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ENGRENEUSE AUTOMATIQUE POUR LES MACHINES A BATTRE

d'action se meuvent à vide sans produire aucun travail. Il est réellement merveilleux de voir comment une telle opération, qu'on a peine à concevoir faite autrement qu'à la uuiin, s'accomplit automatiquement avec autant de régularité et de ponctualité. Rien n'échappe aux râteaux égalisateurs ; un surcroît d'épaisseur, quel qu'il soit, est infailliblement rejeté tant que les dents d'entraînement ne l'ont pas suffisamment divisé.

M. Demoncy-Minelle a donné à son appareil le nom (ïcngremuse /"/'rt/jraùe.Sonprixest de 500 fr.; on peut l'adapter à toutes les machines, et en régler le mouvement d'après celui de la batteuse.

Henry Sagnieu.

Depuis quelques années^ on admet généralement que la production des céréales, par suite de l'augmentation de tous les frais culturaux, ne laisse qu'une faible marge au cultivateur.

Aussi, la culture d3s céréales, qui était, autrefois^ la principale source de produit dans toute exploitation rurale, tend-ulle, maintenant, à être restreinte aux meilleures terres, qui, seules, peuvent encore, grâce à une culture intensive, donner une récolte suflisante, pour équilibrer le prix de revient et celui de vente, résultat qui exige un produit de 25 hectolitres de blé à l'hectare.

Mais, ces conditions ne sont réalisables, que dans les régions oii les cultures indusirielles, depuis longtemps pratiquées, ont amené les terres à leur maximum de fertilité.

Dans la généralité des cultures de l'Ouest, du Centre et du Midi, on ne peut espérer y atteindre, actuellement, car on sait que la récolte moyenne du blé, en France, ne dépasse pas 15 hectolitres par hectare.

On est donc naturellement amené à rechercher d'autres cultures, dont le produit puisse venir, partout, remplacer celui des céréales; étant reconnu que le prix de revient de ces dernières, quand il est couvert, ne laisse au producteur qu'un trè.s faible bénéfice.

Le retour à la culture pastorale, proposé comme palliatif à cet état de choses, peut-il être utilement conseillé? Les animaux d'élève sont de plus en plus chers; l'écart entre le prix du bétail gras et maigre est souvent trop faible pour laisser un bénéfice; les intempéries viennent fréquemment, compromettre les récoltes fourragères, obligeant ainsi à réduire le nombre des animaux entretenus, dont, foute de nourriture, on doit vendre à tout prix une partie.

Si l'on revenait généralement à cette culture, il en résulterait, en outre, un grave inconvénient, celui de laisser inoccupée une partie de la population rurale qui, manquant de travail, devrait abandonner les campagnes pour émigrer dans les villes, ce qui amènerait des conséquences économiques et sociales, fâcheuses à tous égards.

Les cultures industrielles, betteraves, pommes de terre, lin, colza, notamment, sont limitées à certaines régions, favorisées par leur sol ou leur climat, et d'ailleurs elles existent une avance de fonds considérable, ce qui est un obstacle m.ajeur à leur développement dans la moyenne et la petite culture, si éprouvées ces dernières annnées, et qui représentent la grande masse agricole du pays.

Dans toute la région du Midi, la situation est encore plus grave : l'invasion croissante du phylloxéra, en détruisant, avec les vignes, le

principal revenu des terres, menace d'une ruine complète cette vaste région, naguère encore si florissante.

Un remède efficace à cette fâcheuse situation consisterait dans la vulgarisation d'une culture améliorante, appropriée aux terres les plus médiocres, ne craignant pas les intempéries, surtout la sécheresse, et qui laisserait à la ferme, en outre d'un produit en argent, une quantité importante de nourriture, permettant l'entretien d'un nombreux bétail.

La culture du topinambour a, depuis longtemps été préconisée comme satisfaisant à ces diverses conditions.

« Le topinambour, disait un ancien ministre, M. de Tracy, est la betterave des pays pauvres. Enefîet, il doit avoir sa place dans les terres pauvres, comme la betterave doit occuper les terres riches : celle-ci a déjà fait la richesse des contrées du nord de la France, celui-là est appelé à faire l'amélioration des terres du Centre et du Midi. »

Un de nos maîtres les plus illustres en agronomie, M. BoussingauU, a rendu compte des résultats obtenus par lui en Alsace, il y a quarante ans, avec la culture du topinambour, dont il fait ressortir tous les avantages comme culture améliorante.

Néanmoins, cette culture ne s'est jusqu'ici répandue, que dans peu de contrées, spécialement en Alsace, dans le Poitou et le Limousin.

