‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 145 sur 691 · SESSION DE · texte numérisé non relu

SESSION DE

C'est dans son nouvel hôtel de la rue d'Athènes que la Société des agriculteurs de France vient de tenir sa 2^4^ session. La Société y est désormais chez elle, libre de ses mouvements, pouvant donner à tous ses services le développement nécessaire. C'est un progrès considérable, qu'ont apprécié les membres venus en grand nombre à la session, qui a présenté, dans toute sa durée, une activité considérable. C'est dans les sections que s'élabore la plus grande partie du travail; mais, comme dans les années précédentes, c'est dans les réunions générales qu'aboutissent les plus importantes, parmi les questions agitées.

Séance dit P"" février. — La grande salle et ses tribunes étaient insuffisantes pour contenir tous les membres de la Société venus pour assister à cette séance.

Après le discours souvent applaudi, par lequel le président, M. le marquis de Dampierre, a ouvert la session (voir le Journal du 4 février, p. 169), M. le compte de Luçay, secrétaire général adjoint, a présenté le rapport sur les travaux de la Société pendant l'année 1892. Dans ce rapport très substantiel, il a passé en revu les discussions des Commissions permanentes des sections, ainsi que les principaux travaux législatifs de l'année, notamment ceux qui se rapportent au tarif' douanier et au régime des boissons. En voici la conclusion :

« Messieurs, il y a eu, le 16 décembre dernier, vingt-cinq ans que 1,600 agriculteurs, venus de toutes les contrées de la France à l'appel de M. Drouyn de Lhuys, ainsi que de notre dévoué vice-président M. Lecouteux, se sont réunis pour la première fois en assemblée générale pour poser les bases de notre Société. Aujourd'hui nous sommes 10,000, groupés autour de M. le marquis de Dampierre, notre cher et éminent président, et nous pouvons dire, sans ostentation comme sans fausse modestie, que pendant le quart de siècle qui vient de s'écouler, il n'est pas de grandes questions intéressant le monde agricole, à laquelle la Société des agriculteurs de France soit demeurée étrangère, qui n'ait été de sa part l'objet d'une étude approfondie, d'une intervention souvent heureuse pour ses commettants.

« A quelle cause doit être attribué ce remarquable développement, sont dus ces succès assez présents à votre souvenir pour que je n'aie pas à les rappeler? Ne serait-ce, pas, pour une bonne part, au soin jaloux avec lequel nous n'avons cessé de suivre le programme tracé par notre illustre fondateur : écarter toujours l'ivraie de la politique du champ fécond de nos travaux. »

Séance du 2 février. — La première discussion a porté sur le régime des boissons. Dans un rapport étendu, M. Lavollée a critiqué les dispositions adoptées par la Chambre des députés, et il a proposé l'adoption du vœu suivant présenté par la section de viticulture :

« La Société des agriculteurs de France, — vu le projet de loi sur la réforme de l'impôt des boissons voté en dernier lieu parla Chambre des députés et qui est sur le point d'être soumis au Sénat;

« Considérant que ce projet porte une triple atteinte aux intérêts agricoles, par la suppression du droit des bouilleurs de cru, par le relèvement du droit sur l'alcool de 156 à 245 francs l'hectolitre et par l'augmentation des droits de succession ; — renouvelant ses vœux antérieurs, notamment ceux de 1890 et de 1892 et s'associant aux protestations de son conseil; — émet le vœu :

« 1° Que le projet de réforme de l'impôt des boissons soit disjoint du projet

du budget de 1893, auquel il a été rattaché; « 2" Qu'il soit remanié de façon à (

façon à ce que la réforme soit accomplie, non par voie de déplacement d'impôt, mais par voie de dégrèvement, sans atteinte à la situation des cultivateurs bouilleurs de cru, sans surtaxe «xcessive de l'alcool et sans aggravation des droits de succession. »

