LE CHASSELAS SAINT-BERNARD
Nos campagne^ recèlent une foule d'arbres fruitiers de troisième ordre, aux fruits sans goût, sans saveur, à peine mangeables et assurément invendables. 11 serait si facile de leur substituer par la greffe des variétés de choix, dont les fruits auraient de Ja valeur! Mais aux yeux du petit cultivateur, éloigné des grandes villes, le fruit est une denrée sans valeur et, la plupart du temps, les arbres fruitiers sortent de terre par le fait du hasard ou par l'amusement d'un enfant.
Il y a là une routine provenant d'une époque où les transactions étaient rares, les routes peu communes et les chemins de fer inconnus. Aujourd'hui, tout cela s'est transformé et il existe, de tous les côtés, des expéditeurs de fruits qui achètent pommes et poires, pêches et raisins à beaux deniers comptants, pour les envoyer dans les grands centres. Mais il faut savoir choisir etdiscerner, dans la masse des espèces ou variétés cultivées chez les pépiniéristes, celles dont la vente est le plus rémunératrice; certaines sont recherchées à cause de la beauté ou de la bonté de leurs fruits, d'autres pour leur précocité, d'autres au contraire pour leur venue tardive.