cheichait le plus souvent à produire (|ue les choses nér.essaires à son entretien et à celui de sa famille. Le peu d'argent qu'il obtenait de la vente de quelques produits servait à payer les impôts. Qu'il fut propriétaire, fermier ou métayer, sa situation était la même, il luttait pour la vie. Ce n'était donc point par mauvais vouloir, mais par néces'^ité ((u'il était routinier. A peu de besoins, il répondait par peu de [iroduits — Aujourd'hui il n'en est plus de même; les voies ferrées ont pénétré profondément dans le Centre; les voies ordinaires se sont accrues et améliorées. Le cultivateur se trouve rapproché du consommateur. De iour en jour des débouchés plus nombreux se présentent à lui, et ses produits ont un écoulement de plus en plus facile.
Mais à cette situation nouvelle, n'a pas correspondu un esprit agricole nouveau. Plusieurs causes entravent la rapide diffusion du progrès : d'abord, le défaut d'instruction technique; mais les efforts du gouvernement et des assemblées départementales, l'influence des sociétés agricoles et l'exemple des cultivateurs plus instruits tendent à faire diminuer cette cause d'infériorité; puis, et surtout pour la petite culture, le morcellement, obstacle aux améliorations qu'il sei a presque impossible de faire disparaître ; enfin le capital insufhsant dont disposent; la plupart de nos cultivateurs. Qu'ils appartiennent à la grande, moyenne ou petite culture, il en est, d'une façon relative, de même pour tous. Fermiers, métayers ou propriétaires, les procédés de culture sont identiques, mais les résultats varient suivant que l'exploitant possède ou ne possède pas un capital suffisant. Dans le premier cas on fait au bétail une large part dans la ferme. Dans le second les céréales y occupent la plus grande place. D'oiî la division naturelle de notre étude en deux parties : 1° Culture avec un capital insufrisant. 2" Guture avec un capital suffisant. • ^
II. — Culture avec un capital insuffisant. Ces exploitations sont en général soumises au régime le plus exteusif. Peu de prairies, quelques terres en pâturage sauvage, beaucoup de jachères, des céréales, dans lesquels le seigle souvent remplace le blé. Le bétail est peu nombreux, de mauvaise qualité et pauvrement nourri, il ne représente guère (|u'un poids vif de 120 kilog. à l'hectare. Les fumures s'en ressentent, et en quantité et en qualité : 7,n00 à 8,000 kilog. à l'hectare, pour une période de trois années, ne donnent qu'un faible rendement, 9 à 1 1 hectolitres. Les prix de revient sont élevés, parce que chaque année la moitié de la ferme est eu labours. Si les bénéfices ne sont pas grands pour l'expliitant, il vit lui, sa famille et ses domestiques sur le domaine ; l'année est-elle bonne, il y a quelque argent de reste; est- elle mauvaise, il se trouve très à court, et souvent empêché de payer son propriétaire s'il est fermier. Si l'exploitant persiste dans cette voie, il ne faut pas s'en prendre à la routine, mais au manque de capital. Propriétaire, il peut progresser plus rapidement que le fermier; il a commencé par laisser s'eno-azonner une plus grande étendue de terrain, il a un peu augmenté sa culture de trèfle ; il a pu ainsi entretenir quelques têtes de bétail de plus, parce que, moins pressé d'argent que le fermier, il aura eu la possibilité de se passer de la vente d'une partie de ses produits animaux. Donnant à ses terres une moins faible
tumure, et la chaux aidant, il a obtenu des récoltes plus rémunératrices, tandis que d'un autre côté il faisait plus d'argent par un bétail plus nombreux ou plus souvent renouvelé. S'il est fermier, la situation est autre; il ne peut >^e mouvoir le plus souvent que dans les limites de son bail, qui lui impose l'étendue de terre à emblaver, à laisser en pacage et en jachères; il peut, il est vrai, créer des prairies, même temporaires, mais pour augmenter son bétail, le logement lui manque, et le propriétaire regarde à deux fois avant d'avancer un capital, s'il n'a pas confiance dans l'homme, et s'il ne croit pas (jue le travail et l'intelligence du métier viennent compenser le manque d'argent du fermier.
La petite culture est celle qui souffre le moins, môme dans les mauvaises années, parce que, employant ses propres bras, la moindre récolte la constitue . presque toujours en bénéfice.
Nous voyons cette situation se modifier si les exploitants possèdent un capital suffisant.
