SÉANCE SOLENNELLE
La séance solennelle de distribution de ses récompenses, tenue le 27 juin, par la Société nationale d'agriculture, a été une des plus brillantes auxquelles nous ayons assisté ; jamais foule aussi compacte n'avait rempli la grande salle de la Société; jamais accueil plus chaleureux n'avait été fait aux aux illustres savants qui sont la gloire de FaiiTricullure française.
M. Méline, ministre de l'agriculture, présidait, assisté de lAL^L Dumas, président; Chevreul, vice-président; Barrai, secrétaire perpétuel ; Lavallée, trésorier perpétuel, et de MM. Tisserand^ directeur de l'agriculture, et Labarthe, chef du cabinet.
La séance a été ouverte par un excellent discours de M. Méline;, q^uT a
rendu un juste hommage aux travaux de la Société, en signalant les services qu'elle rend aux pouvoirs publics en élucidant les questions que le Parlement et le gouvernement sont appelés à trancher. Voici le texte de ce discours :
« Messieurs, c'est une des phis heureuses traditions de votre savante compagnie que celle qui associe une fois par an le représentant du gouvernement à votre œuvre et à vos travaux. Croyez bien que je suis fier d'en recueilHr aujourd'hui le bénéfice, et que je sens tout le prix de 1 honneur que vous voulez bien me faire en m'^ppelant à présider cette solennité.
ce Ma seule crainte est de n'en pas être suffisamment digne : si j'avais besoin d'être rappelé à la modestie, il me suffirait de jeter les yeux autour de moi, de lire sur vos murs tous* ces grands noms qui rappellent les titres glorieux de votre Société à la reconnaissance publique, de voir, assis à mes côtés, vos deux illustres présidents qui, non contents de rivaliser de génie, semblent aussi vouloir rivaliser de jeunesse, tant l'empreinte du temps se fait peu sentir sur leurs mâles visages.
a En face de pareils hommes, j'éprouverais, je l'avoue, quelque embarras, et je me sentirais presque déplacé à ce fauteuil, si je ne savais, messieurs, qu'avant la science elle-même, vous faites passer le "dévouement à la grande cause que vous servez. Par ce côté, j'ai peut-être quelque droit de réclamer ma place au milieu de vous : car je puis vous assurer que personne plus que moi n'est attaché aux idées que vous défendez, que personne ne poursuit avec plus d'ardeur convaincue ce but élevé, qui est le vôtre, de porter à leur maximum de puissance toutes les forces productives du pays.
ce Depuis bien des années déjà, j'ai dirigé toute l'activité de mon esprit vers l'étude de ces grands problèmes économiques qui absorbent votre vie et qui contiennent en germe tout l'avenir de la France. Je serais presque tenté de dire qu'ils résument toute ma politique : plus j'y réfléchis, plus je suis persuadé qu'à une époque comme la nôtre, la première préoccupation d'un gouvernement issu du suffraf^e universel, son premier devoir, c'est la recherche constante de tout ce qui peut contribuer à l'amélioration du sort des classes laborieuses, et il est facile de s'apercevoir, à des symptômes non équivoques, que les peuples ne conserveront désormais leur confiance à leurs gouvernants qu'autant que ceux-ci témoigneront du souci constant des grands intérêts qni leur sont confiés.
ce Voilà pourquoi, messieurs, votre œuvre est la nôtre, pourquoi je suis ici pour vous remercier, au nom du gouvernement de la République, de tout le bien que vous faites au pays. Pour apprécier et juger vos efforts, comme ils le méritent il faudrait refaire ici toute l'nistoire de l'agriculture française : elle n'a pas fait un pas depuis un siècle sans que vous ayez été ses initiateurs, et en quelque sorte les précurseurs de tous ses progrès.
