III. — Questions viticoles
D'après les documents publiés par le Ministère de l'agriculture d'Italie, la production des vins a été dans ce pays, en 1892, de 33,365,000 hectolitres, au lieu de 36,922,000 hectolitres en 1891. Le Piémont, la Lombardie, la Sicile et la Sardaigne sont les provinces dans lesquelles la production a été inférieure à celle de l'année précédente.
La Société centrale d'agriculture de l'Hérault organise, pour le mois de juin prochain, un Congrès viticole sur lequel elle nous transmet la note suivante :
ce Dans sa dernière séance, la Société centrale d'agriculture de l'Hérault a décidé d'organiser, avec le concours de l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier, un Congrès viticole, qui sera tenu à Montpellier, les 12, 13 et 14 juin 1893.
ce Le but de ce Congrès est d'étudier et de discuter les diverses questions qui intéressent la viticulture et de mettre en lumière les progrès accomplis, tant au point de vue de la reconstitution qu'au point de vue de la culture et de la vinification,
ce Une importante exposition d'instruments viticoles et vinicoles sera annexée à ces réunions et des concours spéciaux seront institués, pour faire connaître les nouvelles machines et pour permettre de constater leurs derniers perfectionnements.
ce Des excursions seront en outre organisées par la Société d'agriculture dans les vignobles du département.
ce Les viticulteurs de toutes les régions viticoles de la France et les viticulteurs étrangers sont invités à prendre part à ce Congrès, dont, le programme détaillé sera publié prochainement. »
Le Comité central d'études de la Charente-Inférieure vient de publier son 25' bulletin, A la suite du rapport de M. le D' Menudier sur la situation viticole, ce bulletin renferme un certain nombre de rapports sur les essais de culture des hybrides franco-américains ; ces rapports, faits par MM. Bethmont, Verneuil, Larquier, Chausserouge, Mériot, Tord, constatent qu'un certain nombre de ces hybrides continuent à justifier les espérances qu'ils avaient fait naître. Comme exemple, nous citerons les résultats constatés par M. lîethmont, à la Grève, dans une terre de groie, épaisse de 0 m. 15, contenant 24 pour 100 de calcaire, et le sous-sol de pierre en renfermant 90.93 pour 100. Parmi les nombreuses variétés à l'essai, dans ce terrain qui n'a été ni défoncé ni fumé, les variétés suivantes plantées depuis quatre ans et greffées depuis trois ans au moins, n'ont présenté aucun symptôme de chlorose depuis leur plantation, tout en montrant une vigueur égale à celle des anciennes vignes, toutes conditions de sol et de culture égales. M. Bethmont résume les résultats comme il suit :
«N" 27. — Merlotx Cinéréa, de MM. Millardet et de Grasset.— Les greffes sur ce cépage ont 4 ans; elles sont belles et n'ont que rarement présenté des traces de chlorose. Leur résistance au phylloxéra me paraît bonne et leur vigueur égale a celle de nos anciennes vignes.
« N" 29. — Malheoc Berlandieri des mêmes hybrideurs. — Hybrides d'une végétation un peu faible quoiffu'ils portent de belles greffes ; entons cas exempts de chlorose.
« N" 121 A. — Petil Syrali X Jlupestris. — Exempt de chlorose, vigoureux.
« N. 129 A. — Qran I noir de la Calmelte X Cordifolia-Rupestris, de Grasset (des mômes). — Même observation t[ue pour le n" 121.
« N" 141. — Alicantc Bouschel X Riparia (Millardet et de Grasset). — Cette sirie est l'une des plus belles et des plus vigoureuses,
'c N" 160 n. — Gros Colman x Rupestris (Millardet et de Grasset). — Très résistant à la chlorose, vigoureux; sa résistance au phylloxéra cpie j'ai étudiée avec soin m'a paru très bonne, égale à celle des meilleurs Riparias et très supérieure à celle du Solonis.
« N" 165. — Avamon X Cordifolia Bronzé (Millardet et de Grasset). — Paraît très approprié à nos terrains secs et pierreux et d'une résistance très élevée au phylloxéra.
« (jamay-Cow/erc, de M. Gouderc, — Ce cépage qui avait été chlorose l'an pa-^sé s'est bien relevé cette année; malheureusement les greffes anciennes que je possédais sont mortes, par suite probablement d'accident. Je n'ai point examiné les racines; toutefois, comme les plants morts du phylloxéra sont nombreux dans le champ d'expérience, j'ai tout lieu de croire que sa résistance est bonne chez moi.