Les uns, dans la grande et moyenne culture, se font emboucheurs et transforment en prairies pâturées la plus grande partie de leurs terres; d'autres, dans la moyenne et petite culture, se livrent au commerce du bétail ; la charrue ne joue qu'un rôle secondaire dans ces exploitations, qui sont toutes dirigées vers l'engraissement ou l'élevage d'un bétail le plus souvent de bonne qualité.
Mais la plupart des exploitations n'ont pu suivre cette voie, et si elles remplissent dans l'industrie du bétail un rôle moins remuant, il en est le plus important, puisqu'elles produisent la matière première, l'animal. Près de la moitié de la superficie est consacrée à la nourriture du bétail qui représente 160 kilog. de poids vif à l'hectare. La chaux est employée à la dose de 60 hectolitres pour six ans, et 15 à 16,000 kilog. de fumier assurent un rendement moyen de 15 à 17 hectolitres à l'hectare. Le bétail le plus souvent d'une bonne qualité courante vit en été sur les pâturages naturels, terres que dans l'assolement on a laissées s'engazonner afin de leur accorder un repos bien gagné par des récoltes épuisantes de céréales oîi le blé a primé le seigle. Les prix de revient ont diminué, l'exploitant jusqu'à ce jour a vécu dans l'aisance.
IIL — Les améliorations et les modifications à introduire dans toute culture ont pour but d'abaisser les prix de revient non d'un objet particulier, mais de tout l'ensemble de l'exploitation. Demander cet abaissement à la simple diminution des dépenses ou des frais de culture pourrait être séduisant, mais aussi dangereux que de tenter de l'obtenir par la seule augmentation des recettes ou des produits récoltés. L'usage des machines peut souvent réduire les frais, mais la conformation de notre région du Centre ne permet pas de l'étendre. Notre honorable collègue, M. Brandin, vous a exposé d'une façon remarquable cette question et le rôle qu^elle peut j'ouer dans la constitution économique d'une exploitation. Augmenter les recettes par l'emploi des engrais chimiques est peu possible pour la généralité de nos cultivateurs; ils ne sont pas encore assez avancés dans leur instruciion agricole pour s'en servir d'une manière rationr.elle et sans inconvénients. Quelquesuns seuls ont pu les employer dans des conditions favorables, et les essais tentés pourront être continués par la partie non pas seulement intelligente, mais encore instruite. Mais ces moyens de réforme, s'ils apportent par l'augmentation des produits et la diminution parfois minime, des frais de récolte, une bilance de profits supérieure, exigent une avance de capital que beaucoup de cultivateurs ne peuvent supporter. Gomment devront-ils opérer pour lutter contre la cherté et la rareté de la main-d'œuvre, la diminution des prix de vente, et surtout contre l'appauvrissement de leur sol? C'est l'étude rapide d'un système de culture que . nous allons entreprendre.
En le faisant nous n'avons point la prétention d'en indiquer un q^ui devrait être appliqué dans tout le Centre. Nous parlerons pour les pays de culture semi-pastorale, en les engageant à persévérer dans cette voie et les poussant du côté de la culture semi-pastorale progressive C'est ainsi que notre savant collègue, M. Heuzé, désigne la culture pastorale améliorée. Le cultivateur ne devra jamais perdre de vue qu'en agriculture il faut s'appliquer à produire ce qui donne le produit net le plus élevé, et ce sont les conditions économiques du milieu dans lequel on se trouve placé qui imposent tel ou tel système de culture.
Cette réserve faite, nous conseillerons à la culture du Centre de prendre, tout en tenant compte des milieux cliraatériques, pour modèle l'Angleterre, d'utiliser par le j)àturage la plus grande quantité de ses herbages permanents et temporaires, et de transformer en fourrages annuels une partie de ses terres à labour; elle doit
arriver à produire, en dehors des herbages, une quantité suffisante de nourriture pour l'alimentation d'hiver du bétail. Les prairies temporaires à base de graminées devront être le pivot, la cheville ouvrière de cette transformation et tenir une grande place dans le nouveau système de culture qui nous semble devoir être pratiqué par le Centre. Leur rôle est immense et comme production fourragère et comme amélioration du sol. Elles permettent, en diminuant l'étendue des terres livrées à la charrue, de concentrer les efforts en main-d'œuvre, attelages, fumiers, sur des surfaces plus restreintes; les façons seront plus soignées, l'ameublissement et le nettoiement du sol meilleurs. Les frais fixes de location, labours, semence, moisson sont les mêmes, que la récolte soit courte ou abondante. Si le rendement est augmenté, par suite des meilleures fumures, le prix de revient sera abaissé. La prairie temporaire, je parle surtout de celle livrée au pâturage permanent jour et nuit, laisse les éléments minéraux se reconstituer par capillarité dans la couche arable, accumule l'azote, empêche l'effritement du sol, en un mot, repose la terre. Remise en culture, au terme de sa durée, elle donnera de bonnes céréales dont le prix de revient sera peu élevé. Lorsque toutes les terres du domaine, ou du moins les plus favorables, auront passé par cette pratique, elles se seront amendées, sans presque aucune avance faite.
