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X. — Concours de machines élévatoires

La Société départementale d'agriculture de Vaucluse organise un concours de machines élévatoires qui aura lieu à Avignon du 24 au 30 septembre prochain. Voici le programme de ce concours auquel sont admis tous les constructeurs de machines élévatoires :

1"'^ Catégorie. — Norias, — Chapelets, — Vis d'Archimède. 2 médailles d'or, 4 médailles d'argent, 6 médailles de bronze.

2" Catégorie. — Pompes aspirantes, — foulantes, — aspirantes et foulantes, — centrifuges. 2 médailles d'or, 4 médailles d'argent, 6 médailles de bronze.

3" Catégorie. — Béliers. 2 médailles d'argent, 4 médailles de bronze.

CHRONIQUE AGRICOLE ^23 JQIN 1883). kkl

k'' Catégorie. — Roues hydrauliques, etc. 2 médailles d'or, 4 médailles d'argent, 6 médailles de bronze.

Primes en argent à la disposition du Jury : 900 fr.

Primes aux maraîchers de la commune d'Avi^'non qui auront chez eux les machines les plus perfectionnées. 1''' prix, 150 fr. ; 2'', 100 fr. ; 3'-, 75 fr. ; 4'", 50 fr. ; 5% 50 fr.

Tous les constructeurs sont admis à concourir pour les macliines élévatoires.

Les machines qni ne pourront pas être mises en mouvement dans le local du concours seront appréciées par le jury au point de vue de la construction.

Les personnes qui désireront participer à ce concours devront adresser leur déclaration par lettre affranchie à M. Eugène Fabre, chef de bureau à la préfecture, à Avignon, chargé d'en faire le classement avant le l'' septembre.

L'exposition durera 8 jours, du lundi 24 au dimanclie 30 septembre. — Toutes les machines et les objets à exposer devront être rendus sur les lieux du concours le dimanche 23. — Le classement aura lieu le 24 et le 25, par les soins de la Commission du concours. — Les opérations du Jury auront lieu le 26 et le 27.

La distribution des prix aura lieu à l'Hôtel-de-ViHe le 30 septembre à 2 heures

Ce concours, comme nous le fait remarquer M. le marquis de l'Espine, président de la Société, intéresse au plus haut de^ré tous les agriculteurs. Il intéresse surtout ceux qui n'ont pas de cours d'eau à leur disposition et qui, par conséquent, doivent s'attacher, d'une façon toute spéciale, à puiser dans la terre l'eau qui leur est indispensable et à la porter à n'importe quelle hauteur, au moyen de machines élévatoires.

XL — Ferme modèle laitière dans le Calvados. Madame la marquise d'Escayrac de Lantuse, en mémoire de feu le D' Rayer, son père, a légué à la commune d'Aiictoville (Calvados) une fortune immobilière d'un revenu annuel d'environ 50,000 francs, plus un capital mobilier dépassant actuellement 500,000 francs, le tout destiné à la fondation d'un orphelinat de jeunes filles indigentes ou appartenant à des familles dénuées de fortune, de l'ancienne province de Normandie. Cet établissement qui portera le nom du D"" Rayer sera administré par une Commission composée de deux membres de droit, le maire et le curé d'Anctoville, et de trois membres à la nomination du préfet du Calvados, qui a fait choix de M. le vicomte de Saint- Pierre, sénateur; de M. Pillet-Desjardins, vice-président du tribunal civil de la Seine; et de M. Beaujon, notaire honoraire à Caen. La Commission est entrée immédiatement en fonction en nommant M. Beaujon pour son président et en désignant l'architecte auquel elle a confié la confection des plans et la direction des travaux de l'orphelinat. Tout fait présumer que les travaux seront incessamment commencés et que l'orphelinat ne tardera pas à fonctionner.

Une pensée très heureuse a conduit la Commission à donner à l'orphelinat le caractère d'une ferme modèle destinée principalement à l'industrie laitière. Voici comment la Commission a exposé son projet dans le programme qu'elle a remis à l'architecte :

« Les' bras manquent, les fermes sontdélaiss-ées, les plaintes s'élèvent de toutes parts et, partout où la conversion est possible, il y a tendance à transformer les labours en herbages. Ne serait-ce pas un second bienfait complétant 1 œuvre généreuse de la testatrice que de créer dans le pays une pépinièi'c de jeunes filles qui, pourvues d'une instruction primaire suffisante, et rompues aux travaux de la culture herbagère, esseimeraient dans les régions environnantes et concourraient, la plupart comme servantes, d'autres comme épouses, à la prospérité de l'agriculture et à la propagation des meilleurs procédés.