« Outre ces variétés, un certain nombre d'autres semblent prospères telles que les n"^ 147, 168, 148, 140, 117, 184 et 41, de MM. Millardet et de Grasset, les Rijiarias du Colorado, certains Jrùonica.s et certains Berlandieris. Toutefois je n'en parle ([ue pour mémoire cette année, soit par suite de leur peu d'ancienneié, soit à cause d'accidents divers qui ne m'ont point permis d'établir une comparaison complète avec les pieds signalés plus haut, soit parce que je n'ai pu encore étudier leur résistance au phylloxéra.
c> A mon avis, la réussite est très probable dans les groies, tellement probable, que je prends mes mesures pour replanter tout le vignoble de la Grève, »
MM. P. Viala et C. Sauvageau viennent de publier une nouvelle étude relativement à une maladie des feuilles de la vii-ne sur huiuelle ils avaient déjà appelé l'attention : la brunissure des feuilles, due à un champignon qu'ils ont nommé Plasmodiophora vilis; dans cette nouvelle étude, ils ont signalé spécialement les détails des altérations provoquées par la maladie dans les feuilles. La brunissure se mani-
fesle dans la deuxième quinzaine de juillet, et elle se montre surtout avec intensité dans le courant du mois d'août. D'après les auteurs, elle a été observée, en 1892, dans presque tous les vignobles français; mais elle est disséminée irrégulièrement, et quelquefois même, une partie des feuilles d'une souche est attaquée, tandis que les autres restent indemnes. Jusqu'ici cette maladie paraît avoir été peu dangereuse; mais, si elle se généralisait comme le mildew, elle pourrait provoquer des dégâts considérables dans les vignobles. C'est donc avec raison que l'attention des viticulteurs est appelée sur ce point.
M. Joué, professeur d'agriculture du Var, vient de commencer la publication, sous forme de fascicules, d'un Guide pratique de vinification, dans lequel il se propose de développer, les principales opérations de la fabrication du vin, en restant dans le domaine de la pratique. Si l'on en juge par le premier fascicule, ce sera un guide très utile pour les vignerons.
Les documents publiés par la Direction générale des contributions indirectes permettent de constater les résultats de la campagne sucrière de 1892-93. Ces résultats sont, comme on pouvait s'y attendre, médiocres et peu satisfaisants. En effet, dans les 368 fabriques qui ont travaillé cette année, on a mis en œuvre 5,459,000,000 kilog. de betteraves, en diminution de 137,570,000 kilog. sur les quantités travaillées dans la campagne précédente. Les prises en charge se sont élevées à 423,383,000 kilog., et les quantités de sucre fabriqué ont été de 431,393,400 kilog., au lieu de 463,203,798 kilog.; c'est une diminution de 31 ,710,000 kilog. en sucre rafliné par rapport à l'année précédente. Le rendement en sucre raffiné a été de 7.90 par 100 kil. de betteraves, au lieu de 8.28 en 1891-92. Quant à la densité moyenne des betteraves mises en œuvre, elle a été de 6.9; cette densité se répartit comme il suit par départements :
Aisne 6.9
Ardennes , (1.8
Nord 7 0
Oise 6.8
Pas-d«-Gal£iis 6.8
Seine-et-Marne 7.2
Seine-et-Oise 6.8
Somme 6.9
Autres départements 7.0
Moyenne 6-9
Ces densités sont les moyennes qui résultent des constatations faites par les laboratoires de la Régie; il est utile que les cultivateurs connaissent ces résultats.
Y. — Le rouget du porc.
La valeur de la vaccination préventive contre le rouget du porc est établie par une pratique désormais assez longue ; aussi, dans quelques régions, on y a de plus en plus recours. Nous croyons utile de signaler une excellente initiative prise par la municipalité de Brive (Corrèze). Celle-ci a décidé de faire procéder gratuitement à l'inoculation préventive des porcs qui seraient présentés par leurs propriétaires; elle a fixé au 1"" et au 13 février les dates des deux inoculations nécessaires pour prémunir les animaux contre la maladie. Ces deux jours-là, les inoculations sont pratiquées, dans un local désigné, sur tous les animaux amenés par les propriétaires et les éleveurs qui se sont fait inscrire préalablement à la mairie.