M. Muret proteste également contre le projet de réforme de l'impôt des boissons et s'associe, en son nom personnel et au nom de la section des industries agricoles, à ces conclusions. — M. de Martin demande qu'il lui soit donné acte de la déclaration suivante : « A savoir qu'à, l'exception de deux ou trois sociétés agricoles tous les producteurs méditerranéens renoncent au droit des bouilleurs de cru. Pour les viticulteurs de cette région comme pour les consommateurs, l'ennemi c'est l'alcool, pour les premiers, par le dédoublement à l'intérieur des villes des vins vinés artificiellement avant d'y entrer, d'où augmentation frauduleuse de la récolte, pour les seconds par la diminution correspondante de la valeur alimentaire de la marchandise. » — M. de Malafosse, au nom de l'union des Associations agricoles du Sud Ouest, déclare que cette union demande la suppression du privilège des bouilleurs de cru et proteste contre le vinage. — M. Teissonnière joint ses réclamations à celles de tous les bouilleurs de cru et appuie les conclusions du rapport de M. LavoUée. — M. Lefevre appuie aussi cette proposition. — M. le colonel Patin développe la proposition suivante : « Les modestes satisfactions légitimes déjà données par le projet de loi relatif, à l'impôt des bois sons sont encore trop insuffisantes. On peut, et on doit les 'accepter comme un bienfait relatif, mais sous la réserve expresse de les compléter. Résultat du reste sur lequel nous pouvons être rassurés, car l'expérience seule et à bref délai suffira pour l'obtenir. » — Le vœu est adopté, et la motion du colonel Patin est repoussée.

M. Ratouis présente un rapport sur le concours Godard-Destrais pour la culture du blé. — Voici quelques noms des lauréats principaux : M. Adrien Henry, du Calvados; M. Abel Moreau ; M. Relliard, du Maine-et-Loire; M. Amédée Meslay; M. Paul Gassé, de l'Eure; M. Vincent, de la Haute-Savoie.

M. le marquis de la Jonquière demande à l'assemblée de renouveler le vœu tendant à l'introduction du débat oral entre les particuliers et l'enregistrement. Cette proposition est adoptée comme il suit : « La Société renouvelle le vœu que dans les procès entre l'enregistrement et les particuliers le débat soit oral, lorsqu'une des parties le demande. »

M. de Jouvencel présente le vœu suivant, au nom de la section de génie rural : « La 6" section émet le vœu que le service de l'hydraulique agricole reçoive « toute l'importance qu'il mérite et que les ingénieurs de l'Etat qui en sont charce gés, constituent une section spéciale dans le corps des ponts et chaussées. Il « serait désirable que ces ingénieurs soient autorisés à fournir aux particuliers « les renseignements techniques dont ils pourraient avoir besoin ». Ce vœu est adopté sans discussion.

Séance du 3 février. — M. le comte de Salis, président de la section du génie rural, donne des explications sur la teneur du vœu présenté dans la séance du 2 février, au sujet du recrutement des ingénieurs demandés pour le service de ï hydraulique agricole; il désire que ce recrutement s'opère comme celui employé à l'Ecole polytechnique pour les ingénieurs des ponts et chaussées.

M. Broquette donne lecture d'un rapport sur le concours ouvert par la section d'agriculture, sur les meilleurs procédés pour combattre la rouille du blé. Les deux principaux lauréats sont MM. H. de Vilmorin et Francis Douillet. Le rapporteur conclut en donnant l'état actuel de la question. La rouille du blé est une affection, constituée par un champignon se développant sur cette céréale; le voisinage de certaines plantes, l'excès d'azote et l'influence du climat prédisposent plus particulièrement à l'atteinte de cette maladie. Les remèdes jusqu'alors connus sont, parmi les principaux : 1" la culture de variétés résistantes et 2" les dosages d'azote bien compris, permettant toutefois un développement suffisant de la céréale cultivée.

M. Michou présente un rapport sur les concours ouverts par la section de viticulture. Le prix pour les meilleurs manuels sur la vinification n'a pas été décerné et a été remis à 1894. Le 2*= concours tendait à récompenser un manuel traitant des moyens de détruire les insectes et cryptogames nuisibles à la vigne. Les lauréats de ce dernier concours sont : M. Raymond Brunet, un objet d'art de 300 francs; MM. Vermorel et Perraud, une médaille d'or; M. Elic Dusus, une médaille d'or,

M. Marc de Haut demande à l'Assemblée d'appuyer un vœu tendant au rp.aintien du régime éconotnique voté par le Parlement; l'orateur demande, en outre,

que ce régime soit complété, afin que les réclamations émises parles agriculteurs obtiennent justice entière sur tous les points sur lesquels une satisfaction complète n'a pas été accordée. Pour arriver à ce résultat, il faut I" la continuation de l'action énergique de l'agriculture, qui a permis d'arriver aux résultats obtenus en 1892 et de constituer le régime économique que possèdent aujourd'hui les agriculteurs; 2" l'union de toutes les sociétés agricoles, par laquelle on obtiendra le maintien des droits conquis ; 3" l'union des intérêts agricoles et industriels; en un mot, la concentration économique de tous les travailleurs. Le vœu suivant est présenté : « La Société émet un vœu pour le maintien du régime économique voté « par le Parlement et son complément ». Ce va^u est adopté, après un discours de M. Aclocque, président de l'Association de l'industrie française, qui en soutient énergiquement les termes.