Est-ce donc que ses avantages ont été exagérés, ou qu'il a surgi, dans l'application, des inconvénients de nature à en atténuer les bons résultats?

Ne serait-on pas plutôt porté à supposer que, faute de données précises sur les conditions à remplir pour rendre cette culture vraiment profitable, elle a pu occasionner des mécomptes, qui auront découragé les expérimentateurs?

Ne serait-elle pas, au contraire, appelée à se généraliser, si elle était mieux connue et qu'on n'eût plus à craindre les tâtonnements et les échecs, inévitables dans toute culture nouvelle et avec des essais isolés ?

C'est la solution de ces diverses questions, que nous nous sommes proposé de rechercher, dans cette étude, et nous espérons y parvenir, en nous appuyant d'abord sur les bases théoriques, déduites de la culture expérimentale, et aussi sur les faits acquis, résultant de^a pratique en grand, et émanant d'agriculteurs, dont la haute notoriété peut inspirer toute confiance.

Nos propres observations, recueillies pendant une longue pratique de la distillation agricole, nous aideront à corroborer ces divers éléments, de façon à présenter un résumé exact des données actuelles, sur la culture du topinambour et sur les résultats qu'on peut attendre de son emploi à la production de l'alcool dans la ferme, et à l'entretien du bétail par les pulpes.

L — Aperçu général sur la culture du topinambour et son emploi dans V alimentation du bétail. — Un fait, sur lequel tout le monde paraît d'accord, c'est la rusticité exceptionnelle de cette plante et son peu d'exigences, au point de vue de la qualité du sol, des engrais et des façons.

Bien différent, en cela, de la betterave, dont la levée est souvent compromise par la sécheresse ou les ravages des insectes, le topinambour, pourvu qu'on ne le plante pas dans des terres humides, pousse

pour ainsi dire sans culture, et le développement de ses tiges, qui atteignent ordinairement une hauteur de 2 mètres, ferait croire que l'on trouvera à l'arrachage une ample récolte de tubercules.

Malheureusement, il n'en estpas souvent ainsi, lorsquedansdes ter^-es médiocres, sans engrais, la végétation du topinambour paraît se soutenir. Mais s'il survient une sécheresse prolongée, à la récolte, on sera forcé de reconnaître que les tubercules n'auront pas pris un développement proportionné à la belle apparence de la plante.

C'est là, croyons-nous, une des causes de la déconvenue éprouvée maintes fois dans cette culture. Trompé par la rusticité et la vigueur apparentes du topinambour, on a cru inutile de lui donner la fumure et les soins, indispensables à toute plante appelée à condenser dans ses racines, divers éléments azotés et minéraux ; faute de ces éléments, le développement des tubercules sera forcément compromis.

Nous nous rappelons avoir vu, en Poitou, après un été torride, des topinambours, bien cultivés et bien fumés, donner malgré une sécheresse de quatre mois, une récolte de 35,000 kilog. à l'hectare; tandis qu'à côté, là où les topinambours n'avaient reçu ni soins, ni fumure, la récolte en tubercules était absolument nulle.

On doit donc poser en principe que, pour être garantie contre toute mauvaise chance et donner un produit assuré, cette culture doit, comme toute autre, remplir un certain nombre de conditions, indispensables à sa réussite.

Aulrement, ce ne sera que par l'effet d'un hasard réunissant, à point nommé, toutes les circonstances climatériques les plus favorables, qu'on obtiendra, accidentellement, une récolte passable, avec une culture ainsi abandonnée à elle-même.

On a longtemps prétendu qu'une fois le topinambour implanté dans une terre, celle-ci en était pour toujours infestée. On affirmait que, malgré plusieurs labours, il restait dans le sol assez de petits tubercules, pour étouffer la végétation de la récolte devant faire suite.

Aussi, avait-on généralement pris le parti de ne sacrifier au topinambour que les plus mauvaises terres d'une ferme, celles impropres à toute autre culture, et on l'y laissait indéfiniment.

Il est maintenant reconnu, qu'en faisant suivre le topinambour d'une récolte d'avoine et de fourrages à couper en vert, cet inconvénient n'est pas à craindre. Après quelques coupes, la vitalité des tubercules est épuisée, et la plante cesse de repousser.