« Ces jeunes filles doivent quitter l'orphelinat, au plus tard à vingt et un ans. Mais leur capacité attirerait les oflVes des cullivateuis, qui mèm.- avant leur

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majorité les prendraient, à des conditions avantageuses, et ce départ anticipé se'^ait aussi profilable aux oiphtlines ffu"à l'orphelinHt. En tffet. la Commission pourrait immériiatemcnt disposer des plaC' s rendues libres, et son intervention dans les condilions | écuniaire'S ofi'ei tes aux orphelines lui permettrait de stirveiller le placement à la caisse d'éparp-ne d'une part de leurs gages et de leur créer une dot facilitant plus tard leur établissement.

« Ces jeunes lilles seront soumises dans l'orphelinat, physiquement et moralement parlant, au régime des sabots, des établis, des fermes. Leurs logeraniits seront sim[)les^ rustiques, exempts de luxe. On en écartera toutes les supei lluités donnant ai:x or helines l'idée qu'elles dérogeraient en devenant servantes ou laitières dans les fermes du pays. Ce pcnnt sei'a d'une impcirtance capiialeet ritm ne sera épargné pour Fatteindre, car en cas d'in-uccès l'établissement, devenu plus nuisible qu'utile, ne conduirait sans doute qu'à accroître le nombre des déclassées qui n'encombrent que trop le pavé des villes, n

On ne saurait trop applaudir à l'esprit qui anime le projet dont il est ici question. La Société d'agriculture et de commerce de Caen s'est empressée, sur la demande qui lui en a été laite, de nommer une Commission chargée de concourir par ses conseils à la bonne direction d'une œuvre si intéressante pour la prospérité de l'industrie laitière en JNormandi'^.

XIL — Police sanitaire du bétail.

Dans notre Chronique du 9 juin, nous avons inséré deux arrêtés de M. le ministre de l'agriculture, relatifs à la désinCec'ion des fermes et du matériel de transport des animaux, dans le cas de maladie conlagiruse du bétail. Il restait à prendre les mesures nécessaire-; prour la désinfection du matériel des chemins de fer servant au transport des animaux. On trouvera plus loin, à la partie officielle de ce numéro, un :'rrêté qui règle les conditions dans lesquelles cette désinfection aura lieu.

D'autre part, la péripueumonie contagjpuse des bêtes à cornes est, à. juste titre, une des principales préoccupations du service sanitaire. A la date du 18 juin, le minisire de Tagriculture a envoyé aux pt-éléts la circulaire suivante qui prescrit la m ircheàsuivre pour la constatation de la maladie et la délivrance des ordres d'abatage :

a Monsieur le préfet, parmi les demandes d'indemnité adressées jusqu'à ce iouT à mon administration pour pertes causées par la péripueumonie C')rit.igieuse du "gros bétail, un assez grand nombre s'ap[)l.iqua eut à des animaux dont la miladie avait été siî.'nalée à l'auiorité piéfectorale, mais dont la mort était, survenue avant que l'an été d'abatage eîit été rendu ou avant que cet arrêté eût pu recevoir son exécution.

« L'indemnité prévue par la nouvelle loi sanitaire, pour le cas de péripneumonie, n'est due que quand l'abatage ordonné a été réellement effectué, et, en conséquence, ces demandes ont uù être écarléis: mais lorsque le temps écoulé entre le moment de la déclaraliim à la mairie et celui de la mort de l'animaJ était suffi^ant pour que, aec un peu d'empressement, toutes les formalités légfles aient pu être remplies, l'autorité administrative peut être accisée de n'avoir pas agi avec toute l'activé désirable, et des plaintes se sont même produites à ce sujet contre e le.

« Pour en éviter le refour, en même temps que pour se conformer aux intentions du législateur, qui a voulu l'extinction aussi piompte que possible des foyeis de contagion, il est indis|iensable que les formalités qui doivent précéler l'émission de l'ordre d'abatage soient accomplies avec la plus grande célérité.

«. Aucune dt s constatations préliminaires prescrites par le décret du 22 juin ' 8S2, et qui sont une garantie à la fuis pour les particuliers et pour le Trésor puldic, ne peut être s pprimée ; mais un temps co. siiérable peut être g'^gné en taisant usage eu télégraphe au lieu d'employer les voies ordinaires de transmission.