M. Séverin aborde la question des matières premières, pour lesquelles il demande à la Société d'émettre le vœu qui suit : « Que la campagne douanière soit « continuée pour les produits appelés improprement matières premières et sur les- « quels nous n'avons reçu aucune compensation douanière, alors que tous nos « produits sont restés au cours les plus bas. » M. le colonel Moziman appuie ce vœu en s'appuyant sur les faits même de l'histoire économique de la France.

M. Fossier donne connaissance à l'Assemblée d'un nouveau procédé pour la dessiccation des fruits. On dispose une longue chambre pour servir de séchoir; on sépare l'un des bouts par une cloison, de façon à former une espèce d'antichamiDre, dans laquelle est disposée un calorifère. A l'autre extrémité, on fait une autre séparation moins large, prolongée en hauteur et en laissant l'air libre s'échapper par une ouverture ménagée dans le haut. On dispose dans la partie médiane des tasseaux horizontalement, on y glisse des cadres formés de tringles et de toiles ; ces cadres supportent les fruits à sécher. — On a soin de ne laisser pénétrer l'air qu'à 20" centigrades. Cet air enlève une certaine quantité d'eau aux pommes du séchoir, et amène ainsi une dessiccation suffisante pour leur conservation.

M. Hérisson, président du conseil d'administration de la boucherie coopérative de Nîmes, expose les résultats obtenus par cette association. Elle a été fondée en 1888 au capital de 50,000 francs à raison de 1000 actions de 500 francs, réparties entre 640 actionnaires. La moitié seulement du capital a été appelé. Elle a eu à lutter contre l'hostilité du commerce de la boucherie locale qui a corrompu ses garçons et à fait perdre ainsi 12,000 francs pendant les vingt premiers jours de son fonctionnement ; avec des employés plus fidèles elle a pu relever ses affaires, et assurer actuellement un bénéfice de plus de 10,000 francs pendant l'exercice r892-93; il y a tout lieu de croire que cette prospérité se maintiendra.

M. Boullaire présente un rapport sur l'assistance médicate gratuite dans les campagnes; il propose et discute le va^u suivant : >' Que les pouvoirs publics « accordent sans retard la liberté d'association pour les œuvres charitables. — « Que les associations puissent se constituer et avoir la personnalité civile, sans « l'autorisation du (Touvernement, dans la limite rigoureuse de leurs statuts, qui u seront déposés à la Prélecture, et qu'à l'exemple des Syndicats professionnels, « elles ne puissent être dissoutes que par les tribunaux de droit commun, dans les « cas expressément prévus par la loi ; que notamment ces associations puissent « recevoir des dons et legs sans l'autorisation du Gouvernement, l'article 910 du « Gode civil ne leur étant pas applicable ». M. Fauche expose qu'il est préférable de s'adresser à la charité privée bien plutôt qu'à la charité obligatoire. Le vœu présenté par M. Boullaire et un vœu subsidiaire sont adoptés.

M. le marquis de la Jonquière donne lecture du vœu suivant, au nom de la section de législation : « La Société émet le vci'u : (jue, contrairement à un projet « présenté à la Ghambre des députés, les syndicats ne soient pas imposés à la « patente. »

Séance du 4 février. — M. Fauche présente un rapport sur la propriété bâtie. Il se plaint de la lenteur de la justice accordée aux réclamations adressées par les contribuables à l'administration. Le Comité institué par la Société a déjà exercé sur les pouvoirs publics et le Parlement, une action sérieuse et a donné un sérieux appui à la défense des intérêts privés gravement lésés d'une part par le dangereux mode d'établissement de l'impôt et d'autre part, par les évaluations arbitraires et sans contrôle faites par les agents des contributions indirectes.

M. Fauche conclut par le renouvellement des vœux émis en 1891 et 1892 et charge le Conseil de la Société de prendre comme il l'a déjà si utilement fait jusqu'ici et de concert avec le Comité de défense de la propriété bâtie qui continuera à fonctionner, toutes les mesures nécessaires à sauvegarder, en cette matière les intérêts et les droits des agriculteurs si durement atteints. ■ M. le comte de Luçay appuie les conclusions de l'exposé du rapport de M. Fauche, il annonce à l'Assemblée, au nom du Conseil de la Société, désireux d'étendre l'effet du Comité de défense de la propriété bâtie, que son agent donnera, en outre des renseignements ordinaires, les avis qui pourront lui être demandés sur le contentieux, les contributions directes et les autres impôts, l'agent se tiendra à la disposition des membres, les lundis, mercredis et vendredis de 2 à 3 heures.