Le cultivateur sans capital éprouvera d'abord quelques difficultés à acheter son ensemencement, il pourra commencer, en diminuant l'étendue de ses erablavures, à transformer en herbages temporaires soit les meilleures terres, soit les plus éloignées. La méthode de l'engazonnement naturel est trop barbare; il pourra employer ses graines de fenil, auxquelles il ajoutera du trèfle violet, du trèfle blanc, de la minette, du ray-grass, du fromental, de la houlque laineuse; avec une dépense de 20 à 25 fr. par hectare, la quantité de semence sera suffisante pour assurer une prairie qu'on pourra faucher l'année qui suivra, le semis, puis faire pâturer. La production fourragère augmentant, il pourra tenir un bétail plus nombreux, mieux nourri. Il produira une plus grande quantité d'engrais et comme il portera ses forces sur l'autre partie de sa propriété, les rendements s'élèveront. Il améliorera ainsi successivement chacune de ses parcelles. Plus tard, quand sa terre sera plus avancée dans la culture fourragère, il pouria chercher dans quekfues fourrages annuels un précieux complément de nourriture, et il pouria améhorer son bétail qui, en général, est peu précoce. Il se procurera de bons reproducteurs que son peu de ressources l'empêchait jusque-là d'acquérir et recherchera des animaux qui, croissant plus vite, lui donneront un bénéfice plus rapide. Mais il devra, s'il est fermier, trouver aide et soutien chez son propriétaire, surtout pour tout ce qui touche aux clôtures. Il devra pouvoir faire entrer librement la prairie dans son assolement, et, alors la rompre et profiter du capital engrais qu'il aura laissé s'accumuler dans le sol. Il n'y aura donc pas dans son bail de clauses l'empêchant de casser une prairie qu'il aura créée. Mais cette classe de fermiers sans capital tend à diminuer : les uns parce qu'ayant des baux à bas prix, ils ont pu profiter des débouchés quand ils se sont créés et exploiter dans ce but leurs terrains depuis longtemps incultes; ils se sont ainsi constitué un capital et ont entrepris alors le commerce ou l'élevage du bétail ; les autres, parce que l'élévation du fermage les a obhgés de prendre des fermes d'une étendue moindre, et sur lesquelles ils ont mieux su employer leur travail; leur capital insuffisant autrefois semble aujourdhui suffisant. Puis on voit des petits propriétaires possédant déjà des terres assez bien aménagées rechercher les fermes qui les avoisiuent afin de se livrer à l'élevage ou plutôt au commerce, au maquignonage du bétail.
Nous arrivons à la classe du vrai cultivateur travaillant sur des domaines d'une étendue et d'une fcrtihté moyennes, avec un capital permettant une culture mieux entendue. Si, en général, son exploitation a donné des bénéfices, sa situation a été fort compromise par l'augmentation du prix de la main-d'œuvre, et l'abaissement des prix de vente. De plus, par le fait de certaines années sèches, les fourrages en foin venant à manquer, le bétail est souvent obligé d'être vendu à des prix inférieurs, et les récoltes suivantes s'en ressentent, par suite de la diminution des fumures. Cette classe de la moyenne culture a une grande importance dans le centre de la France. C'est elle qui est l'usine où se fabrique cette grande quantité de bœufs qui vont à l'automne dans la région du Nord consommer les pulpes de betteraves. La prairie temporaire lui sera d'un grand secours dans son élevage. Le cultivateur devra seulement apporter plus de soins à la créer. Il abandonnera l'emploi des graines de fenil, qui n'assurent point un produit assez abondant. Il
pourra semer le mélange suivant qui, dans le massif granitique du Morvand, m'a donné dans des terres de moyenne lertilité un bon résultat et au point de vue du fauchage et au point de vue du pâturage : f'romcntal 10 kilog., houlque laineuse 5, dactyle 8, fléolc 5, ray-grass anglais 10, minette 5, trèfle blanc 3, trèlle hybride 3, trèfle violet 4, soit 60 kilog. Le prix était de 70 francs, mais la dépense pourrait être abaissée en diminuant les chitTres de la formule, et ramonée à 50 francs. Elle coûte donc peu à créer, et son bas prix d'établissement la met à la portée de tous les cultivateurs, qu'ils soient fermiers ou propriétaires. Certains résistent et trouvent les graines trop chères, sans réfléchir que la dépense excède à peine la valeur d'une semence de blé, et que si le produit brut argent est moins élevé, le produit net argent est plus certain et plus haut.