Ce préjugé a certainement contribué à jeter la défaveur sur cette culture, d'autant plus qu'après la seconde année, la trop grande multiplication des tiges vient nuire à la récolte, en empêchant l'accroissement des tubercules, trop rapprochés dans le sol, et qui ne peuvent acquérir un développement suffisant. On trouve donc avantage à ne laisser le topinambour que deux années de suite, sa destruction étant alors assurée par une ou deux récoltes fauchées en vert qui, en outre, préparent la terre à une bonne récolte de céréales.

Pourtant, en Alsace, on est arrivé à laisser utilement la culture du topinambour, en permanence dans les mêmes terres.

Dans son traité de Chimie agricole, M. le professeur I. Pierre cite, en effet, les résultats empruntés à la pratique expérimentale de Boussingault, sur la culture continue du topinambour, et que nous reproduisons plus loin, bien que ce système ne nous paraisse pas devoir

être conseillé, si ce n'est en petite culture, ne serait-ce que parce qu'il restreint à une même fraction des terres, l'amélioration attendue de cette plante.

C'est du reste ce que, en thèse générale, professe M. Pierre, à savoir que la culture répétée de la môme plante, sur le même terrain, doit être évitée ; et s'il admet exceptionnellement, pour le topinambour, la possibilité d'en perpétuer la culture, c'est surtout à cause du préjugé, aujourd'hui détruit ainsi que nous l'avons dit, de l'impossibilité d'extirper entièrement les tubercules du sol.

Tableau I. Culture continue du iopinamhonr à Bechelbronn, d'après Boussingault.

Récoltes Rpcoltes Substan-

Années Récoltes brutes sèches Carbone Hydrogène Oxygène Azote ces

parhect. par iiect. miner.

Icilog. kilog. kilog. kilog. kilog. kilog. kilog.

l'oetî» T&pînambours... 5-2, R80 11,000 4,7{i:i.O 638.0 4,763.0 176.0 660.0

TigGS ligneuses.. 28,200 24..^6-2 11 ,224.7 1,326.3 11,224.7 98.2 687.2

Total 81 ,080 3 5,. ^62 1.5.1)87.7 1,964.3 1.5,987.7 274.2 1,347.2

Enîïraisemployé. 45,4.50 9,408 3,368.1 395 1 2,427.3 188.2 3,029.3

Auquel ilfaulajouterô, 000

kilog. de cendres de

tourbe 4,190.0

Excédent qui ne peut être 7 ,219.3

imputé à l'engrais. . . +26,154 + 12,619.6 + 1 ,569.2 + 13,560.4 + 86.0 — 5,872.1

« Dans une assez grande partie de l'Alsace, cette culture continue du topinambour est considérée comme une des plus productives qu'il soit possible d'adopter, malgré les fumures fréquentes qu'exige ce genre de culture. (Le topinambour doit être fumé tous les deux ans et fortement fumé). »

En examinant les chiffres de ce tableau, M. Pierre en fait ressortir les points essentiels :

1° L'excédent de poids, de la matière organique de la récolte, sur celui de l'engrais, et qui n'est pas moindre de 13,918 kil. de matière sèche, par année, y compris le poids des tiges.

2" La proportion considérable d'azote, contenue dans la récolte, 137 kil. annuellement, soit plus du double des récoltes d'un assolement ordinaire.

3° L'excédent annuel de 43 kil. d'azote sur la quantité apportée par les engrais, excédent qui reste à la ferme.

4" La nécessité d'ajouter au fumier de ferme 25 pour 100 de potasse et soude, parce que la dose de ces deux éléments, fournie par le fumier, est trop faible pour les besoins du topinambour.

Quant au poids moyen de tubercules, obtenu à l'hectare, nous le résumons dans le tableau suivant :

Tableau II. Récoltes moyennes, par hectare, en tubercules» Nature des terres Années En hectol. En kilog. Autorités

Terres sablonneuses » 128 10,240 . Schwerz.

Terres de première qualité . » 439 35,520 Kade.

A Bechelbronn, moyenne. . . » 330 26,400 Lebel et Boussingault.

— 1839 et 1840 441 35,400 —

DansleGard • 1878 • 17,000 M. Jlolines.

Dans l'Allier 1878 27,500 M. Delelis.

Dans la Dordogne 1882 35,000 M. Pigeard.

Moyennes 334.5 26,722

Les tiges vertes, coupées en septembre, pourraient être avantageusement employées à la nourriture du bétail, qui en est très friand (surtout les moutons), en cas de manque de fourrages verts.

La perte sur la récolte des tubercules, occasionnée par cette coupe hâtive des tiges, est d'environ un tiers, soit une valeur (h 166 fr. 60 par hectare, les tubercules comptés à 20 francs les 1000 kilos;.