« Mais c'est surtout dans ces dernières années que votre action et votre influence bienfaisante se sont affirmées d'une façon éclatante : dès que la douloureuse crise agricole que nous traversons s'est déclarée, vous avez redoublé de zèle pour la conjurer à force de science. L'entreprise était bien difficile dans un siècle de transformation scientifique et économique comme le nôtre, qui fait surgir tous les problèmes à la fois, qui met aux prises les systèmes et les découvertes, et solidarise dans une étroite union, dans une dépendance fatale, tous les grands marchés du monde. Vous avez eu le mérite de suivre d'un pas égal et soutenu ce mouvement vertigineux des choses et des idées : rien n'échappe à vos investigations '-.onsciencieuses, ni l'étude rigoureuse des principes, ni l'analyse attentive des méthodes nouvelles, ni l'examen approfondi de la législation et des grandes lois de l'économie politique.
« Il suffit de jeter un regard sur l'annuaire qui contient l'inventaire de vos travaux pendant l'année qui vient de s'écouler pour mesurer toute l'étendue du travail que vous vous imposez et comprendre ce que vous doit l'agriculture. Il est difficile, je crois, de trouver un bulletin agricole plus varié, plus instructif, i'aiouterai même plus intéressant que celui de vos séances. Sa lecture m'a plus d'une fois passionné, et j'ai regretté bien souvent qu'il ne fût pas plus répandu. S'il était mieux connu, le public comprendrait peut-être que la science n'est pas nécessairement ennuyeuse, et ainsi se répandrait de proche en proche le goiit des études agricoles, qui laisse encore beaucoup à désirer dans notre pays.
« Quand vos travaux n'auraient, du reste, messieurs, que cette utilité d'éclairer
le gouvernement sur les questions qu'il est appelé à résoudre, sur les réformes qu'il a pour devoir de préparer, il serait du plus haut intérêt public. Il faut vous rendre cette justice, que ce côté de votre mission a toujours été rempli par vous avec un dévouement pour lequel je vous apporte ici le témoignage sincère de ma reconnaissance. C'est grâce à vous qu'il est permis aux pouvoirs publics de trancher en toute sécurité et en pleine connaissance de cause les questions législatives les plus délicates, les plus controversées.
« Je n'en veux d'autre exemple que celui que je trouve dans une de vos récentes délibérations. Que n'avait-on pas dit depuis quelques années sur le privilège du vendeur d'engrais? Combien de bons esprits s'étaient attachés à ce moyen en apparence si efficace de crédit agricole? Un courant général d'opinion s'était formé, qui emportait, comme d'instinct, tout le monde vers la création de ce droit nouveau. Vous êtes venus, messieurs, vous avez mis la question à l'étude vous l'avez approfondie en savants, en économistes, en législateurs, et. après le rapport de mon honorable collègue, M. Gaudin, avec lequel je suis sur tant de points en communion d'idées, il n'est plus rien resté de cette conception si séduisante. Vous avez fait pour toujours la lumière sur un des points les plus délicats de la législation agricole.
« Vous me permettrez, messieurs, de me prévaloir, à l'occasion de ce précédent, et de l'encouragement que j'y trouve, pour faire un nouvel appel à vos lumières sur la question fondamentale de l'organisation du crédit agricole lui-même, qui a déjà été de votre part l'objet d'études si approfondies.
« Dans mon esprit, cette question mérite de passer en ce moment au premier rang et, si mon passage au ministère pouvait aider à la résoudre, je considère que ce serait pour moi un très grand honneur.
« Je ne crois pas qu'il y a.it, à l'heure qu'il est, beaucoup de réformes qui touchent plus que celle-là aux intérêts vitaux de notre agriculture. Quand j'analyse les causes nombreuses de la crise prolongée qu'elle traverse, quand je passe en revue tous les remèdes qu'on propose d'y apporter, j'en viens à me dire que le plus efficace de tous, après l'instruction, serait encore de donner au cultivateur le capital qui lui manque.