M. Nocard donne communication d'une note sur la tuberculose. Après avoii rappelé les ravages faits par cette maladie dans les étables, il insiste sur le dano-er de la contagion. Il suffit qu'une bête atteinte de cette affection, passe dans une étable, pour qu'aussitôt ce local soit infesté et que toutes les bêtes qui y séjourneront en soient affectées. A part certaines races françaises qui paraissent devoir être indemnes de cette maladie, tous nos départements sont infestés par l'affection. La situation est grave, la proportion des tuberculeux n'est pas éloignée de 10 pour 100; il est temps de réagir. Aujourd'hui on possède un moyen sûr de déterminer le diagnostic de la tuberculose, même à son début Ce moyen réside dans l'emploi de la tuberculine. Ce liquide injecté à des animaux tuberculeux, réussit merveilleusement ; il élève immédiatement la température de l'animal qui ne présente à l'aspect extérieur aucun caractère delà maladie; on a ainsi la certitude de pouvoir désigner, grâce à cette indication, et sans hésitation aucune, les animaux malades et faire un tri entre ceux-ci et les animaux sains, afin de préserver ces derniers de la contagion. Déjà beaucoup d'éleveurs ont essayé de ce moyen et s'en sont trouvés très satisfaits. De nombreux exemples ont donné la confirmation de l'excellence du procédé. La tuberculose rend l'engraissement difficile, elle dispose les vaches taurelières, elle les prédispose à l'avortement. Il est donc intéressant de suivre ce procédé afin de faire un triage entre ses animaux. Ceux reconnus malades peuvent être encore soumis à l'engraissement et vendus, sans crainte de la saisie, la maladie n'étant encore que localisée et le lait peut être consommé après avoir été soumis à l'ébuUition. Il importe, afin de prévenir la rentrée de la maladie dans son étable, de soumettre à l'épreuve les animaux que l'on achète. Sur la demande de M. Bonnard, M. Nocart donne les indications nécessaires pour la désinfection des étables. Le sublimé, l'acide phénique, peuvent être employés avantageusement. L'acide sulfurique, à la proportion de 50 grammes par litre d'eau, est un excellent désinfectant; on fait chauffer la dissolution afin d'en rendre les effets plus efficaces ; on en imprègne le sol, les mangeoires les bas-flancs, et l'on enlève toute trace de fumier ou tout ce qui pourrait servir de véhi<;ule au microbe de l'affection.

M. Roy entretient l'assemblée des dangers survenant pour les propriétaires de bois de la grève des bûcherons. Cette grève amène encore un avilissement des prix déjà très bas. Les causes de la grève reposaient sur ces points : question de salaire, question d'embauchage, fonds de caisse en vue de grèves futures. Ces deux dernières réclamations sont exhorbitantes. Les syndicats d'ouvriers demandent, en effet, l'embauchage collectif de tous les ouvriers du syndicat et aux prix fixés par le syndicat. De plus le propriétaire devrait verser par tête d'ouvrier une certaine somme pour constituer le fonds de réserve. Les conséquences résultant de cet état, sont la mise à sac des bois des particuliers. L'exploitation est mal faite, des délits se commettent la nuit, les déprédations ne peuvent être empêchées par l'inertie de la force armée, dans les campagnes. L'orateur conclut en demandant que la Société devienne l'intermédiaire entre le propriétaire et le marchand de bois, qu'elle fonde un syndicat pour la vente des bois comme elle l'a fait pour l'achat des engrais chimiques. Il termine en exposant le vœu suivant : « La section de sylviculture de la Société des agriculteurs de France émet le vœu que les pouvoirs publics, faisant respecter la loi de l'offre et de la demande, prennent des mesures énergiques pour assurer dans les coupes de bois en exploitation, la liberté du travail. « Ce vœu, appuyé par M. Tournyer est adopté.

