‹ Journal de l'agriculture (volume 2)Chapitre 633 sur 683 · COMPTABILITÉ AGRICOLE · texte numérisé non relu

COMPTABILITÉ AGRICOLE

ment admis et ressassés déjà partout et, pour tirer au plus court, nous procéderons quelquefois par aphorisme et, pour ainsi dire, par axiome et par simple énonciation des principes connus et acquis, et en éliminant, autant que possible, de ce travail les notions d'économie rurale dont l'examen nous emporterait à des digressions à perte de vue et avec grande perte de temps.

Toutefois nous ne chercherons pas à éluder les difficultés qui se rencontreront sur notre route et nous présenterons au jour des points controversés qui ne nous paraissent pas suffisamment élucidés et au sujet desquels nous affirmerons nos idées ouvertement et sans équivoque, au risque de nous faire relever, si nous tombons dans l'erreur, par des personnes plus compétentes que nous, et que nous serons toujours disposé à remercier de leur concours. Car, nous l'avouons en toute sincérité, nous n'avons pris le temps que de parcourir très rapidement les quelques traités de comptabilité qui nous sont tombés sous la main, mais nous avons beaucoup pratiqué, un peu réfléchi et nous trouvons que les auteurs n'ont pas assez appliqué à la comptabilité les méthodes de recherches rationnelles, la rigueur des déductions et des procédés scientifiques.

Nous nous occuperons principalement ici de la comptabilité de l'exploitant; c'est la plus complexe, qui sait bien la tenir ne trouve plus de difficulté à tenir les autres.

Nous ne pourrons éviter d'émettre dans ce résumé quelques idées personnelles, ce qui nous éloignera parfois du centre didactique autour duquel nous aurions voulu graviter invariablement; mais, qu'on se rassure, nous n'avons pas la prétention d'ouvrir à la comptabilité des horizons nouveaux : le système d'inscription qu'elle représente se rattache à un ensemble si bien coordonné qu'il constitue un corps de doctrine indissoluble et que nous n'aurons guère qu'à nous en tenir à l'exposition rigoureuse et classique des principes.

Ce système, disons-le dès maintenant, est plus qu'une ingénieuse combinaison, c'est une des belles manifestations de la pensée humaine, et nous serons entraîné dans cet exposé à en faire ressortir l'esprit et la portée philosophique. En effet qui dit comptabilité, dit à la fois, ordre, précision, concision, analyse, généralisation. Elle applique les procédés d'investigation les pliTs sûrs et les plus déliés afin d'être complète, les moyens de contrôle les plus rigoureux afin d'être d'une exactitude absolue, elle est le triomphe de la synthèse ; elle réunit enfin toutes les propriétés, tous les attributs, qui guident avec sécurité l'esprit vers la découverte de la vérité, et, dans ses dispositions harmonieuses dont pas un détail ne fait disparate, elle compose un monument de saine logique et de forte raison. La comptabilité quitte donc quelquefois le terre à terre pour s'élever dans les régions de l'entendement et elle demande une certaine hauteur de vue pour qu'on puisse en embrasser l'ensemble.

De l'application bien entendue delà comptabilité résultent immédiatement des avantages inappréciables. Elle oblige à la réflexion et au raisonnement; c'est un guide sage et prudent qui, dans la gestion de nos affaires, nous évite de nombreux faux pas; elle met un ordre parfait dans nos écritures qui deviennent sous sa main comme un panorama plein d'intérêt dans lequel sont reproduits avec exactitude tous les détails de notre administration; elle ménage notre temps par les

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