« Je sais bien, messieurs, qu'il ne suffit pas de lui donner le capital et qu'il faut encore qu'il sache s'en servir ; je sais aussi que souvent, trop souvent, il néglige d'être son propre banquier, quand il le pourrait si aisément, et qu'il place trop volontiers son argent en valeurs de toutes sortes au Heu de l'incorporer dans la terre qui le récompenserait au centuple. Mais je sais également que, tous les jours, l'honnête homme qui n'a que ses bras et son inteUigence les offre en vain comme garantie de l'emprunt dont il aurait un besoin indispensable et que, faute de ressources suffisantes, il est condamné à des modes de culture imparfaits et improductifs. Ce qui lui manque, c'est cette baguette magique qui transforme tout et qui s'appelle le crédit.
ce Eh bien, messieurs, il faut que nous le lui donnions : nous le lui devons. Nous le lui devons d'autant plus que la plupart de ses concurrents étrangers, contre lesquels il lutte avec tant de peine, jouissent presque partout de cet immense avantage et qu'ils le retournent contre lui.
«Je reconnais volontiers que notre situation n'est pas la même et qu'il n'est pas facile d'organiser financièrement le crédit agricole dans un pays comme le nôtre où l'initiative individuelle est si paresseuse, où le capital est à la fois si hardi et si
Gouvernement, sans attendre plus longtemps que le crédit agricole sorte de terre comme parenchantement, prenne résolument en main la question pour la résoudre.
« C'est là un des devoirs puissants que la situation actuelle impose au ministre de l'agriculture ; je tâcherai de le remplir de mon mieux, non seulement en hâtant le vote des lois qui sont en ce moment soumises au Parlement, mais encore et surtout en préparant les moyens d'application qui en sont, à mon avis, le complément indispensable. Je ne me dissimule pas qu'il faut, pour l'acccompHsseraent d'une tâche hérissée de tant de difficultés, autre chose que la bonne volonté d'un ministre, et qu'il ne saurait se pa-^ser du concours dévoué de tous les hommes compétents qui ont médité sur ces graves problèmes.
« Vous m3 permettrez, je l'espère, quand le moment en sera venu, de faire appel aux vôtres pour m'éclairer et me fortifier; rien ne saurait me donner plus
de confiance et d'autorité que la haute approbation d'un corps qui est l'expression la plus élevée de la science agricole dans notre pays.
« Si nous réussissons, messieurs, si nous parvenons à doter notre pays de cette féconde institution du crédit agricole, vous aurez aussi votre part du triomphe, d'un triomphe qui ne sera, du reste, ni le vôtre, ni le mien, qui sera le triomphe de ce que nou;? avons de plus cher, de ces admirables populations agricoles qu'on n'aimera jamais autant qu'elles le méritent. »
Le morceau capital de la séance a été un discours magistral de M. Dumas, écrit dans le style le plus élevé, et où l'agrément de la forme rivalise avec la noblesse de la pensée. Le thème choisi par l'illustre savant était l'exposé des conquêtes que l'agriculture doit aux découvertes de la science française; le champ était vaste et fécond, mais c'est avec un véritable enthousiasme que l'auditoire charmé y a suivi l'orateur. Il est impossible d'analyser une telle œuvre, dans laquelle on reconnaît à la fois l'un des plus grands maîtres de la science moderne, jugeant avec l'impartiale autorité qui lui appartient, et l'un des plus brillants esprits de l'Académie française. Nos lecteurs liront ce discours et ils en conserveront l'impression que tous les auditeurs ont ressentie.
M. Barrai a donné ensuite lecture du compte rendu des travaux de la Société depuis sa dernière séance publique. La tâche était difficile; il ne nous appartient de dire qu'une chose, c'est qu'elle a été remplie avec la clarté, l'élégance et la hauteur de vues que nos lecteurs connaissent.