« Voici, en conséquence, la marclie qui me paraît devoir êtra dé:Ormais suivie lorsque la périjneumonie sera constatée dans une commune :

« Aussitôt la déclaratioT reçue, et il iimorte de rappeler à vos administrés qu'elle doit être laite aussitôt l'appariiion d-^ sym;itômes susnecis, le maire devra, comme par le passé, vous aviser du l'ait le jour même et prévenir en môme temps le vétérinaire sanitaire de la circonscription ; celui-ci se rendra sur les li ux sins auc m délai et il r/'dijera. séance tenaite, son rapport qu'il adressera au vétérinaire délégué, au lieu de le transmettre à vo^r:! prélecture.

« Au reçu du rappoit de son collcj;ue, concluant à l'existence de la péripneumonie, le vétérinaire délégué se rendra dans la commune, comme l'exii^e l'article 16 du rendement d'administration publi jue du 22 juin 1882, et si son diagnostic conlirme celui du vétérinaiie sanitaire, il vous en informera de suite.

« Pour les communes éloignées, le vétérinaire délégué vous 'lemandera par le télégraphe l'ordre d'aiiatnge des animaux malades et d'inoculation des suspects. Cet ordre sera notifié également par voie -télégra[)liique au maire de la commune qui est chargé de l'exécution. Au retour du vétérinaire délégué, vous prendiez un arrêté dans la forme ordinaire en ayant soin de lui donner la date même de votre télégramme.

« Je tiens en un mot à ce qu'il ne s'écoule que le temps strictement nécessaire entre le moment de la déclaration et l'application des mesures sanitaires réclamées par les circonstances, de façon à remplir le but de la loi et à ne pas compromettre par des retards souvent injustifiables les inté)êts des agriculteurs.

« Je vous prie de vouloir bien adresser d'urgence des instructions dans ce sens à tous les vétérinairtis sanitaires de votre déparlement.

« Recevez, etc. « Le miivslre de i'agrlcaUure^ « J. Méline »

L'organisation du service sanitaire sur nos frontières fonctionne régulièrement. Nous en trouvons la preuve djns le fait qui s'est passé récemment au bureau de douane de Jaumont. Le vétérinaire de service a constaté que des porcs venant de Hambourg étaient atteints de la fièvre apbteuse, et il a immédiatement fait interdire l'entrée du wagon qui les renfermait. La fièvre aphteuse sévit endémiquement dans plusieurs pays qui nous environnent; il est indispensable qu'une grande surveillance s'exerce sur tous les animaux qui en proviennent; si le nombre des malades augmentait, une rigoureuse interdiction des bêtes de ces provenances devrait en être la conséquence. Il y va de la sanlé de nos élables ; les efforts du service sanitaire intérieur demeureraient vains, si de nouvelles contaminations arrivaient sans cesse de l'extérieur.

XIIL — Culture des betteraves des céréales et des légumineuses.

M. A. Dei^ome, l'agriculteur bien connu dans la région du Nord par ses expériences sur la culture des betteraves et des céréales, nous informe qu'il publiera prochainement ses différents modes de culture dont la bjse est l'utilisation pratique de la chaleur solcvre, de l'air et de la lumière avec le concours d'un semoir à dould-î effef, de son invention, et des engrais spéciaux qu'il fabrique. D'a[)rôs ce qu'il nous indique, la méthode pratiquée par M. A. Derome, din.s sa ferme de Bavai, assure la propreté du sol et le rendement iiîaximnm est régulièrement et relativement possible dans tous les champs ; l'écbauda'j-e, la rouille et la verse dans les céréales sont évités.

M. Derome pense que sa méthode permettrait d'élever sûrement et très avantageusement la récolte moyenne du blé, qui n'e,>t que de 1 4 hectolitres en France, à 25 he^olitres, et proportionnellement pour toutes les autres céréales (orge, avoine, seigle, sarrasin, etc.) H en expose lui-même les résultats comme il suit :

Le résultat cultural des perfectionnements apportés par M. A. Derome se traduit :

l" Pur l'emploi des engrais complémentaires dans le rayon wec la s'-mence^ en un bén fice ininimumàe 100 pour 100. Le bénidice moyaii est de 3.^0 pour 100 pour des dépenses variant entre 30 et 150 fr. à l'hectare.

2" Par une disposition nouvelle des semis de I^PÀltraves, céréales el légumlneusfs, en un bénéfice variant, suivant la date de plantation, la quilité de la levée et les soins donnés à son champ, avant et après la plantation, entre 100 et 300 fr. par hectare de betteraves; 100 et 200 t'r. par hectare de céréales.

Bavai se trouve sur les lignes ferrées de Valenciennes à Maubeuge et de Cambrai à Dour. M. Derome se met à la disposition des cultivateurs qui désirent visiter ses cbamps.

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