Mais, d'après Schwerz, 100 kilog. de tiges vertes équivalent à 31 kilog. un quart de foin sec. La quantité de tiges vertes coupées sur un hectare, étant d'environ 9000 kilog., représenterait donc l'équivalent de 2900 kilog. de foin sec, qui au prix de 6 francs les 100 kil. = 174 francs, compensant largement la perte sur les tubercules.

On a aussi reproché au topinambour, de ne pouvoir se récolter au moment de la maturité, faute de pouvoir conserver les tubercules en silos, comme on le pratique pour la bt^tterave.

ElTectivement, on est obligé de n'arracher le topinambour qu'au fur et à mesure des besoins, du mois de novembre à celui de mars et d'avril.

Cette condition est sans mconvénient pour la petite culture, le colon ou sa famille pouvant toujours, dans celte saison, trouver le moment dès que le temps le permet, d'aller récolter la provision d une quinzaine de jours, durée moyenne de la conservation des tubercules, à l'air, en hiver. Il en est de même pour d'autres récoltes destinées au bétail, telles que les choux, les raves, etc.

Mais en grande culture, il peut y avoir là une difficulté sérieuse, cette intermittence dans la récolte exigeant, par moments, un assez grand nombre d'ouvriers^ pour lesquels^ à cette époque, on peut ensuite manquer d'occupation

Lorsque le climat hivernal n'est pas trop pluvieux et que les gelées sont rares, cette difficulté pourrait être atténuée, surtout dans les terres saines et légères (les plus convenables du reste au topinambour), par l'emploi d'instruments, tels que l'arracheuse à pommes de terre. Il ne resterait plus alors qu'à ramasser et charger les tubercules, travail moins pénible que l'arrachage, et qui peut être exécuté par des femmes et des enfants, assez économiquement, surtout en le facilitant par l'emploi d'un petit chemin de fer portatif.

En revanche, cette nécessité de fractionner la récolte a pour contrepartie, l'avantage de ne pas obliger, comme pour la betterave, à réunir, au même moment, une armée d'ouvriers, pour arracher et débarder rapidement toute la récolte, et la rentrer à l'abri de la gelée, qui parfois survient à l'improviste et en attaque une partie, ce qui peut compromettre la conservation de toute la récolte par suite de Taltéralion introduite dans les silos, et dont le développement est difficile à prévenir.

Le topinambour, au contraire, ne craint nullement la gelée; s'il en est atteint, même. hors du sol, cela ne présente, pour sa conservation, aucun inconvénient; il dégèle sans s'altérer et peut môme subir plusieurs alternatives de congélation et de dégel, sans désorganisation de son tissu cellulaire.

De tout ce qui précède, on peut donc conclure que la culture du topinambour ne présente pas de difficultés plus sérieuses que celle de la betterave, si répandue aujourd'hui, et que sous bien des rapports elle exige, au contraire, moins de précautions et de soins que cette dernière, tout en supportant mieux qu'elle les intempéries.

L'utilisation des tubercules de topinambour, à l'alimentation du

bétail, bien que généralement reconnue avantageuse, et entrée d:ins la pratique de beaucoup de contrées, a parfois donné lieu à certains accidents, contre lesquels il serait pourtant facile de se prémunir.

Il est admis aujourd'hui que si une petite quantité de sucr^ est utile dans l'alimentation, il n'en est pas de môme en exagérant la dose de cet élément, qui devient même nuisible aux fonctions di2;estives de l'animal; c'est ce qui arrive^ avec l'emploi du topinambour, plus riche en matières sucrées que les meilleures betteraves, lorsqu'on en donne au bétail de trop fortes rations, sans qu'il soit accoutumé à cette nourriture.

11 suffirait, pour éviter cet inconvénient, de ne donner les tubercules aux animaux, qu'après les avoir découpés en tranches, au moyen d'un coupe racines \ et mélangés avec des fourrages ou pailles hachés avec lesquels on les laisse fermenter en tas, jusqu'au moment où l'élévation de température et l'odeur vineuse qui se dégage du mélange, indiquent la transformation en alcool, de la matière sucrée en excès.

Cette précaution ne s'applique qu'à la petite culture ou à des essais préparatoires à la culture en grand.

Avec l'application du topinambour à la distillation, rinconvénient signalé plus haut disparaît, les pulpes ou résidus, provenant de la distillerie; ne devant plus renfermer, si le travail a été bien conduit, qu'une très faible quantité de matière sucrée, ce qui permet d'en donner, sans craintes, au bétail, des rations suffisantes.

[La suite prochainement.) Stephen David.

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