M. Sénard entretient l'assemblée de la question du Crédit agricole et présente la discussion des dispositions spéciales d'un projet de loi élaboré au sein de la section de législation. Le projet repose sur ce principe : ce faire du Crédit agricole par les Syndicats. » Les Syndicats pourront-ils tenir cette responsabilité, l'orateur le croit, il en est persuadé. Les syndicats trouveront, dans cette loi, des facilités inattendues pour faire du crédit agricole; s'ils craignent d'effaroucber leurs membres en laisant du crédit, ils peuvent se référer à l'article 8 de la loi, qui leur permet de s'en dispenser, lequel article autorise les membres d'un syndicat à fonder, en se groupant, à côté du syndicat, sans responsabilité pour celui-ci, une société de crédit et qui rendra les services que le syndicat pourrait rendre luimême, tout en ne contrebalançant pas son efficacité. La loi est bienfaisante, tolérante et offre des facilités très grandes, il convient d'en profiter. En outre, les caisses d'épargne devront déposer une partie de leurs fonds comme prêts faits aux sociétés de crédit, elles rendront ainsi une partie de l'argent qu'elles ont en dépôt, à la circulation, au pays, à l'agriculture. Le deuxième projet de loi est la création d'une caisse centrale, qui serait le réservoir dans lequel on pourrait puiser, et à laquelle on rapporterait ensuite. L'orateur conclut par l'exposé du vœu suivant : « La Société émet le vœu que la loi présentée au Parlement en vue de l'organisation du crédit agricole et populaire au moyen des syndicats professionsionnels et la loi complémentaire de laBanque d'Escompte qui s'y rattache, soient complétées par des dispositions de nature à leur assurer des résultats efficaces et qu'elles soient votées dans le plus bref délai possible. « Ce vœu, combattu par M. Duroselle, est adopté.

M. Georges Grraux, député demande à l'assemblée d'émettre un vœu pour le maintien du droit voté, de 25 centimes sur le pétrole] cela dans l'intérêt de la culture des graines oléagineuses, qui est une des plus grandes ressources dans 25 départements. M. de Saint-Quentin confirme l'exposé présenté par M. Graux, il demande que l'on décerne des prix aux producteurs de graines oléagineuses, et fait ressortir la corrélation, existant entre la culture des graines oléagineuses et l'élevage du cheval, notamment dans les plaines de Normandie, où la base de la culture est une plante sarclée ; cette culture se fait à l'aide de jeunes chevaux de demi-sang, qui n'auraient pas assez de force pour faire les labours nécessaires à des plantes sarclées (telles que la betterave) exigeant des labours profonds ; il expose le vœu suivant : « 1° que les droits de douane actuels sur les pétroles étrangers soient maintenus; 2° que des primes soient allouées aux producteurs de graines oléagineuses, comme elles le sont aux producteurs de lin, de chanvre el d'autres produits agricoles. »

M. le comte de Salis présente un rapport, au nom de la Société d'agriculture d'Annecy, sur un concours de charrues ouvert par cette société; aucune récompense n'a été décernée, les concurrents n'ayant pas répondu aux conditions exigées.

M. Albert Duval présente un vœu relatif à la protection des petits oiseaux, d'une taille inférieure à celle du merle et de la grive. Après une discussion entre M. de Ségonzac et M. Petit, ce vœu est adopté. P. Florent.

(La suite prochnineineut.)

Depuis notre dernier bulletin les circonstances atmosphériques ont éprouvé de grandes fluctuations.

D'abord la neige est venue protéger les blés contre les froids intenses que nous avons subis, puis elle a disparu peu à peu sous une température plus clémente; on ne pouvait désirer mieux.

Ensuite des pluies abondantes sont tombées et maintenant les terres sont dégelées à fond, ce qui est un bien, car de nouvelles gelées surviennent et elles n'offrent pas jusqu'ici les mêmes dangers que si la couche sous-jacente , celle où habitent les racines, était encore congelée.

Les récoltes en terre sont donc jusqu'à présent dans la meilleure situation, d'autant plus qu'on s'attache généralement à entretenir avec soin les fossés et rigoles destinés à l'écoulement des eaux surabondantes qui pourraient les submerger et leur faire éprouver de graves dommages. On conçoit que ce travail est surtout indispensable dans les sols peu profonds, peu perméables, non drainés,

et les ruisseaux qui en proviennent sont dirigés sur les prairies avec le plus grand avantage.

Les espérances que faisait concevoir l'aspect des semis restent donc encore entières. D'ailleurs la mauvaise saison s'écoule, les jours commencent à allonger sensiblement, la charrue a repris son œuvre interrompue et les travaux des champs vont redoubler d'activité et d'importance.

Les agriculteurs qui possèdent des topinambours ont profité de l'adoucissement de la température pour procéder à leur extraction. Cette récolte fournit à l'alimentation du bétail une ressource d'autant plus précieuse que les approvisionnements s'épuisent, enfin que cette plante résistant très bien à la gelée peut se récolter au fur et à mesure des besoins de la ferme. Salomon.

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