Après ces lectures, les récompenses décernées par la Société sur les rapports de MM. Boitel, Risler, Heuzé, Berlin, Pasteur, Barrai, Lavallée, Bouchardat, Gaston Bazille, Bouley, Gayot, Chabot-Karlen, Josseau et Grandvoinnet, ont été proclamées comme il suit :
Section de grande culture. — Objet cV an décerné à M. Auq. Goffart, propriétaire-agriculteur à Burtin (Loir-et-Cher), pour l'invention de l'ensilage du niaïs et des autres fourrages verts. — Grande médaille d'or à M. Yalkrand, propriétaireagriculteur à Moufilaye (Aisne), pour l'invention de la grande charrue défoocease dite la Révolulinn \ — à M. Nlcolus, propriétaire-agriculteur à Arcy, par Chaumes (Seine-et-Marne), pour la création de la ferme Jaitière d'Arcy-en-Brie. — Médaille d'or à feffiqie 4' Olivier d?, Serres, à M. Emile Vautier, propriétaire du domaine de l'Armeillère (Bouche-du-Rhôn •), et à M. Louis Rei'-h, agriculteur au domatne de l'ArmeillèreiBouches-du-Rhône), pour travaux d'améliorations agricoles exécutés à rArmeillère-en-Gamargue.
Secti-n des cultures spéciales. — Grande médaille d'or à M. Gayon, professeur à la Faculté des sciences et directeur de la station agronomique de Bordeaux, pour l'ensemhle de ses travaux d'histoire naturelle agricole ; — à M Baij!e' propriétaire-agriculteur à li Tour-Girbounière, commune d'Aigues-Mortes 'Gard) , pour la cri''ation de vignobles dans les sables d'Aigues-Mortes ; — à M. Abii Car, rièrc rédacteur en ciief de la Revue horticole, pour l'ensemble de ses tr.ivaux d'horticulture. — Médaillés d'or à ïefjljie d' Olivier de Serres, à M. le D'' Fréd. Cazalis, propriétaire-agric'ilteur aux Aresquiers, par Vicies-Etangs (Hérault), et à M. GasL Fuêx, directeur de l'école nationale d agriculture de Mantpellier, pour la traduction de Y A-apéloff rapide unioerselle du comte José de Rovasenda. — Méd'DVe.s a'argml è M. ie D^ Plonquel, à Ay-Ghampagne (Marne), pour l'cnsernbie de ses travaux de viticulture etd'œnologie; — à M. Frécliou, propriétaire à Nerac (Lot-et-Graronne), pour ses recherches sur le mildew dans les vignes du sud-ouest de la France.
Section d'économie des animaux. — Priv Béhague, de 1,000 francs, partage entre "mm. Arloinq, Co nevin, professeurs à l'Ecole nationale vétérinaire de Lyon, et Tknmns, vétérinaire à Dammartin, par Montigy-le-Roi (Haute-Marne), pour leurs travaux sur le charbon symptoinatique (Une médaille d'or à i'e/fijie d'Olivier de Serres est en outre ait ibuée à chacun des lauréats). — Médaille d'or àl'e/figie d'Olivier de Serres, à M Morot, vétérinaire à Paris, pour ses recherches sur les
pelotes stomacales des léporidés; — à M. le colonel Basserie, au Mans (Sarllie), pour son système de drainage des étaiîles et des écuries; — à M. A. Gobin^ professeur départemental d'agriculture à Lons-le-Saunier (Jura), pour ses études sur la pisciculture en eaux douces et en eaux salées. — Médaille d'avgoil à M. Gaell^ vétérinaire à Mondoubleau (Loir-et-Glier).