Mais si la prairie temporaire a son rôle marqué dans toute culture améliorée, elle ne peut servir de panacée universelle. Le régime le plus en rapport avec le proo;rès consisterait à cultiver conjointement en fourrages annuels — trèfle violet, trèfle incarnat, vesces, maïs, betteraves, pommes de terre, — quelques-unes des terres précédant soit la céréale tête de l'assolement, et qui est en général le blé, soit la prairie tem])oraire. La luzerne devra trouver aussi sa place, partout où elle le pourra. Le rôle des fourrages verts s'est bien agrandi par le fait de l'ensilage, /[ui permet de les récolter à un prix de revient moindre que le fanage. De plus, leur valeur nutritive est supérieure à celle des mêmes fourrages secs. Les récoltes sarclées présentent en donnant des produits parfois supérieurs — toujours pour le maïs — aux autres plantes fourragères, l'avantage de nettoyer le sol, de l'ameublir, et de faciliter la nitrification des matières organiques.
Notre conclusion est la suivante :
Utiliser par le pâturage la plw; grande partie des herbages soit permanents soit temporaires, et demander f alimentation d'hiner aux fourrages annuels assolés.
Parvenus au terme de notre étude, nous ne voulons point laisser sans l'etfleurer une question qui peut avoir dans le Centre une grande influence sur l'abaissement des prix de revient, c'est la question de l'exploitation du laitage. Certains départements s'y sont adonnés avec profit, mais en général le cultivateur du Centre ne sait point traiter le laitage, qui est la plupart du temps consommé à l'état brut par le personnel. Un grand mouvement de ce côté se dessine en France, mais surtout à l'étranger. Les Anglais se demandent, à l'heure actuelle, s'il vaut mieux faire de la viande ou du lait, et ils entrent à grands pas dans cette voie qui est peut-être celle où l'animal utilisant le mieux la nourriture donne le plus de produit net, et livre le fumier à meilleur compte. La petite culture particulièrement tirerait un grand profit de l'industrie laitière.
Nous avons essayé de tracer une rapide esquisse du régime agricole de la région du centre, où, depuis l'ouverture des débouchés, des proj^rès ont été certes réalisés, mais ils ont 'été lents, et surtout ne pourront se continuer sans épuiser la richesse naturelle d'un sol longtemps cultivé d'une façon trop extensive. Nous avons aussi tenté d'indiquer à grands traits les modifications à y apporter. C'est tout ce que nous avons pu faire, le sujet était trop vaste, trop élevé pour être traité d'une façon aussi rapide. Mais nous avons pu nous rendre compte de l'intérêt immense qu'il y aurait à avoir une étude plus complète sur la culture du Centre. Aussi croyons-nous qu'il serait utile que cette question fût étudiée par les sociétés agricoles locales. Nous ne doutons pas que, de leurs travaux, nous ne puissions tirer les éléments d'une étude intéressante qui viendrait combler un vide existant dans l'histoire de l'agriculture française.
Situation en 1882 de trois exploitations du centre. Moyenne culture 85 hectares.
Poidsvif Hm hptail P^'"" ^"''■'"^ Fourra- BecUres Knmier
Catégorie Valçur ^;^^iua^^^iijiujjLutu^ Prairies rages tfmpo- ges an- consacrés produit
Exploitation loca- à l'hec- nalu- sau- rairesgra- nuels au à
à tive. Total. tare. relies, vages. minées, assolés bétail, l'étable.
Fr. liil. hect. hect. hect. hect. hect. liect. kilog
Capital insuffisant.. 2,300 10,200 120 LS 10 » 7 40= 90 000
Capital suffisant.... 4,000 1.5,000 160 28 10 « S 48 140 000
Améliorée G, 500 29,000 350 39 » Il 8» 65 300,000
HOUDAILLE DE RaILLY.
1. Dont 4 hectares portèrent double récolte fourragères ; vesces | choux-navets.
I sarrasin.
2. Dans cette colonne sont compris les grains employés à l'alimentation du bétail et de la basse-cour.