Médaille d'or à Ceffiyie d'Olivier de Serres, à M. Marquis, vétérinaire à Louville, par Ouarvilie (Eure-et-Loir), et à M. Verrier^ vétérinaire départemental à Provins (Seine-et-Marne), pour services rendus dans la propagation de la vaccination charbonneuse. — Médailles d'argent pour services rendus dans la propagation de lavaccmation charbonneuse : M. Danvillel, président de la Société des vétérinaires delaGliarente, à Barbezieux (Charente) ;A'I. Picheney, vétérinaire en premier au 21® régiment d'artillerie, en garnison à Angoulème (Charente) ; M. Durand, M. Farine et M. Ouerrin, vétérinaires à Nevers (Nièvre) ; M. Lecœur, vétérinaire à Oisonville, par Sainville (Eure-et-Loir); M. Clichy, vétérinaire à Janville (Eureet-Loir); M. Bouvet^ vétérinaire à Voves (Eure-et-Loir); M, Dauvois, vétérinaire à Grignéville, par Pithiviers (Loiret) ; M. Bigot, vétérinaire à Bonneval (Eure-et- Loir). — Mentions honorables : M. Henry, vétérinaire à Dammartin (Seine-et- Marne) ; M. Gayrnt^ vétérinaire àAblis (Seine-et-Oise) ; M. Dodillon, vétérinaire à Provins(Seine-et-Marne); M. i/a/<ian, vétérinaire àVillenauxe (Aube); M. Lesage, vétérinaire à Neuville-aux-Bois (Loiret) ; M. Marniesse, vétérinaire à Meaux (Seine-et-Matne) ; M. C/m55J/iaï, vétérinaire à Sermaises (Loiret); M. Mathé, vétérinaire à Sergines (Yonne); M. Fournier, vétérinaire à Angerville (Seine-et- Oise) ; M. Beavjean^ vétérinaire à Nogent-sur-Seine (Aube).
SeCTIOiND'ÉCOXOMIE, DE STATISTIQUE ET DE LÉGISLATION AGRICOLES. — Médaille
d'or à l'effigie d'Olivier de Serres, à M. Louis Aubril, instituteur public à Saint- Planchers, près Grranville (Manche), pour l'ensemble de ses travaux d'enseignement primaire agricole.
Section des sciences physico-chimiques agricoles. — Médaille d'or à l'effigie d'Olivier de Serres, à M. Laugier, directeur de la station agronomique de Nice (Alpes-Maritimes), pour ses travaux sur l'emploi comparatif et simultané du sulture de carbone et du sulfocarbonate de potassium contre le phylloxéra.
Section de mécanique agricole et des irri^^ations. — Médaille d'argent à M. Bureau, chef de pratique à l'Ecole nationale d'agriculture de Grrignon (Seineet-Oise), pour son système de charrue à âge tournant.
C'est au milieu des applaudissements unanimes que les lauréats sont venus chercher les récompenses qui les attendaient. L'assemblée a particulièrement applaudi aux noms de MM. Goffart, Nicolas, Reich, Bayle, Gobin, et à ceux des vétérinaires qui se sont donné pour mission de répandre la méthode de vaccination charbonneuses due à M. Pasteur.
Henry Sagkiek.
DISCOURS DE M. MÉLINE, MINISTRE DE yAGRIGULTURE
AU CONCOURS RÉGIONAL DE CAEN^ IL — Discours prononcé au banquet
Messieurs, je remercie M. le maire et M. le président du Conseil général des paroles de bienvenue dont ils ont bien voulu saluer les représentants du gouvernement et je puis les assurer que nous sommes profondément touchés de la réception aussi cordiale que magaifique qui nous est faite dans cette grande et belle ville ds Gaen. Si je prends la parole le premier, c'est que cette iete est avant tout celle de l'agriculture et que, d'ailleurs, c'est au ministre de l'agriculture que s'adresse surtout le discours que vous venez d'entendre.
Nous avons écouté religieusement, comme c'était notre devoir, l'expression des vœux particuliers et généraux que l'honorable M. de Sai ut-Pierre nous a présentés en votre nom, et je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils seront de notre part l'objet du plus attentif, du plus bienveillant examen.
Croyez bien, messieurs,- que iiois voudrions pouvoir donngr satisfaction au plus important d'entre eux, celui qui a trait au dégrèvement des imj)ôts, et que nous sommes aussi impatientai que vous de diminuer les charges qui pèsent sur aos pojiulations agricoles. Mais M, de Saint-Pierre sait aussi bieu que moi comment le malheur des temps, l'iaclémence des saison'^, les fléaux sms nombre qui se